Visite de M. Christian Estrosi (21-23/10/2006)

DECLARATION DU MINISTRE DELEGUE A L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, M. CHRISTIAN ESTROSI, A L’ISSUE DE SON ENTRETIEN AVEC LE PRESIDENT

DU CONSEIL DES MINISTRES LIBANAIS,
M. FOUAD SINIORA
(Beyrouth, 21 octobre 2006)

D’abord je vous remercie d’être présents à l’occasion de mon arrivée ici sur le territoire du Liban, dans le prolongement des visites à la fois de Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, Dominique Perben, ministre de l’Equipement, Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense nationale. Je me trouve pour 48 heures au Liban pour témoigner d’abord de l’amitié profonde que porte le peuple français au peuple libanais, et rappeler toute notre solidarité à l’action engagée par le gouvernement libanais dans la consolidation de la paix que nous savons de toute évidence encore fragile.

Je viens de rencontrer le Premier ministre, M. Fouad Siniora, et j’ai eu l’occasion de lui renouveler au nom du président de la République comme du gouvernement notre volonté de l’accompagner, d’accompagner l’action du Liban dans la mise en œuvre notamment de la résolution 1701. Vous le savez, les forces françaises sont engagées ici au cœur de la FINUL et en assument la direction jusqu’au mois de février. Au-delà de cela nous devons permettre au Liban de conforter, d’aboutir à cette volonté partagée par tout le peuple libanais, d’assurer définitivement son indépendance et sa souveraineté.

Je suis heureux de voir que l’armée libanaise a pris pied dans le Sud du Liban. Je souhaite que cela s’inscrive de manière durable. Il y a certes encore des difficultés à résoudre et la France est là pour accompagner le gouvernement libanais dans ses efforts.
Je suis également ici présent pour témoigner de la volonté du gouvernement de s’inscrire comme un partenaire important et engagé en matière économique dans la reconstruction de toutes les infrastructures qui ont été détruites. J’irai assister demain à un chantier de reconstruction d’un pont, où des éléments français sont engagés aux côtés des institutions libanaises.

Je suis également là pour témoigner du soutien que mon ministère, celui de l’Aménagement du territoire, celui des Collectivités, celui de l’Intérieur ont amené tant en coopération aux forces de sécurité intérieure qu’au réaménagement des infrastructures du Liban, mais aussi au nom d’une grande collectivité française que j’ai l’honneur de présider, la Côte d’Azur, c’est sous ce nom que chacun la connaît dans le monde entier, et avec les élus de cette terre de la Côte d’Azur qui m’accompagnent aujourd’hui, nous irons demain dans le Sud du Liban, dans un certain nombre de communes, apporter le témoignage de notre soutien économique et financier à la reconstruction d’écoles, à l’accompagnement de l’aménagement d’infrastructures liées à l’éducation, mais aussi à des Centres de soins, de santé et d’actions médicales.

Voilà, en tout cas, les messages que je souhaite, au cours de ces 48 heures avec la délégation qui m’accompagne, faire passer à l’ensemble du peuple libanais au nom de mon gouvernement et au nom de Nicolas Sarkozy, ministre d’Etat et de l’Intérieur, puisqu’en tant que ministre de l’Aménagement du Territoire, c’est du ministère de l’Intérieur français que je dépends et je voulais aussi en son nom témoigner toute notre solidarité au gouvernement et au peuple libanais. Je vous remercie./.

DISCOURS DU MINISTRE DELEGUE A L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, M. CHRISTIAN ESTROSI, AU COLLEGE DES SOEURS ANTONINES (Nabatiyeh, 22 octobre 2006)

Monseigneur,
Monsieur le Maire de Nabatiyeh,
Ma Mère,
Chers Amis de Nabatiyeh et de la région,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour les mots d’accueil chaleureux que vous venez de prononcer et qui me touchent beaucoup.

C’est pour moi une joie profonde de me trouver aujourd’hui parmi vous. Je dois vous dire que je n’envisageais pas de venir dans votre pays sans me rendre dans cette région si éprouvée du Sud Liban.
Je sais l’été terrible que vous venez de vivre, et qui a été particulièrement meurtrier ici. Au plus fort de la crise, vous savez combien la France a tenu à être à vos côtés dans cette épreuve, à la fois sur le plan politique et sur le plan humanitaire.

