Relations économiques bilatérales

Le processus de reconstruction et la vitalité de ses principaux secteurs économiques font du Liban un ‎marché dynamique. Le pays a d’ailleurs très bien réagi face à la récente crise mondiale. Il lui faut ‎accompagner cette vitalité par des réformes structurelles déjà entreprises ou en cours d’élaboration, ‎afin d’élever le potentiel de son économie et assumer pleinement le rôle régional qui lui revient au ‎Proche et au Moyen-Orient.‎

L’histoire du pays du Cèdre a montré à maintes reprises que les Libanais ont la capacité et le ‎dynamisme nécessaires pour relever ces défis.‎

En dépit de sa petite taille et de son endettement, le Liban est et demeure un lieu unique, un marché ‎ouvert, francophile et partiellement francophone, qui présente pour les entreprises françaises une ‎vocation régionale indéniable. Sur ce marché très favorable, les biens et services français bénéficient ‎d’une réputation de qualité.‎

L’économie libanaise en quelques chiffres

L’économie libanaise en quelques mots

L’économie libanaise semble sur un sentier de croissance relativement soutenue

La croissance libanaise des dernières années a été l’une des plus fortes de la région (+8% par an de ‎croissance moyenne sur la période 2007-2010) en raison d’un double rattrapage par rapport à la fin ‎de la guerre civile d’une part et dans le sillage du conflit de 2006 d’autre part. Elle connaît depuis ‎‎2011 un ralentissement lié aux incertitudes régionales qui pèsent notamment sur le niveau des ‎investissements étrangers et sur le tourisme.‎

Toutefois, les réformes structurelles, que le Liban s’était engagé à lancer lors de la conférence de ‎Paris III demeurent plus que jamais nécessaires : télécommunications, énergie, fiscalité et social. Leur ‎réalisation sera déterminante pour assurer la soutenabilité du modèle économique libanais (dette, ‎finances publiques et développement économique).‎

Les trois secteurs clés de l’économie libanaise font preuve de dynamisme

Les trois moteurs de l’économie (banques, construction immobilière et tourisme/consommation) ‎nourrissent la croissance des dernières années.‎

Aujourd’hui, les actifs bancaires représentent près de 3,5 fois le PIB libanais. L’économie libanaise ‎reste bien financée. Grâce à l’afflux de capitaux (investissements, transferts de la diaspora, etc.), le ‎pays couvre largement ses besoins. La surliquidité interne considérable est employée pour financer la ‎dette publique, accroître les réserves de la Banque centrale, ainsi que les crédits aux entreprises et ‎aux particuliers, permettant de maintenir un niveau soutenu de consommation.‎

Depuis la fin de la guerre de 2006, le marché de l’immobilier libanais connaît une expansion sans ‎précédent (+20% par an en moyenne). En effet, le Liban semble profiter de la déconvenue des ‎marchés immobiliers de la zone, en particulier de Dubaï. A noter que le marché libanais est, de l’avis ‎des experts, assez sain, la hausse continue des prix s’expliquant par une demande structurellement à ‎la hausse, émanant tant des expatriés que des Arabes du Golfe.‎

La France entretient une relation économique d’une grande densité avec le Liban

Le volume des échanges commerciaux entre la France et le Liban a atteint plus de 1,1 Md EUR en ‎‎2011, chiffre en hausse de 21,1% par rapport à 2010. Ceci positionne notre pays au 4e rang des ‎partenaires commerciaux du Liban. Nos échanges sont fortement déséquilibrés au profit de notre ‎pays, nos importations n’atteignant que 40 M€. Le volume de nos exportations - 1,1 Md EUR en 2011 ‎‎– nous classe au 4e rang des fournisseurs du Liban derrière les États-Unis (10%), l’Italie (9%) et la ‎Chine (8%), mais devant l’Allemagne (6%) avec une part de marché de 7%. ‎

