Réception de la communauté française à l’occasion de la mission de l’Assemblée nationale

Retrouvez le discours prononcé par l’ambassadeur lors de la réception donnée ce 21 septembre à la Résidence des Pins pour les représentants de la communauté française à l’occasion de la visite de la délégation de la mission d’information de l’Assemblée nationale.

L’ambassadeur a reçu ce 21 septembre à la Résidence des Pins les représentants de la communauté française du Liban, à l’occasion de la visite d’une délégation de la mission d’information de l’Assemblée nationale, conduite par son président, M. Axel Poniatowski, et comprenant MM. Benoît Hamon, ancien ministre, rapporteur, Jean-Jacques Guillet et Jean-René Marsac.

Voici le texte de son intervention :

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Messieurs les Députés,
Madame, Messieurs les conseillers consulaires,

Chers compatriotes,

Je suis heureux de vous accueillir ce soir à la Résidence des Pins où j’ai voulu réunir les représentants de la communauté française et toutes celles et ceux qui nous représentent dans ce pays, soit dans leur engagement auprès des Français, soit dans leur vie professionnelle, soit dans leurs activités associatives. Je vous remercie tous de votre présence.

Cette réception est pour moi l’occasion de faire votre connaissance, de me présenter à vous et de vous présenter aussi les cadres de l’ambassade nouvellement arrivés  : Arnaud Pescheux, mon adjoint, officier de sécurité, le colonel Christian Herrou qui dirige la mission de défense, le commissaire Raphaël Juge, Attaché de sécurité intérieure, et Denis Louche, Conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français. D’autres collègues viennent aussi de nous rejoindre qui les assistent dans leur travail. Ils complètent l’équipe solide, dévouée et compétente que constitue l’Ambassade de France à Beyrouth, une génération après l’autre. Cette permanence est un motif de grande fierté pour notre diplomatie.

Cette réception vous permettra aussi d’échanger avec les membres de la mission d’information que l’Assemblée nationale a dépêchée au Liban. Je remercie son président, M. Axel Poniatowski ainsi que MM. Benoit Hamon, Jean-Jacques Guillet et Jean-René Marsac de nous faire l’honneur de leur présence ce soir. Je les remercie aussi – surtout – de l’intérêt qu’ils portent au Liban et au rôle que nous, Français, avons à jouer ici. Le programme de leur visite est chargé : à peine descendus de l’avion, ils se sont déjà rendus chez le président de l’Assemblée nationale puis chez le président du Conseil des Ministres. Ils verront les principaux responsables politiques, les autorités religieuses, des acteurs économiques, des intellectuels, des militants associatifs ainsi que la presse au cours de ces deux prochains jours. Mais il est bon qu’ils entendent également les Français du Liban. Et je compte sur votre expérience comme sur votre franchise pour que vos conversations de ce soir nourrissent utilement leur travail.

Monsieur le Président, Messieurs les députés,

Vous connaissez cette phrase du Général de Gaulle en 1941 : "Les Libanais sont le seul peuple dont jamais aucun jour le cœur n’a cessé de battre au rythme du cœur de la France". Les temps ont changé mais cela nous oblige encore aujourd’hui car nous avons au Liban un statut exceptionnel. C’est le produit de l’histoire et de nos multiples affinités mais c’est aussi le résultat de l’engagement permanent de la France aux côtés de ce pays, dans tous les domaines, ceux de la politique, de la sécurité, de la culture, de l’économie et des échanges. Quelques exemples seulement : 850 soldats français servent au sein de la FINUL dans le sud du Liban / un élève sur trois de nos écoles dans le monde est libanais / nous réalisons au Liban notre dixième excédent commercial / Le Liban est le deuxième pays au monde qui achète le plus de livres français / On peut même écouter Radio Nostalgie dans les embouteillages de Beyrouth etc…

La France sait la valeur du Liban, de son amitié et de son modèle unique de diversité, de liberté et de coexistence. Mais elle sait aussi qu’il a besoin de son soutien pour assurer sa stabilité et son développement. C’est pourquoi elle prend parti pour le Liban, pour ce qu’il représente, pour lui seul, sans arrière-pensée. Elle ne fait pas de calculs compliqués et ne fait le jeu de personne. Et je peux témoigner que ce sont toujours les Français qui prennent l’initiative d’agir pour le Liban dans les enceintes internationales.

