Visite au Patriarche Maronite (31/1/2007)

« J’ai rendu visite ce matin à Sa Béatitude le Patriarche Sfeir pour lui rendre compte dans le détail des résultats de la conférence de Paris, sur la reconstruction du Liban, au lendemain de l’appel téléphonique que le Président de la République française M. Jacques Chirac avait tenu à lui adresser le lendemain même de la conférence, pour lui donner les premier résultats. Et à la demande du Président, je suis venu voir sa Béatitude pour lui dire dans quel état d’esprit la communauté internationale s’est portée aux côtés du Liban afin de l’encourager dans son effort de reconstruction, dans son effort de mobilisation nationale, dans son effort de réformes.

Vous savez combien les réformes structurelles sont indispensables dans ce pays et combien le message de la conférence de Paris est que ces réformes seront d’autant plus efficaces, qu’elles seront portées par un consensus national de tous les Libanais. J’ai beaucoup insisté auprès de Sa Béatitude sur la nécessité pour tous les Libanais aujourd’hui de profiter de l’impact de cette conférence de Paris pour finalement renouer les fils du dialogue, rechercher des solutions aux problèmes qui se posent, dans le respect des institutions démocratiques de ce pays. Il est très important pour nous aujourd’hui d’encourager tous les hommes de bonne volonté, toutes les femmes de bonne volonté de travailler d’arrache pied pour retourner aux institutions, pour retourner à une forme de dialogue interne libanais qui est encouragé par la communauté internationale et par nombre de parties dont les parties arabes notamment qui multiplient aujourd’hui des initiatives.

Nous pensons qu’il faut continuer dans cette direction, rechercher les solutions politiques aux problèmes qui se posent. C’est par des règlements politiques que les questions doivent être réglées. Et en ce sens, j’ai redit à Sa Béatitude combien le sens de responsabilités de tous les Libanais devait s’exprimer et combien il fallait effectivement que la raison, la volonté de dialogue, la volonté de rapprochement des positions, l’emportent sur toute autre considération, sur toute radicalisation, sur toute tentation de recherche d’autres solutions par des voies qui ne seraient pas pacifiques.

Q : Excellence, est-ce vous avez des inquiétudes vis-à-vis de la situation de la FINUL au Sud maintenant et est-ce que vous pensez que si la situation politique reste au statu quo, la tension reste au Liban, les résultats de Paris 3 vont être fauchés , le Liban ne pourra pas recevoir les aides déjà promises ?

R : S’agissant de la FINUL, elle fait son travail sur le terrain, elle est maintenant pleinement opérationnelle. Elle travaille en très bonne coordination avec les autorités libanaises et donc nous restons vigilants et nous sommes actifs et sereins. Le contingent français de la FINUL et le commandement français de la FINUL qui va être transféré au commandement italien, continuent à fonctionner d’une manière parfaitement opérationnelle. S’agissant des conséquences de la situation créée par Paris 3, cela va de soi, comme nous l’avons dit à Paris, comme beaucoup l’ont dit à Paris, qu’il appartient maintenant à tous les Libanais de prendre les décisions nécessaires pour que le programme des réformes qui a été présenté par les autorités libanaises et dont je vous rappelle qui était en gestation, en préparation depuis maintenant plus d’un an et demi, qui a donc été préparé par le gouvernement au complet, que l’application de ce programme de réforme sera d’autant plus efficace et productive qu’elle se fera dans le cadre d’un consensus. S’agissant de l’aide internationale, comme vous le savez il y a 7,6 milliards de dollars qui se décomposent pour partie en dons, pour partie en prêts extrêmement concessionnels avec un élément don très important. Une partie de cette aide internationale doit être déboursée dès l’année 2007. Le reste, c’est un programme de 5 ans, c’est un processus qui est engagé, qui dépendra effectivement de la discipline, de la rigueur, et de la manière dont les Libanais respectent le plan.

Q : Est-ce que vous avez des craintes vis-à-vis du futur du Liban, si la situation continue de la sorte ?

R : Je suis confiant que les Libanais, les dirigeants libanais sont animés d’un esprit patriotique, d’un esprit de responsabilité, d’un sens de l’intérêt général, d’un sens de la protection de la spécificité du Liban. Je ne doute pas que les dirigeants du pays trouveront des solutions conformes à l’intérêt national.

Dernière modification : 02/02/2007

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