Programme CEDRE 9ème Séminaire sur l’état d’avancement des projets de recherche (Le 31 mai 2007)

Monsieur le Ministre,
Messieurs les Présidents et Recteurs,
Messieurs les Doyens et Directeurs,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité CEDRE,
Mesdames et Messieurs, mes chers Amis,

C’est pour moi un grand plaisir de célébrer à nouveau, à l’occasion de ce 9ème Séminaire sur l’état d’avancement des projets de recherche, la vitalité de la coopération scientifique, soutenue et féconde, qu’entretiennent la France et le Liban.

Ce séminaire, dont les autorités françaises et libanaises ont voulu qu’il soit maintenu, même sous un format restreint, en dépit des moments douloureux et des circonstances difficiles que traversent le Liban, prend en ce moment précis, un relief tout particulier. Et je souhaite saluer l’exemplaire détermination de ses organisateurs, qui se sont employés, comme à l’accoutumée, à préserver la haute exigence scientifique qui est la marque du Programme CEDRE.

Si, pour des raisons de sécurité évidentes, la délégation française initialement prévue, a été contrainte, contre sa volonté, de n’être pas présente parmi nous aujourd’hui, je vois dans le maintien de ce séminaire, envers et contre tout, une nouvelle marque de cette solidarité qui est au cœur de l’amitié franco-libanaise.

J’y vois surtout une nouvelle preuve de ce dynamisme, de cet appétit de vivre et d’entreprendre des forces vives du Liban, que rien ne saurait entraver, et qui fait, depuis toujours, la force de ce pays. En l’absence des membres de la délégation française, je souhaite donc avant tout saluer tous les participants libanais. Votre présence à tous, la qualité éminente de la communauté scientifique que vous représentez, témoigne de votre attachement collectif à ce programme, au succès duquel vous avez si largement contribué depuis dix ans.

Elle témoigne aussi, bientôt un an après le déclenchement de cette guerre cruelle, inutile et absurde de l’été 2006, combien l’intérêt et la solidarité de la France continuent de s’exercer, à tous les niveaux.

Enfin, elle témoigne combien est vif au Liban l’aspiration à un retour à la normale, alors que le pays, marqué par l’incertitude, soumis et résistant à la déstabilisation orchestrée, connaît l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente.
* * *

A cette même époque, il y un an jour pour jour, le Ministre français de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, M. Gilles de Robien, représentait la France, sur instruction du Président de la République, à l’occasion de la célébration marquant le dixième anniversaire du Programme CEDRE.

Cette visite, la première d’un Ministre français après plus de trois ans, fût un témoignage majeur de l’engagement de mon pays et de la volonté du Gouvernement français, d’inscrire CEDRE dans la durée, et de poursuivre le travail engagé sur la voie des succès déjà concrétisés.

Cette détermination de la partie française reçut en écho un accueil fraternel et enthousiaste du Gouvernement libanais, exprimé avec enthousiasme par vous même, Monsieur le Ministre, et par le Premier Ministre M. Fouad Siniora, qui avait réaffirmé l’importance fondamentale que représentait le développement de la recherche et de l’innovation pour l’avenir du Liban, réitérant également la confiance et la haute considération qu’il portait à CEDRE.

Dans ce contexte de confiance et d’amitié mutuelles, le bilan tiré à l’occasion de cet anniversaire, fut à la hauteur de l’événement. En dix ans, le Programme CEDRE a réalisé tous ses objectifs, et même au-delà. Qu’on en juge :
- il a permis, depuis sa création, d’accompagner et de structurer par la coopération la renaissance de l’appareil de recherche du Liban ;
-  il a contribué à façonner l’émergence d’une véritable communauté de chercheurs et de jeunes équipes de recherche disséminées dans les différentes universités du Liban, partageant collectivement une même exigence, celle de l’excellence scientifique ;
-  enfin, il a permis de consolider, par le transfert de technologie, le remarquable niveau du système d’enseignement supérieur libanais, notamment à travers la création d’écoles doctorales, pierres angulaires entre la coopération scientifique et la coopération universitaire.

Ces résultats sont tangibles et parfaitement mesurables. Au terme de dix appels d’offres, et d’un engagement commun global dépassant 4 millions d’euros, plus de 160 projets de recherches ont vu le jour. C’est considérable. Venant en complément de l’effort public libanais, le Programme CEDRE s’est progressivement imposé comme l’instrument exemplaire de la coopération scientifique, comme un véritable socle des échanges bilatéraux, comme un véritable ballon d’oxygène pour les jeunes équipes de recherche du Liban tournées vers l’horizon des laboratoires extérieurs.

Au fil des ans et des projets, le Programme a su évoluer tant dans son principe que dans ses modalités. A l’objectif de solidarité, qui présida aux premières années, a succédé une coopération scientifique plus classique, fondée sur un objectif d’excellence, associant le plus souvent désormais des équipes à compétences sensiblement équivalentes. C’est aujourd’hui un instrument de soutien à des projets de recherche scientifique de très haut niveau, menés dans un partenariat mutuellement profitable. C’est, collectivement pour nous, un motif de grande satisfaction, et de fierté pour ce chemin accompli.