C’est important car vous l’avez entendu cet après-midi et on vous le dira encore dans vos prochains entretiens : les Libanais sont inquiets parce qu’ils voient bien que l’accumulation des crises dans la région, la poursuite de la guerre et l’extension de Daech en Syrie, la présence massive des réfugiés dans leur pays créent de lourdes incertitudes pour l’avenir. Ils sont en outre inquiets parce que les institutions de l’Etat libanais sont aujourd’hui fragilisées par l’absence d’un président de la République, le blocage du gouvernement, l’absence d’élections et les difficultés que les partis politiques ont à s’entendre pour sortir de la crise.

Vous l’entendrez donc aussi : le Liban compte sur la France dans cette période difficile. Nous l’entendons et multiplions les initiatives sur trois dossiers urgents : créer les conditions d’une solution à la crise politique et institutionnelle au Liban en parlant avec tout le monde dans la région comme ici ; renforcer les capacités des forces armées libanaises afin qu’elles puissent assumer toutes leurs missions de sécurité aux frontières et sur le territoire national ; amplifier l’aide que nous apportons au Liban pour faire face à l’afflux des réfugiés syriens. C’est cet engagement de la France que le Président de la République démontrera en effectuant bientôt une visite au Liban.

Monsieur le Président, Messieurs les Députés,

Dans tout ce que notre ambassade entreprend ici pour réaliser les ambitions de la France, elle peut compter sur une communauté française forte, bien intégrée dans la vie libanaise, solidaire, organisée et dynamique. 23.000 français sont inscrits au registre consulaire : les ambassadeurs passent mais la plupart de nos compatriotes restent et apportent ici le témoignage le plus constant de notre affection pour le Liban et de l’intensité des liens que nous avons avec lui.

Je veux donc saluer d’abord ceux qui représentent les Français du Liban, le député Alain Marsaud et les conseillers consulaires - Mme Fabienne Blineau-Abiramia, M. Jean-Louis Mainguy, Mme Denise Devers-Haddad, M. Charles Kanaan et M. Ghassan Ayoub – qui apportent chaque jour la preuve de leur dévouement. Elus en mai 2014, les conseillers consulaires sont en relation pemanente avec notre consule générale, Mme Cécile Longé et son nouvel adjoint, M. Frédérick Schmutz. Nous l’apprécions beaucoup.

Je salue aussi les présidents des associations  : l’Union des Français de l’étranger, l’Association démocratique des Français de l’étranger, la Société française de bienfaisance, Beyrouth accueil, l’association pour le développement de l’amitié libano-française, les associations d’anciens combattants et celles qui regroupent les personnalités que nous avons nommées dans notre ordre nationaux. Les hommes d’affaires, les conseillers du commerce extérieur et les membres du MEREF, le directeur de l’Ecole supérieure des affaires sont aussi représentés ce soir. Merci.

Je salue enfin les responsables de nos écoles au Liban. Ensemble, ils participent à l’éducation de 55.000 enfants qui prendront demain le relais pour maintenir et enrichir ce que nous avons de plus précieux dans nos relations : la langue française, des valeurs communes, une manière de voir et de penser. Pour tout cela : merci mille fois.

Et mes salutations vont aussi à tous ceux qui sont présents dans la vie de notre communauté française, notamment pour ce qui concerne sa sécurité. Un mot donc à ce sujet : l’armée et les forces de sécurité libanaises font de leur mieux dans un contexte difficile. Mais des attentats ont eu lieu ces dernières années et la situation est volatile. Il nous faut donc être vigilant. Les consignes que l’ambassade a diffusées ces derniers mois restent donc entièrement valables : consultez les « conseils aux voyageurs » que nous actualisons régulièrement en lien avec le Ministère des affaires étrangères, respectez les restrictions que nous mettons aux déplacements dans les zones dites rouges, encouragez les Français nouvellement installés au Liban à s’inscrire au registre consulaire. Le Consulat général veille et fait un important travail d’anticipation pour que nous soyons parfaitement prêts en cas de crise grave. Sous l’autorité de Cécile Longé, il proposera de nouveaux exercices de simulation de crise, continuera de mettre à jour notre programme AGRAFE, qui permet de localiser les Français sur tout le territoire libanais, et poursuivra les rencontres consulaires qui conduisent ses agents auprès de nos compatriotes dans toutes les régions du Liban.

Monsieur le Président, Messieurs les Députés,
Mes chers compatriotes,

Voilà, tout cela pour dire que nous avons beaucoup à faire car les enjeux sont importants pour le Liban comme pour la France et pour les Français du Liban. Vous pouvez compter sur l’Ambassade, votre ambassade, et sur la mobilisation de l’ensemble de ses personnels français et libanais, pour accomplir ici de la meilleure façon possible les nombreuses missions qui leur sont confiées.

Je vous remercie de votre attention et suis heureux de passer la parole au président Poniatowski./.

Dernière modification : 10/02/2016

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