Le processus de reconstruction et la vitalité de ses principaux secteurs économiques font du Liban un marché très dynamique. Le pays a d’ailleurs très bien réagi face à la récente crise mondiale. Il lui faut accompagner cette vitalité par des réformes structurelles déjà entreprises ou en cours d’élaboration, afin d’élever le potentiel de son économie et assumer pleinement le rôle régional qui lui revient au Proche et Moyen-Orient.
L’histoire du pays du Cèdre a montré à maintes reprises que les Libanais ont la capacité et le dynamisme nécessaires pour relever ces défis.
En dépit de sa petite taille et de son endettement, le Liban est et demeure un lieu unique, un marché ouvert, francophone et francophile, qui présente pour les entreprises françaises une vocation régionale indéniable. Sur ce marché très favorable, les biens et services français bénéficient d’une réputation de qualité.
| DONNEES | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 |
|---|---|---|---|---|
| Produit Intérieur brut (milliards USD) | 30.1 | 34.9 | 39.2 | 42.5 |
| Croissance du PIB en volume (%) | 9.3 | 8.5 | 7.5 | 2.5 |
| Inflation (prix à la consommation) (%) | 10.8 | 1.2 | 4.5 | 6.5 |
| Dette publique brute / PIB (%) | 156.3 | 146.4 | 136.7 | 133.8 |
| Solde budgétaire / PIB (%) | -9.5 | -8.2 | -7.2 | -10.5 |
| Solde budgétaire primaire /PIB (%) | 0.6 | 2.6 | 1.2 | 0.3 |
| Importations biens (milliards USD) | 16.3 | 15.9 | 17.8 | 19.1 |
| Exportations biens (milliards USD) | 5.3 | 4.7 | 5.3 | 5.7 |
| Réserves brutes change (milliards USD) | 18.8 | 27.4 | 30.2 | 27.3 |
| Investissement Direct Etranger /PIB (%) | 8.8 | 10.7 | 10.0 | 9.7 |
| Solde balance courante / PIB (%) | -9.2 | -9.4 | -10.2 | -12.9 |
Sources : FMI et SER de Beyrouth, avril 2011
L’économie libanaise semble sur un sentier de croissance soutenue
La croissance libanaise des dernières années est l’une des plus fortes de la région (+8% par an de croissance moyenne sur la période 2007-2010). La forte hausse du PIB de ces dernières années s’explique fondamentalement par un double rattrapage par rapport à la fin de la guerre civile d’une part et dans le sillage du conflit de 2006 d’autre part.
Ces chiffres de croissance s’accompagnent, sur la même période 2006-2010, d’un ralentissement tendanciel du rythme de l’inflation. Pour mémoire, l’inflation en 2008 avait atteint un niveau très élevé de 10,8% avant de retomber à moins de 5% en moyenne en 2009 (1,2% pour le FMI en 2009 mais probablement sous-estimée). L’inflation totale pour 2010 s’établit entre 5% et 6% avec des craintes pour l’année 2011 liées à une hausse des cours mondiaux des matières premières.
Malgré certaines incertitudes en 2011 (croissance prévue entre +2,5% et +5% cette année), les performances économiques du pays restent remarquables. Toutefois, les réformes structurelles, que le Liban s’était engagé à lancer lors de la conférence de Paris III demeurent plus que jamais nécessaires : télécommunications, énergie, fiscalité et social. Leur réalisation sera déterminante pour assurer la soutenabilité du modèle économique libanais (dette, finances publiques et développement économique).
Les trois secteurs clés de l’économie libanaise font preuve d’un grand dynamisme
Les trois moteurs de l’économie (banques, construction immobilière et tourisme/consommation) nourrissent la croissance des dernières années.
