Séminaire d’information et de sensibilisation des municipalités libanaises sur l’assainissement (20 mai 2014)

Hier, mardi 20 mai 2014 à 9h00 à l’Hôtel Mövenpick, s’est tenu le séminaire d’information et de sensibilisation des municipalités libanaises sur l’assainissement ainsi que le lancement du projet
« Appui au renforcement des capacités des municipalités libanaises et du dialogue avec les autorités nationales dans le domaine de l’assainissement », en présence de l’ambassadeur, Patrice Paoli, dont l’allocution figure ci-dessous.

Monsieur le président du SIAAP, M. Martin, [et maire de Nogent]

Mesdames et messieurs les Présidents de Municipalités et de Fédérations de Municipalités,

Monsieur le Directeur du Bureau Technique des Villes Libanaises, cher Béchir Odeïmi,

Monsieur Raymond Medlej, Conseiller du Ministre de l’intérieur,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

Je vous remercie de m’avoir invité à ce premier séminaire du projet d’appui au renforcement des capacités des municipalités libanaises et du dialogue avec les autorités nationales dans le domaine de l’assainissement.

La ressource en eau devient chaque jour plus précieuse et constitue une préoccupation majeure à travers le monde. C’est aussi le cas au Liban où le manque de précipitations au cours de l’hiver fait craindre une grave pénurie d’eau pour les semaines et les mois à venir. La protection de la ressource en eau est un sujet incontournable pour les autorités nationales et locales.

Elle passe par un meilleur traitement des eaux usées. Au Liban, seules 8% des eaux usées domestiques bénéficient d’un traitement. Ce sont donc 92% de ces dernières qui sont rejetées vers la mer ou dans les rivières provoquant une pollution durable au large, sur le littoral, mais également pour les eaux souterraines. Cette situation met en péril durablement l’accès à l’eau potable, d’une part, et la qualité de l’eau en Méditerranée, d’autre part. L’assainissement doit donc être au cœur d’une stratégie nationale de protection de la ressource en eau.

J’avais déjà eu le plaisir de participer en mars 2013 à la conférence finale du projet « Assainissement et protection de la ressource en eau dans trois fédérations de municipalités du Sud-Liban ». J’avais été frappé par l’engagement des partenaires réunis autour de ce projet : le Syndicat Interdépartemental d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne, les trois fédérations de municipalités du Sud-Liban et le Bureau Technique des Villes Libanaises en premier lieu. J’avais également pu apprécier l’intérêt des participants pour cet espace de dialogue créé dans le cadre du projet entre collectivités et instances étatiques et qui répondait à un véritable besoin de concertation dans le domaine de la gestion de l’eau, où elle est souvent insuffisante. Je suis donc heureux que ce projet ait donné naissance à un second projet, d’envergure nationale cette fois, dans lequel le SIAAP est à nouveau soutenu par le Ministère français des affaires étrangères. Je tiens d’ailleurs à saluer l’engagement du SIAAP auprès des collectivités libanaises, confirmé par l’installation à Beyrouth il y a quelques mois de sa dynamique représentante régionale, Charlotte Kalinowski.

La coopération française est engagée au Liban sur les questions de protection de la ressource en eau depuis plus de 15 ans au travers du financement de 5 usines de traitement des eaux usées sur protocole français, du soutien à la mise en œuvre de schémas directeurs d’assainissement ou de l’appui à la rédaction du Code de l’eau notamment.

L’Agence Française de Développement, opérateur financier et technique de la coopération française, a mis en œuvre, depuis 1999 6 projets d’adduction en eau potable et d’assainissement pour un montant total de l’ordre de 135 millions d’euros. Depuis 2005, l’AFD oriente prioritairement son action en matière de protection de la ressource en eau vers l’assainissement. On peut notamment citer la station de traitement à filtres de roseaux plantés de Bcharré ou encore le projet d’assainissement du Caza de Kesrouan, projets d’envergure très prometteurs.

Les points de blocage en matière de gestion de l’eau sont nombreux : flou du cadre juridique et difficultés à répartir clairement les rôles entre les différentes parties prenantes du secteur, manque de moyens financiers et de ressources humaines qui empêchent souvent l’exploitation dans de bonnes conditions d’ouvrages pourtant construits. Le Code de l’eau est reconnu par l’ensemble des acteurs comme un cadre sectoriel indispensable qui permettrait, une fois adopté, une gestion durable, de poser les fondements pour une clarification des rôles de chacun et de répondre à la question des moyens financiers en instaurant une tarification adaptée au financement du secteur et un recouvrement des coûts.

Dans l’attente de l’adoption par le Conseil des ministres de ce code, que nous soutenons vivement, le projet national développé par le SIAAP permet d’ores et déjà de donner aux collectivités locales un espace de dialogue avec les structures étatiques, indispensable dans cet environnement juridique complexe. Il permet également de dresser un état des lieux concret de la situation de l’assainissement au Liban et de la place que les collectivités locales peuvent jouer dans ce domaine. C’est l’objet du séminaire d’aujourd’hui et cette action est complémentaire des programmes de plus grande ampleur menés par ailleurs.

Les objectifs du projet national sur l’assainissement sont ambitieux : il s’agit de renforcer les compétences des municipalités dans le domaine, d’appuyer le dialogue entre ces dernières et les structures nationales et d’améliorer durablement les pratiques dans la conduite des projets d’assainissement. Néanmoins, le projet s’appuie sur des partenaires dont l’expertise n’est plus à prouver et sur une méthodologie innovante qui a déjà démontré son efficacité par le passé.

La France soutient depuis de nombreuses années le mouvement municipal et le processus de décentralisation au Liban. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme national d’appui aux municipalités libanaises, conçu par le comité des maires avec le BTVL et plusieurs ministères. Il identifie l’assainissement mais aussi le patrimoine, la métropolisation et la formation comme domaines opérationnels prioritaires pour l’action municipale. Je tiens donc à renouveler notre appui à ce programme et à l’action menée par le Bureau CGLU/BTVL et le comité des maires. Le travail que vous menez est précieux, il permet de renforcer durablement le dialogue entre les autorités locales et les structures étatiques et il renforce la place des municipalités et des fédérations dans l’organisation administrative et politique du Liban.

Convaincus de l’importance de ces thématiques, nous continuerons à apporter notre soutien au BTVL et au comité des maires ainsi qu’aux collectivités françaises et libanaises qui s’engagent afin de faire avancer au Liban le processus de décentralisation. Ce soutien s’exprime par l’engagement du ministère français des affaires étrangères et de cette ambassade à travers ses différents composantes, l’Institut français avec Gilles Thuaudet et Géraldine Briand, l’AFD avec Lionel Cafférini et Samuel Lefevre, mais aussi par un soutien financier de 70 000 Euros pour le SIIAAP et le BTVL, pour ce projet.

Je vous souhaite un excellent séminaire, qu’il soit riche de vos échanges.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 16/10/2014

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