Signature par Aréva d’un contrat lié au réseau électrique libanais - Ministère de l’Energie et de l’Eau (01/03/2006)

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président du CDR,
Messieurs les représentants d’AREVA,

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté de répondre à votre invitation pour cette rencontre qui officialise la signature de cet important contrat entre AREVA et le CDR, et à travers lui Electricité du Liban.

Je comprends que l’exécution de ce contrat va permettre d’ici deux ans à EDL de contrôler et de piloter, à partir du centre de répartition qui va être construit par AREVA au siège d’EDL, le réseau de transport jusqu’au niveau des 67 sous stations qui desservent le pays. EDL va ainsi disposer d’un instrument qui lui permettra d’optimiser la distribution de l’électricité, d’identifier la répartition de la production et de la consommation par région et donc de réduire quelque peu ses pertes financières.

Je me réjouis tout particulièrement qu’une entreprise française aussi prestigieuse qu’AREVA ait été retenue par le CDR pour l’exécution de ce contrat d’une valeur de 20 millions USD financé à 90 % par le Fonds Arabe de Développement Economique et social (FADES).

Tout le mérite en revient d’abord à la qualité de l’offre déposée dès février 2004 par cette grande entreprise.

Je n’oublie pas non plus les démarches entreprises par les services de l’Ambassade de France pour faire valoir auprès du CDR les nombreuses références du groupe français dans les pays arabes : Koweït, Bahreïn, Qatar, EAU, Arabie Saoudite parmi d’autres.

Merci, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, d’avoir été sensibles à ces arguments.

La signature de ce contrat montre également qu’en dépit des difficultés et des incertitudes politiques de l’heure pour le Liban, le Gouvernement, avec le CDR, ne cesse de travailler dans l’intérêt de tous les Libanais et s’attache à rechercher des solutions aux problèmes que le Liban connaît depuis de trop nombreuses années en matière de production et de distribution d’énergie.

Ce contrat est un pas important, même s’il ne saurait suffire, sur la voie de la modernisation d’EDL. Il doit s’agir là d’une priorité nationale absolue. Des mesures courageuses de réforme devront être adoptées afin d’offrir aux entreprises de ce pays, à ses habitants, aux investisseurs étrangers désireux de s’implanter au Liban, la qualité de service qu’il sont en droit d’attendre en matière d’électricité.

C’est à l’Etat d’agir, de prendre ses responsabilités au nom de l’intérêt général, dans le respect du droit. C’est à l’Etat de prendre les mesures nécessaires pour assurer des services publics de qualité, qu’il s’agisse de l’éducation, de la protection sociale, des télécommunications et plus spécifiquement Monsieur le Ministre, de l’eau et de l’électricité.

Mais il faut pour cela du courage, de la volonté, de la détermination dans la durée ainsi qu’un réel attachement à l’Etat de droit. Et dans cette ambition nationale, toutes les forces politiques doivent soutenir la volonté de réforme, retrousser les manches collectivement, savoir sacrifier leurs intérêts particuliers au service de l’intérêt général.

La France au travers de ses entreprises, je pense à AREVA mais également à EDF déjà présente aux côtés d’EDL et solidaire dans des périodes de drame, ou d’autres est prête, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, vous le savez, à accompagner le Liban sur cette voie.

Permettez moi de saisir l’occasion de l’officialisation de ce contrat pour souligner à nouveau la disponibilité de la France avec la communauté internationale à contribuer activement à la préparation et à la tenue de cette conférence des amis du Liban, dite Beyrouth I, que le gouvernement appelle de ses voeux depuis maintenant plusieurs mois.

Le programme de réformes économiques, administratives et financières préparé à cet effet sous l’égide du Premier Ministre, fait l’objet de consultations internes et de débats. Présenté la semaine dernière à ce que nous appelons en France les partenaires sociaux, discuté avec les acteurs économiques, il suscite commentaires et réactions et c’est normal. Quoi de plus naturel en cette période de transition et de réforme, que les enjeux économiques d’envergure auxquels le Liban fait face soient débattus publiquement.

J’espère vivement qu’à l’issue de ces consultations, votre gouvernement sera en mesure d’approuver très prochainement ce programme et d’engager avec la communauté financière internationale les préparatifs concrets de la conférence internationale de Beyrouth. Je ne doute pas de votre engagement à cet effet, Monsieur le Ministre, car je sais combien vous êtes attaché, au delà des grands débats politiques, au bon fonctionnement de l’économie libanaise et à sa reprise indispensable dans l’intérêt du peuple.

L’adoption par le Gouvernement puis par le Parlement d’une Loi de finances pour 2006 mettant en place les premières mesures concrètes de ce plan pluriannuel de réformes serait la marque bienvenue du sérieux et de l’engagement des autorités libanaises.

Le Liban a en effet un potentiel de rattrapage en termes de croissance économique très important s’il met en place les réformes indispensables trop longtemps différées qui permettront d’offrir aux citoyens, aux entreprises et aux investisseurs un climat des affaires propice à la croissance de la production et de l’emploi.

Le Liban sera alors en mesure de retrouver toute la place qui doit être la sienne dans la région et le monde. Voilà un thème essentiel de réflexion, de dialogue et surtout d’action pour tous les responsables de ce pays.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 22/01/2007

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