Aujourd’hui, les actifs bancaires représentent près de 3,5 fois le PIB libanais. L’économie libanaise reste bien financée : la Banque du Liban estime à 9 Mds USD les besoins privés et publics du pays (de 5 à 6 Mds pour le refinancement de la dette publique et de 3 à 4 Mds pour le secteur privé). Grâce à l’afflux de capitaux (investissements, transferts de la diaspora, etc.), le pays couvre très largement ces besoins. La surliquidité interne considérable est employée pour financer la dette publique, accroître les réserves de la Banque centrale, ainsi que les crédits aux entreprises et aux particuliers, permettant de maintenir un niveau soutenu de consommation.
Depuis la fin de la guerre de 2006, le marché de l’immobilier libanais connaît une expansion sans précédent (+20% par an en moyenne). En effet, le Liban semble profiter de la déconvenue des marchés immobiliers de la zone, en particulier de Dubaï. A noter que le marché libanais est, de l’avis des experts, assez sain, la hausse continue des prix s’expliquant par une demande structurellement à la hausse, émanant tant des expatriés que des Arabes du Golfe.
Le secteur du tourisme a continué de croître pour dépasser les 2 millions de visiteurs, record historique. Le secteur touristique pèse pour plus de 13% dans le PIB libanais.
Les échanges commerciaux bilatéraux
Le commerce bilatéral entre la France et le Liban a légèrement reculé en 2010. Les exportations françaises vers le Liban (925 millions EUR) ont diminué de -23% tandis que les importations de produits libanais (33 millions EUR) ont progressé de +11%. La France est le premier client du Liban parmi les Etats membres de l’Union européenne.
La France se maintient parmi les premiers partenaires commerciaux du Liban
Le commerce bilatéral entre la France et le Liban a reculé en 2010. La France devient ainsi le 5ème fournisseur du Liban (2ème en 2009) et son 3ème client (7ème en 2009).
Selon les données des Douanes françaises, les échanges commerciaux entre les deux pays sont caractérisés par un recul de -23,3% des exportations françaises vers le Liban, qui s’élevaient à 925 millions EUR en 2010 (contre 1,2 milliard EUR en 2009). Les importations de biens libanais en France ont, quant à elles, progressé de +11%, affichant un résultat de 33 millions EUR (contre 30 millions EUR en 2009). Ainsi, le déséquilibre structurel de la balance commerciale bilatérale en la faveur de la France a diminué mais reste très prononcé (891 millions EUR contre 1,2 milliard EUR en 2009).
La France est le 5ème fournisseur du Liban en 2010
En 2010, la France est classée au 5ème rang des fournisseurs du Liban avec une part de marché s’élevant à 7% (925 millions EUR d’exportations françaises) derrière les Etats-Unis (11%), la Chine (9%), l’Italie (8%) et l’Allemagne (7%).
Les principaux postes d’exportation sont les produits du raffinage du pétrole (30%), les produits pharmaceutiques (10%) et les parfums et produits pour la toilette (5%).
La France est le 3ème client du Liban en 2010
En 2010, la France était le 3ème client du Liban avec un total de 33 millions EUR d’importations, représentant 8% de l’ensemble des exportations libanaises, après la Suisse (12%) et les Emirats Arabes Unis (10%). La France était ainsi le premier importateur du Liban parmi les Etats membres de l’Union européenne en 2010. Sur cette période, les importations de produits libanais en France ont progressé de +11% (30 millions EUR en 2009).
Les principaux postes d’importation sont les moteurs, génératrices et transformateurs électriques (25%), les articles de joaillerie et bijouterie (7%) et l’aluminium (7%).
Les relations en matière d’investissements
La France est l’un des premiers investisseurs étrangers, avec un stock d’IDE estimé par la Banque de France à 246 millions EUR en 2009. 60% des IDE détenus par la France au Liban en 2009 se dirigent vers les services et 30 % vers les industries manufacturières. Les principaux segments sur lesquels la France est positionnée sont les activités liées à l’immobilier (30 % du total des stocks en 2009), l’intermédiation financière (9 %) et les communications (8 %).
