Remise du DELF à des officiers libanais

Au cours d’une cérémonie organisée à la Salle Montaigne de l’Institut Français du Liban, M. Arnaud PESCHEUX, Chargé d’Affaires a.i a remis des diplômes d’études en langue française, DELF, à une soixantaines d’officiers et membres de l’armée libanaise, des FSI et de la douane libanaise. Pour l’occasion, Arnaud PESCHEUX a prononcé le discours suivant :

Monsieur le Général Maher EL HALABI, représentant le Directeur général des Forces de Sécurité intérieure,
Monsieur le Général Hassan Ali AHMAD, représentant le Directeur général de la Sûreté générale,
Monsieur Raymond KHOURY, représentant le Directeur général des Douanes,
Mesdames et Messieurs les officiers et sous-officiers,
Mesdames et Messieurs les représentants de la presse,
Mesdames et Messieurs,
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A propos de la langue française, le grand écrivain franco-libanais Amin Maalouf a dit : « Je suis sensible au fait que la langue française rassemble des pays du Nord et du Sud, d’Orient et d’Occident qui ressentent un lien particulier entre eux et trouvent un espace de dialogue. »
Ces mots résonnent aujourd’hui avec une intensité particulière, alors que le Liban et la France, le 12 puis le 13 novembre, viennent d’être attaqués par un même ennemi et d’éprouver une nouvelle fois dans le deuil leur fraternité.
Dans ces moments, plus que dans d’autres, il est réconfortant, pour reprendre les mots d’Amin Maalouf, de pouvoir ressentir « un lien particulier » entre nous et mettre à profit notre « espace de dialogue » pour mieux lutter, main dans la main, contre ce terrorisme qui menace nos deux pays et qui ne connaît pas de frontières.
Cela, nous pouvons le faire mieux encore parce que nous avons non seulement une histoire ensemble et des valeurs en commun mais aussi une langue en partage. C’est ce qui nous rassemble aujourd’hui.
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En l’absence de l’Ambassadeur, c’est donc avec un réel plaisir – mais aussi, dans les circonstances actuelles, avec une gravité et une solennité particulières – que je préside aujourd’hui la cérémonie qui vient couronner votre réussite à l’examen du diplôme d’études en langue française (le DELF).
L’équipe de l’Ambassade vous présente ses chaleureuses félicitations.
Je tiens aussi à remercier les partenaires sans lesquels rien de tout ceci n’aurait été possible – les Directions générales des Forces de sécurité intérieure, de la Sûreté générale et des Douanes – et, pour l’Ambassade, l’Institut français et le Service de Sécurité intérieure.
Je souhaite enfin féliciter les officiers libanais formateurs en Français Langue Etrangère (FLE), qui font preuve d’un engagement constant pour la réussite de ce programme de coopération.
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Mesdames et Messieurs,
On dit souvent du français que c’est une langue de culture. Le salon du livre francophone, rendez-vous magnifique et exemplaire de la vitalité de la littérature francophone au Liban, le confirme avec éclat chaque année.
C’est une réalité mais ce n’est pas toute la réalité.
Dans le monde d’aujourd’hui, fait d’interconnexions et de compétition, le français ne pourrait pas attirer les apprenants s’il n’était que cela, une langue de culture.
Le français, c’est aussi une langue que l’on apprend dans les écoles puis à l’université, une langue que l’on parle dans les médias, parce qu’elle est pour chacun un atout dans la conduite de ses projets au quotidien, au Liban bien-sûr mais aussi dans la région, et même au-delà, en Afrique en particulier, continent avec lequel les Libanais entretiennent des relations particulièrement étroites.
Je vous entends déjà me dire : il ne suffit pas de le dire, encore faut-il le démontrer. Et vous aurez raison. J’aimerais porter à votre attention quelques chiffres, trop méconnus mais très éclairants.
Le français est la seule langue avec l’anglais à être parlée sur tous les continents. De 2010 à 2014, le nombre de francophones a augmenté de 7% et le nombre d’apprenants a augmenté de 6%. Dans la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient, cette augmentation a atteint 52%. Le français est la deuxième langue apprise comme langue étrangère après l’anglais, la troisième langue des affaires après l’anglais et le chinois et la 4ème langue sur Internet.
Celles et ceux qui ont suivi la formation couronnée par la remise d’un diplôme aujourd’hui en sont convaincus, puisque c’est sur la base du volontariat qu’ils ont suivi ces cours. Je veux leur dire qu’ils ont fait le bon choix car le français, qui est une langue ancienne et de culture, est aussi une force pour le présent et un atout pour l’avenir.
C’est forts de cette conviction, que nous conduisons, à l’Ambassade de France, une politique active de promotion du français dans un environnement plurilingue. Un environnement dans lequel les langues parlées par les Libanais – l’arabe, le français, l’anglais – doivent coexister sans être mises en concurrence.
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Mesdames et Messieurs,
Je l’ai dit, il nous appartient de libérer le français de cette représentation simpliste comme langue de culture.
Cette cérémonie offre une excellente occasion de le démontrer, puisqu’elle célèbre aussi le français comme vecteur de coopération entre nos deux pays, en matière sécuritaire, institutionnelle et juridique.
Nos deux Ministres de l’Intérieur l’ont rappelé pendant la visite au Liban de Bernard Cazeneuve en octobre dernier : le niveau de confiance et de coopération entre nos deux pays est élevé.
Cette coopération est ancienne et s’approfondit chaque jour dans une relation de travail faite de confiance et d’estime réciproques, dans des domaines aussi sensibles que la lutte contre le terrorisme, la sûreté aéroportuaire et la police judiciaire.
Permettez-moi d’en donner quelques exemples. Chaque année, nous intégrons un officier libanais à haut potentiel dans les promotions de commissaires de police et d’officiers de police et de gendarmerie en France. De nombreux officiers ayant effectué une scolarité dans l’une des écoles de police ou de gendarmerie françaises occupent aujourd’hui des postes de premier plan au Liban.
Par ailleurs, tout au long de l’année 2015, plus de 90 actions d’échange et de formation ont été menées par l’Ambassade de France avec nos partenaires libanais dans le domaine de la sécurité intérieure.
Le contexte dramatique que j’ai évoqué confirme l’importance de cette coopération pour lutter contre le terrorisme.
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Mesdames et Messieurs,
Le moment est maintenant venu de procéder à la distribution de ces diplômes et j’invite les autorités des Forces de Sécurité intérieure, de la Sûreté générale et des Douanes, ainsi que les formateurs, à me rejoindre pour m’accompagner dans cette tâche.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 07/03/2016

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