Aujourd’hui, elle a confirmé son engagement en envoyant dans votre région, à la demande de votre gouvernement et dans le cadre de la Finul renforcée, ses hommes les plus expérimentés et ses matériels les plus perfectionnés, pour aider votre armée à reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire national et pour en garantir la sécurité.

Soyez assuré que la France sera aussi votre soutien fidèle dans la phase de reconstruction qui s’engage, notamment à l’occasion de la grande Conférence internationale sur la reconstruction que Paris se prépare à accueillir au début de l’année prochaine.

Ce n’est pas seulement la France, en tant qu’entité gouvernementale et au plus haut niveau de l’Etat, qui s’est émue des épreuves du Liban, c’est chacun de nos compatriotes qui s’est senti blessé par la tragédie que vous avez vécu, tant il existe de proximité entre les peuples de nos deux pays et tant les liens d’amitié, dont témoigne la francophonie active de la plupart des personnes rassemblées ici, sont forts et nombreux.
Vous avez d’ailleurs pu constater le formidable élan de solidarité qui s’est manifesté chez nous en faveur de votre pays, notamment à l’occasion de l’opération "Un bateau pour le Liban" initiée par le ministre des Affaires étrangères.

Le ministère français de la Défense a voulu pour sa part apporter un soutien concret en installant avec ses propres forces du génie plusieurs ponts Bailey, que j’ai pu voir en venant ici aujourd’hui, et qui ont permis à la circulation nord-sud, vitale pour ce pays, de retrouver une certaine normalité après les destructions de cet été.
Le ministère des Affaires étrangères, pour sa part, a apporté et continue à apporter un soutien actif aux ONG françaises et libanaises impliquées dans les actions d’urgence sur le terrain. Les collectivités locales françaises se sont également mobilisées avec générosité.

Le conseil général des Alpes-maritimes que j’ai l’honneur de présider a souhaité lui aussi témoigner très concrètement sa solidarité à votre pays.
C’est pourquoi, lorsque l’évêque de Tyr, dont je salue la présence ici, a attiré notre attention sur les dommages qu’avait subis votre établissement lors du bombardement de la mosquée toute proche, nous avons souhaité vous manifester notre amitié et notre soutien. Et je suis heureux de le faire aujourd’hui de vive voix.
En effet, votre établissement m’apparaît particulièrement symbolique, puisque, dirigé par une équipe chrétienne, il accueille 90 % de Musulmans et constitue ainsi la preuve la plus éclatante que le Liban peut et doit se construire dans la tolérance, l’ouverture d’esprit et le partage de valeurs communes, au-delà de tout clivage confessionnel.
Vous incarnez au plus haut cet esprit de fraternité et je vous remercie de diriger avec autant de générosité ce lieu qui, dans ces temps de violence et d’idéologie sectaire, constitue pour Nabatiyéh et sa région un véritable havre de paix.

Ce n’est pas Monsieur le Maire de Nabatiyeh, ici présent, dont je sais qu’il est un ancien de vos élèves - et même un très bon de vos élèves, me dit-on - et qu’il est resté très proche de vous, qui me démentira : le Liban ne pourra affirmer sa souveraineté et construire son avenir qu’en s’engageant résolument dans le dialogue et en transcendant les appartenances communautaires.

J’espère en tous cas que la contribution que les citoyens du département des Alpes-Maritimes vous font parvenir aujourd’hui pourra vous permettre de continuer à jouer ce rôle irremplaçable de lieu de vie et d’échange, en accueillant vos élèves dans les meilleures conditions possibles.
Je poursuivrai tout à l’heure cette courte visite dans le Sud-Liban en me rendant à Khiam, qui a si terriblement souffert de la guerre de cet été et où je voudrais apporter mon soutien au travail formidable accompli par l’ONG Amel que préside le Dr Kamel Mohanna et dont l’équipe a permis tout au long de cet été, et aujourd’hui encore, au moment où les habitants s’engagent dans la reconstruction de leur ville, de leur apporter un peu de soulagement, notamment d’un point de vue médical, après le traumatisme de cet été.

Notre solidarité va bien évidemment à tous, quelles que soient les appartenances religieuses, car elle se veut en premier lieu un témoignage d’humanisme et d’humanité.
Pour conclure, je dois enfin vous dire combien je suis impressionné par la détermination du peuple libanais, et tout particulièrement par les habitants de cette région, à se tourner résolument vers l’avenir.
Déjà à Nabatiyeh, une bonne partie des traces de la guerre a été effacée, même si ces moments sont encore brûlants dans les esprits.