Au total, la présence française au Liban, particulièrement importante au regard des dimensions du pays, compte près de 90 implantations employant environ 5 000 personnes. Elles ont, pour beaucoup d’entre elles, un rayonnement régional.
La majorité des grands groupes industriels et de services français sont implantés au Liban. En particulier, la présence de la France est significative dans le secteur des banques et assurances ainsi que dans celui des biens de consommation. Au-delà du périmètre des implantations, la présence économique française inclut de très nombreux sociétés franchisées et agents de représentation de marques françaises.
La coopération institutionnelle en matière économique
La France est le premier contributeur à l’aide publique au développement (APD) perçue par le Liban (20% de l’APD 2008-2009). Au sein d’un dispositif d’aide varié, les instruments de la Direction Générale du Trésor jouent un rôle important.
Coopération institutionnelle
La clé de voute de la coopération franco-libanaise en matière économique est l’ADETEF : subvention sur 3 ans (2010-2012) pour le financement du projet de développement du réseau GIFT-MENA ; liens forts entre l’Institut des Finances et l’ADETEF ; soutien à l’accord de coopération entre les autorités de contrôle des assurances française et libanaise.
Aux côtés de l’ADETEF, de nombreuses actions sont menées (entre parenthèses, les institutions françaises concernées) : coopération avec entre l’Institut de recherche industrielle du Liban (Laboratoire national de métrologie et d’essais) ; participation à la réalisation des comptes nationaux du Liban depuis 8 ans (INSEE) ; ateliers de formation au profit des Douanes libanaises (DGDDI) ; assistance auprès des autorités libanaises dans les domaines de protection du consommateur et des circuits de distribution des produits alimentaires (DGCCRF).
Réserve pays émergents (RPE)
Le Liban n’est plus éligible à la RPE. Cependant, deux anciens protocoles de 1996 et 1997 sont encore en fin d’exécution. Si la part française a été presque entièrement décaissée, ces projets, désormais financés sur part locale et qui concerne encore des entreprises françaises, sont encore en cours :
• Informatisation de la météorologie libanaise (ADPI).
• Construction de 5 stations d’épuration (Veolia, Suez Degrémont et Cabinet Merlin).
Fonds d’aide au secteur privé (FASEP)
Les FASEP instruits depuis 2007 (6 pour un total de 2,3 millions EUR) témoignent de la diversité des secteurs d’intervention avec pour dénominateurs communs des objectifs de développement du Liban et de positionnement des entreprises françaises sur des secteurs potentiellement générateurs de contrats : électricité (EDF), dépollution/environnement (ANTEA), assainissement (CORAIL/ASCONIT/SED). Ces études ont permis aux entreprises françaises concernées de devenir des partenaires essentiels et d’utiliser le marché libanais comme vitrine régionale de leurs compétences (Syrie, Jordanie, Égypte, Irak voire Golfe).
2010 et 2011 témoignent à nouveau du dynamisme du FASEP au Liban. Le cabinet ARCHE a réalisé une étude visant à évaluer les besoins de modernisation de l’outil informatique de la bourse de Beyrouth.
Relations financières bilatérales et multilatérales : point sur Paris III
La mobilisation internationale dans le cadre de la conférence de Paris III (janvier 2007) a été sans précédent, notamment de la part des institutions internationales. Le total des engagements s’est élevé à 7,5 milliards USD : 5,6 milliards destinés au gouvernement (3,5 milliards d’aide projet, 1,7 milliard d’aide budgétaire et 0,4 milliard d’aide en nature et d’assistance technique) ; 1,5 milliard USD au secteur privé ; 0,4 milliard pour l’ONU et les ONG.
La contribution financière de la France au Liban dans le cadre de Paris III, via l’AFD, se monte à 500 millions EUR et vise à accompagner les réformes structurelles indispensables au pays (électricité et télécommunications notamment).