La France est l’un des premiers investisseurs étrangers au Liban, avec un stock d’IDE estimé par la ‎Banque de France à 243 millions EUR en 2011. 50% des IDE détenus par la France au Liban en 2010 se ‎dirigent vers les services (immobilier et services financiers) et 27 % vers les industries ‎manufacturières. Au total, la présence française au Liban, particulièrement importante au regard des ‎dimensions du pays, compte près de 90 implantations employant environ 5 000 personnes. Elles ont, ‎pour beaucoup d’entre elles, un rayonnement régional.‎

Avec un stock estimé par la Banque de France à 3,3 Mds € fin 2011, la France représenterait environ ‎la moitié du total des IDE libanais à l’étranger. Le Liban serait ainsi le 2e investisseur émergent en ‎France avec une part de 0,7% des IDE étrangers en France. Les investissements libanais sont ‎concentrés dans trois secteurs clefs : le transport maritime (reprise de la CGM par Jacques Saadé en ‎‎1996, puis de la Compagnie des Iles du Ponant en 2004 et du groupe Delmas en 2005), la banque ‎‎(présence de BLOM Bank, Banque Audi et Banque Libano-française) et l’immobilier.‎

La coopération institutionnelle en matière économique

La France est le premier contributeur à l’aide publique au développement (APD) perçue par le Liban ‎‎(20% de l’APD 2008-2009). Au sein d’un dispositif d’aide varié, les instruments de la Direction ‎Générale du Trésor jouent un rôle important.‎

Coopération institutionnelle

La clé de voute de la coopération franco-libanaise en matière économique est l’ADETEF : subvention ‎sur 3 ans (2010-2012) pour le financement du projet de développement du réseau GIFT-MENA ; liens ‎forts entre l’Institut des Finances et l’ADETEF ; soutien à l’accord de coopération entre les autorités ‎de contrôle des assurances française et libanaise.‎

Aux côtés de l’ADETEF, de nombreuses actions sont menées (entre parenthèses, les institutions ‎françaises concernées) : coopération avec l’Institut de recherche industrielle du Liban (Laboratoire ‎national de métrologie et d’essais) ; participation à la réalisation des comptes nationaux du Liban ‎depuis 8 ans (INSEE) ; ateliers de formation au profit des Douanes libanaises (DGDDI) ; assistance ‎auprès des autorités libanaises dans les domaines de protection du consommateur et des circuits de ‎distribution des produits alimentaires (DGCCRF).‎

Fonds d’aide au secteur privé (FASEP)‎

Les FASEP instruits depuis 2007 (6 pour un total de 2,3 millions EUR) témoignent de la diversité des ‎secteurs d’intervention avec pour dénominateurs communs des objectifs de développement du ‎Liban et de positionnement des entreprises françaises sur des secteurs potentiellement générateurs ‎de contrats : électricité (EDF), dépollution/environnement (ANTEA), assainissement ‎‎(CORAIL/ASCONIT/SED). Ces études ont permis aux entreprises françaises concernées de devenir des ‎partenaires essentiels et d’utiliser le marché libanais comme vitrine régionale de leurs compétences ‎‎(Syrie, Jordanie, Égypte, Irak voire Golfe).‎

2010 et 2011 témoignent à nouveau du dynamisme du FASEP au Liban. Le cabinet ARCHE a réalisé ‎une étude visant à évaluer les besoins de modernisation de l’outil informatique de la bourse de ‎Beyrouth.‎

Relations financières bilatérales et multilatérales : point sur Paris III‎

La mobilisation internationale dans le cadre de la conférence de Paris III (janvier 2007) a été sans ‎précédent, notamment de la part des institutions internationales. Le total des engagements s’est ‎élevé à 7,5 milliards USD : 5,6 milliards destinés au gouvernement (3,5 milliards d’aide projet, 1,7 ‎milliard d’aide budgétaire et 0,4 milliard d’aide en nature et d’assistance technique) ; 1,5 milliard ‎USD au secteur privé ; 0,4 milliard pour l’ONU et les ONG.‎

La contribution financière de la France au Liban dans le cadre de Paris III, via l’AFD, se monte à ‎‎500 millions EUR et vise à accompagner les réformes structurelles indispensables au pays (électricité ‎et télécommunications notamment).‎

Dernière modification : 17/12/2012

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