Vernissage de l’exposition "Au delà des images" - Beyrouth - Galerie Sfeir-Semler (03/05/06)

Après l’exposition "50 ans d’affiches françaises" présentée l’année passée au Musée Nicolas Sursock, c’est un autre propos que nous entendons tenir cette année, dans ce lieu approprié, celui de l’Art contemporain, un art en train de se faire, un art en relation avec l’histoire des formes d’aujourd’hui et du monde dans lequel nous vivons, aujourd’hui, en ce début de 21ème siècle.

Pour un regard peu averti, l’art contemporain peut-être déconcertant car il oblige à une forte remise en cause nos habitudes et de nos certitudes. En effet, l’art contemporain n’est pas une catégorie esthétique. Il nous provoque et nous séduit à la fois en nous déstabilisant parfois.

Mais une évidence s’impose. Tout est, ou tout a été, contemporain à un moment donné et les artistes d’aujourd’hui utilisent naturellement les médiums de leur temps. Comme les impressionnistes à la fin du 19ème siècle répondirent aux nouveaux défis lancés par la présence de la photographie, les créateurs utilisent la grande diversité des médiums dont ils disposent et proposent de nouveaux rapports au réel, un réel mêlé à leur imaginaire intime et au symbolique.

Avec l’exposition "Au delà des images", la Mission Culturelle de l’Ambassade de France au Liban et le Centre National des Arts Plastiques du Ministère de la Culture et de la Communication (Paris) vous invitent donc à "sortir du cadre" et à oublier, pour un temps, les formes et les supports traditionnels avec 60 œuvres empruntées la prestigieuse et très vaste collection du Fonds National d’Art Contemporain et présentées pour la première fois au Liban.

Nous avons souhaité que cette sélection, soit le fruit d’un échange, d’un regard croisé de deux commissaires d’exposition, l’un français et l’autre libanais. Répondant au souhait du public et des jeunes plasticiens libanais de donner à voir, entre autre, la création française, les deux commissaires, Jean-Marc Prévost, inspecteur de la création artistique au Ministère de la Culture et de la Communication (Paris) et Akram Zaatari, membre fondateur de la Fondation arabe pour l’image et artiste internationalement reconnu - il vient d’être sélectionné pour la prochaine "Biennale d’art contemporain de Sao Paolo" - ont retenu des oeuvres marquantes du parcours des 16 artistes internationaux retenus, des œuvres susceptibles de toucher la sensibilité libanaise.

Pour cette première exposition du Fonds National d’Art Contemporain au Liban, notre choix s’est naturellement porté sur la galerie Sfeir-Semler, spécialisée non seulement dans la présentation d’artistes conceptuels occidentaux de renommée internationale mais également dans la promotion de l’avant-garde artistique du Liban, comme du Proche et du Moyen-Orient. Je me félicite d’accompagner l’initiative de Mme Andrée Sfeir-Semler qui a voulu, pour fêter les 20 ans de sa galerie en Allemagne, étendre ses activités en ouvrant, à Beyrouth, l’une des plus importantes galeries d’art contemporain d’envergure internationale.

Cette volonté de démarches communes fondées sur la créativité, l’échange et la diversité culturelle, se retrouve dans d’autres domaines de la coopération culturelle entre la France et le Liban. Laissez-moi citer, pour la période récente : des coproductions théâtrales avec les théâtres Al Madina, Tournesol ou Monnot ; la Fête de la musique qui rassemble 60 concerts en une seule soirée au centre ville de Beyrouth ; le succès de Ciné-caravane qui sillonne le Liban pendant l’été ; la fidélisation d’un public autour des rendez-vous de "Cabaret du Monde" au Music-Hall ; le Salon du livre francophone qui fêtera en 2006 sa quinzième édition, sans parler des nombreux programmes de coopération avec les écoles d’art et le conservatoire national de musique du Liban.

Laissez-moi aussi souligner l’immense pouvoir d’attraction du Liban en France ! En témoignent la place privilégiée accordée au Liban lors du dernier salon du livre de Paris ; la présence active du Liban lors du dernier festival de Cannes ; le César du meilleur court métrage pour le film "Beyrouth aftershave" du réalisateur libanais Hani Tamba ; mais aussi la production d’une pièce de Rachid Daïf le 17 juin prochain au théâtre du Rond-Point des Champs Elysées de Paris. Plus que jamais, c’est bien d’échanges, d’intérêt et de fascination réciproques dont nous devons parler quand nous évoquons les relations culturelles et artistiques entre la France et le Liban. Il s’agit là d’un exceptionnel mouvement créatif et populaire que nous continuerons d’accompagner dans les années à venir.

Enfin, pour illustrer cette interpénétration des cultures entre nos deux pays, nous avons tenu à ce que des œuvres libanaises appartenant au FNAC soient présentées à Beyrouth. Il en est ainsi de Mona Hatoum avec sa photographie "Van Gogh’s back" ou du triple diaporama de Paola Yacoub et Michel Lassere intitulé "Aspects, accents, frontières" et de quelques autres clins d’œil au Pays des cèdres que je vous laisse découvrir.

C’est cette complicité culturelle entre nos artistes et nos peuples et la vitalité de notre création contemporaine commune que nous avons voulu offrir en partage au public libanais. N’est-ce pas là le plus beau témoignage de notre destin partagé et de cette fraternité exceptionnelle entre la France et le Liban !

J’adresse enfin mes remerciements aux "sponsors" libanais qui ont cru dans cette belle aventure : la société SOCODIL et sa filiale DIOR, l’affichiste PIKASSO et l’imprimerie de l’ANNONCE.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 22/01/2007

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