Je voudrais ici saluer le courage qui est le vôtre,
cette foi que vous avez dans les forces de vie,
cette espérance aussi qui est la vôtre,
qui constitue une leçon pour nous, et que nous voulons partager avec vous en étant à vos côtés sur le chemin de jours meilleurs./.

DISCOURS DU MINISTRE DELEGUE A L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, M. CHRISTIAN ESTROSI, LORS DE LA CEREMONIE DE COMMEMORATION DE L’ATTENTAT DU DRAKKAR (Beyrouth, 22 octobre 2006)

Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français à l’étranger,
Mon Colonel Lalanne-Berdouticq, chef de l’élément de liaison de la FINUL,
Messieurs les Anciens combattants,
Chers Amis,

Le dimanche 23 octobre 1983, alors que Beyrouth est en proie à une guerre civile sans merci, 58 parachutistes français sont tués dans l’explosion de l’immeuble "Le Drakkar".

Ces hommes, membres de la force multinationale de sécurité de Beyrouth créée le 20 septembre 1982 à la demande des autorités libanaises, n’étaient pas là pour gagner une bataille ou une guerre mais pour mettre un terme à la terreur et à l’horreur des combats fratricides.
Arrivée au Liban à la fin du mois de septembre 1983, la troisième compagnie du premier régiment de chasseurs parachutistes s’installe dans un immeuble, Le Drakkar. Cet immeuble situé à Ras-Beyrouth, au nord de l’aéroport.
Le samedi 22 octobre, les troupes sont mises en alerte.
Le risque d’attentat est maximum.
Le lendemain matin vers 6 h 15, une violente déflagration provenant de l’aéroport de Beyrouth annonce la destruction d’un poste américain tuant 241 soldats arrachés à la vie dans leur sommeil.
Alerté par la détonation, le Capitaine Jacky Thomas, commandant la troisième compagnie, se précipite au balcon.
A 6 h 24, alors qu’il rend compte à la radio de cet attentat, la communication est interrompue.
L’immeuble "Le Drakkar", vient de sauter à son tour, frappé par un véhicule suicide et ensevelissant sous ses décombres 55 cadres et parachutistes de la troisième compagnie du neuvième RCP donnés en renfort.

Les 55 noms de ces hommes seront à jamais inscrits dans notre mémoire, pour l’éternité, sur ce monument aux morts.

23 ans après cette tragédie, au moment où la France, après l’adoption de la résolution 1701, a décidé de dépêcher au Liban un fort contingent de soldats au sein de la "FINUL renforcée" pour soutenir le rétablissement de l’autorité de l’Etat libanais sur l’ensemble de son territoire.

Nous devons nous souvenir.

Nous devons honorer la mémoire de ces soldats de la paix qui ont consenti le sacrifice suprême au service de leur pays et au service de la paix au Liban.
Nous devons nous souvenir que la démocratie, la liberté et la paix ne sont jamais définitivement acquises. Nous n’oublions pas ceux qui, ici, au Liban, se sont battus pour elles et sont morts pour la France.

Notre pays est de nouveau présent au Liban avec ses militaires pour permettre à l’indépendance et à la souveraineté de ce territoire de s’affirmer pleinement.
Au lendemain de cette guerre, la France, à l’initiative du président de la République, a été la première à venir aux côtés du Liban pour lui permettre de rétablir ces grands axes et de se redresser. Ainsi, 6 ponts Bailey ont été construits dans des délais record par des détachements du génie français. Dans cette opération, un de nos soldats, le maréchal des logis chef Franck Boussiquet, a perdu la vie. Rendons ce soir hommage à son sacrifice alors que son nom vient d’être gravé sur le monument aux morts de la Résidence des pins avec ceux de tous les soldats et les civils morts pour la France depuis 1975.

Ensemble ce soir, méditons le sacrifice de ces hommes.
Soyons unis autour des valeurs de la France pleinement engagée pour la restauration d’un Liban libre et en paix, dans le souvenir de ces soldats français morts pour la France, morts aussi pour le Liban.
Je vous remercie./.

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Cérémonie de commémoration de l’attentat du Drakkar
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En présence de S.E. Monsieur Bernard Emié, de M. Christian Estrosi et du Colonel Luc Batigne.

Dernière modification : 12/03/2009

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