Tribune d’Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.

Journée internationale de la francophonie : le 20 mars, tous à Beyrouth !


Par Alain JOYANDET, Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.

Le Président Sleimane vient d’effectuer en France une visite d’Etat de trois jours. Dans le protocole de la République française, les visites d’Etat sont réservées aux circonstances exceptionnelles. Depuis l’élection du Président Sarkozy, il s’agit de la première visite à ce niveau d’un chef d’Etat arabe. Cette circonstance ne doit rien au hasard. Elle porte témoignage de l’excellence des relations qui unissent la France au Liban.

Depuis la première visite du Président Sarkozy à Beyrouth, le 7 juin dernier, un grand chemin a été parcouru : grâce à l’accord intervenu à Doha, le dialogue entre Libanais est rétabli. Ainsi le Liban va mieux, beaucoup mieux. Les esprits sont désormais tournés vers l’important rendez-vous politique des élections législatives de juin.

Dans ce contexte, j’ai fait le choix de célébrer à Beyrouth la journée internationale de la Francophonie aux côtés du Secrétaire général de la Francophonie, le Président Abdou Diouf. C’est pour la France, amie du Liban, avocat inlassable de sa souveraineté, de son indépendance et de sa stabilité, l’occasion de rappeler la force de l’enracinement francophone du Liban.

Au-delà de cette journée du 20 mars, deux grands événements francophones marqueront l’année 2009 au Liban.

Tout d’abord, les VIe Jeux de la Francophonie, qui feront bientôt de Beyrouth la capitale internationale du sport. Ce sera l’occasion de fêter les valeurs de la famille francophone qui sont également celles du sport : courage, ténacité, dépassement de soi, mais aussi, solidarité, respect et amitié…Et il est heureux que le Liban réconcilié soit cette année le pays-hôte de ce grand moment d’unité et de communion dans la diversité.

Ensuite, dès le mois prochain -conformément à une décision de l’UNESCO- Beyrouth, « capitale mondiale du Livre », va faire vivre sur son sol pendant une année tous les métiers du livre et donnera ainsi à son engagement en faveur de la diversité culturelle un tour concret, ouvert à tous les publics du Liban et d’ailleurs. C’est une très bonne nouvelle pour la Francophonie. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de faire escale au cours de mon déplacement au Centre de Lecture et d’Action Culturelle de Bint Jbeil au Sud Liban.

Ma présence à Beyrouth, le 20 mars, est enfin l’occasion de rappeler les grandes étapes qui ont jalonné l’année écoulée, qui sont autant de témoignages de l’actualité de la Francophonie en France.

J’en citerai trois, qui marquent l’ambition que nous souhaitons donner à une francophonie moderne, tournée vers l’avenir. Nous venons d’intégrer pour la première fois dans l’histoire de notre pays la notion même de francophonie dans la Constitution de la République française. Nous avons aidé l’Organisation Internationale de la Francophonie à s’installer dans de nouveaux locaux à Paris, dans un immeuble prestigieux, avenue Bosquet, mis à disposition par la France. Avec tous nos partenaires, enfin, nous avons relancé TV5 Monde, formidable outil multilatéral et vecteur puissant du message francophone qui nous anime.

Toutes ces évolutions attestent, en même temps qu’elles l’accompagnent, la fantastique vitalité de la Francophonie. Vitalité qui s’exprime sur la scène internationale par l’engagement de ses membres à prendre les grands problèmes de notre temps à bras le corps. Qu’il s’agisse, comme à Québec, lors du dernier Sommet de la Francophonie, d’aborder au plus haut niveau les grands sujets qui façonnent et déterminent le sort des peuples : crise alimentaire, changements climatiques, crise économique et financière. Qu’il s’agisse du rôle croissant de notre organisation dans le règlement des conflits ou des crises. Qu’il s’agisse enfin de sa participation à la consolidation dans l’espace francophone de l’Etat de droit et de l’accompagnement des réformes politiques, judiciaires, militaires et policières, indispensables à la stabilité.

Cet élan est porté par une langue et des valeurs auxquelles, je le sais, le Liban est particulièrement attaché. Pays de tolérance et de liberté, d’ouverture et de partage, le Pays du Cèdre occupe une place exceptionnelle dans la famille francophone. Tous ses amis se réjouissent aujourd’hui de le voir revivre après une crise politique qui a trop duré. Les prochaines élections législatives doivent confirmer au monde la vitalité des institutions démocratiques du Liban. La communauté internationale se mobilise pour apporter l’assistance dont les autorités libanaises auront besoin afin de permettre le bon déroulement du scrutin.

Le Liban, où la vitalité de la francophonie s’illustrera tout au long de l’année 2009, occupe une place à part dans les cœurs des pays francophones et tout particulièrement dans celui de la France. C’est donc en français que je souhaite à tous les Libanais une bonne et heureuse fête de la francophonie !

Alain JOYANDET

Dernière modification : 20/03/2009

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