Remise de diplômes de langue à l’Ecole militaire de Fayadiyé (27/06/2006)

Monsieur le Général Hammad, commandant l’Ecole militaire,
Monsieur le Colonel Douard, attaché de Défense,
Monsieur le Lieutenant-Colonel Barbié de Préaudeau, coopérant militaire technique,
Madame Matignon, chargée de l’enseignement du français au Service culturel,
Mesdames et Messieurs les Professeurs de français,
Messieurs les élèves-officiers d’active,

C’est avec plaisir que je reviens dans vos murs aujourd’hui pour participer, comme l’an dernier, à cette cérémonie de remise de diplômes de langue française aux élèves-officiers de l’Ecole militaire.

Ces diplômes marquent notre engagement commun pour faire en sorte que le français soit toujours davantage pratiqué en milieu militaire. Ils représentent bien sûr notre politique de diffusion du français dans le monde et au Liban en particulier, et donnent toute notre cohérence à cette politique. Ils permettent aux élèves-officiers d’être en mesure de travailler en français, langue de prestige, de culture et de promotion de valeurs chères au cœur des Libanais et des Français. Mais langue aussi de communication, de partage, de science et de technique. Langue qui sera pour vous une langue seconde, une langue étrangère, une langue pour laquelle il faut prendre des risques afin de la pratiquer et ne pas avoir peur de se tromper et de développer des méthodes qui permettent d’utiliser ce que l’on connaît dans sa langue maternelle pour transférer et développer sa compétence à communiquer en français.

Je suis heureux de voir le succès du français en milieu militaire et de vous redire l’importance que la France attache à l’enseignement du français et en français au Liban. Cet intérêt majeur se traduit par un effort prioritaire dans votre pays. Quelques chiffres pour vous en convaincre : avec 25 établissements homologués avec l’Education nationale française, six établissements conventionnés et neuf centres culturels sur l’ensemble du territoire libanais, nous scolarisons ainsi dans notre système près de 45 000 élèves et enseignons le français à des milliers de jeunes Libanais sur tout le territoire. Le résultat est que plus de 6 000 étudiants libanais se trouvent en France chaque année et que nous sommes de loin le premier pays d’accueil des étudiants libanais en France.

Mais cette ambition que nous avons pour le Liban, nous l’avons aussi je l’ai dit pour les forces armées et de sécurité.

Chaque année, entre 400 et 600 personnes reçoivent une formation linguistique organisée conjointement par la mission militaire et la mission culturelle de l’ambassade de France, dont je salue ici les représentants. C’est un effort très substantiel de la France qui s’investit plus que jamais aux côtés du Liban pour former l’armée d’aujourd’hui et celle de demain.

Vous êtes d’ailleurs le témoignage vivant de la réussite de cette action. Quoi de plus naturel, dans cette Ecole militaire fondée par la France en 1921 à Damas, avant d’être transférée à Homs en 1932 et Fayadiyeh en 1946 !

Sur les plaques de marbre fixées sur les murs de ce bâtiment, vous pouvez lire chaque jour un résumé de l’histoire de votre école : n’y voit-on pas des noms de militaires prestigieux comme ces héros de la Première guerre mondiale : Joffre, Foch, Lyautey, Pétain ou Guynemer. On y note aussi les noms de Weygand, Catroux et de Gaulle, tous ayant marqué la pensée militaire de leur temps avant, pendant ou après la Seconde guerre mondiale.

Permettez-moi de vous dire aujourd’hui combien la France a confiance en l’armée libanaise et en son avenir. Combien elle a admiré le comportement exemplaire de vos anciens comme des hommes que vous aurez bientôt l’honneur de commander tout au long des événements si fondamentaux pour l’affirmation de l’indépendance et de la souveraineté de votre pays qui se sont déroulés ici depuis le début de l’année 2005. Combien cette institution dans laquelle vous servez et dans laquelle vous allez construire votre vie et votre carrière joue un rôle majeur que nous apprécions.

La France restera toujours aux côtés du Liban, comme elle le fut dans l’histoire, quelles que soient les circonstances politiques. Je peux vous dire que cela est particulièrement vrai de l’armée libanaise en laquelle nous plaçons notre confiance : en sa capacité à se dévouer au bien commun et à participer à l’avenir prospère de votre Nation.

Traduisant cette confiance, la France a renforcé son effort aux côtés de l’armée libanaise. En 2006, plus de soixante militaires partiront ainsi en stage en France, et prés de 700 jours de travail d’experts militaires français en mission au Liban seront mis à la disposition de votre armée, dans des domaines comme la simulation tactique, avec ce fabuleux outil que constitue le centre JANUS pour vos officiers supérieurs, la maintenance et l’organisation du secteur logistique, le déminage, le combat en montagne et la cartographie militaire. Des actions sont également lancées pour contribuer, dans la limite de nos moyens, à l’amélioration des capacités de certains de vos équipements, avec des projets de cession gratuite de munitions et de transmission notamment, pour plus de 10 millions d’Euros.

Voilà, chers élèves-officiers, la France ne se contente pas de beaux discours à l’attention des autorités ou du grand public. Elle agit et agit toujours pour faire en sorte que notre coopération militaire remonte fortement en puissance pour que votre armée soit en mesure toujours davantage d’assurer ses missions de surveillance des frontières, de sécurité du territoire et de défense de vos intérêts souverains.

La force d’un pays, d’une armée tient autant de ses hommes que de ses équipements. Aussi, pour conclure, je voudrais citer le Général de GAULLE qui, dans un célèbre discours à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth le 3 juillet 1931, prononçait ces mots à l’adresse de la jeunesse libanaise. Je le cite : « Jeunesse libanaise, c’est une Patrie que vous avez à faire. Sur ce sol merveilleux et pétri d’histoire, appuyés aux remparts de vos montagnes, liés par la mer aux activités de l’Occident, aidés par la sagesse et par la force de la France, il vous appartient de construire un Etat. Non point seulement d’en partager les fonctions et d’en exercer les attributs mais bien de lui donner cette vie propre, cette force intérieure sans lesquelles il n’y a que des institutions vides. Il vous faudra créer et nourrir un esprit public, c’est-à-dire la subordination volontaire de chacun à l’intérêt général, condition sine qua non de l’autorité des Gouvernants, de la vraie justice dans les prétoires, de l’ordre dans les rues. Point d’Etat sans sacrifice ». Quel beau texte en français, dans cette langue de Molière dont vous allez maintenant recevoir un diplôme. Méditez ce beau message d’un officier supérieur de génie qui s’adressait à la jeunesse du Liban.

J’ai le sentiment que ces mots restent pleinement d’actualité. Oui, les élèves-officiers de l’Ecole militaire, doivent continuer à bien se préparer à leurs responsabilités de demain. Oui, cette élite doit avoir à cœur, avec discipline, désintéressement et volonté de travailler pour construire une grande Nation, d’utiliser tout son savoir afin d’achever de construire son avenir de liberté et de prospérité.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

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