Depuis plusieurs années maintenant, la France est devenue, et de loin, le premier partenaire scientifique du Liban. Le Programme CEDRE aura su créer des liens durables entre nos deux communautés scientifiques, ferments de la vitalité future de notre coopération.
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Pour autant, le bilan tiré l’an dernier avait fait apparaître un certain nombre de points à améliorer et une réforme s’imposait pour rechercher un nouveau souffle. Car victime de son succès, le Programme avait vu sa sélectivité atteindre un niveau trop élevé. Aux appels d’offres annuels ont répondu un nombre sans cesse croissant de projets, avoisinant une soixantaine en 2004 comme en 2005 et 2006. Certains très bons projets ont fait les frais de cette trop grande popularité du Programme.

Il fallait donc réagir. C’est pourquoi, au lendemain de la guerre de juillet, le Comité mixte franco-libanais s’est réuni à Paris afin de débattre sur l’économie générale du Programme et de proposer des solutions. Au terme de ces échanges, il fut décidé d’initier une réforme en profondeur de CEDRE, amorce d’une nouvelle étape de notre coopération scientifique.

CEDRE II, tout en maintenant l’esprit et les principes qui ont contribué à la réussite du Programme depuis dix ans, se caractérise par quelques inflexions majeures :

1/ Il vise à restaurer un niveau de sélectivité convenable tout en préservant une bonne attractivité. C’est ainsi que le Comité a souhaité resserrer le nombre de thèmes d’attention prioritaire, en tenant compte notamment des priorités de développement économique et social formulées par le Gouvernement Libanais au sortir du conflit de l’été 2006. Nous avons été réactifs en inscrivant dans les priorités des thèmes très précis dont l’étude avait été rendue urgente dans le contexte post-conflit, que cela soit dans le domaine de la santé (Pathologies liées au stress post-traumatique ; Pathologies liées à l’exposition à l’environnement), dans le domaine de l’environnement (Conséquences écologiques des pollutions aux hydrocarbures ; Gestion des déchets ; Pollution des sols) ou encore, en sciences sociales, en refondant totalement, et dans le même esprit, les thématiques d’attention prioritaire.

2/ Deuxième inflexion, la réduction de la durée des projets, désormais fixée à deux années non renouvelables, sans exclure toutefois la possibilité pour une équipe de se porter à nouveau immédiatement candidate Cette réforme permettra d’assurer une exigence convergente entre projets nouveaux et renouvelés, et réduira mécaniquement la sélectivité. Elle donne aussi à CEDRE II un caractère résolument plus nerveux, et plus conforme aux exigences de la pratique scientifique internationale.

3/ Enfin, de nouvelles modalités d’évaluation et de suivi, avec l’exigence de remise d’un rapport d’avancement, incluant un bilan financier au terme de la première année, viennent compléter ces évolutions.

Au travers de ces réformes, les grands principes du programme ont été préservés et raffermis. L’objectif primordial de consolidation des capacités scientifiques libanaises est renforcé, avec une insistance particulière sur la présence de jeunes chercheurs au sein des projets, condition désormais absolument impérative. CEDRE II se caractérise enfin par une volonté d’ouverture et de transversalité, en valorisant la mise en œuvre de projets multidisciplinaires, et en encourageant les partenariats avec le secteur productif.

Doté d’une nouvelle équipe côté français, comme l’a rappelé le Président du Comité, CEDRE II s’inscrit dans la durée, et peut prétendre à répondre de manière dynamique et adaptée, aux grands enjeux d’une recherche moderne et exigeante. Il bénéficiera pour cette ambition d’un engagement de financement maintenu, témoignant à la fois de l’attachement des partenaires à l’approfondissement de notre coopération scientifique, et d’un regain de confiance en l’avenir, malgré un présent qui sans doute n’a jamais été aussi incertain.

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Nous croyons au Liban et à sa spécificité, qui passe aussi par son niveau d’éducation remarquablement élevé. Nous gardons confiance dans l’avenir à long terme de ce pays, dans son génie, dans sa capacité à générer de nouveaux talents et à produire le meilleur.

L’une des richesses, l’un des talents les plus éclatants du Liban, réside dans la qualité éminente de son système universitaire, dont le niveau soutenu a de tout temps forcé l’estime et la considération. Cette richesse du Liban doit être préservée, pour la jeunesse, pour l’intérêt général, pour le rayonnement de votre pays, pour sa force et sa spécificité dans cette région du monde. Car la recherche scientifique, et elle seule, donne à long terme sa légitimité à l’université en tant que lieu autorisé de diffusion du savoir. Votre système universitaire est le creuset des futures élites. Il est porteur du développement et du rayonnement du pays. Il est, lui aussi, porteur des espoirs de la jeunesse. Il est, aux yeux du monde, la manifestation du génie de votre pays.

Sachez pouvoir compter sur la France et sur notre coopération pour maintenir, ensemble et de concert, sa remarquable qualité, à laquelle nous sommes tous très attachés.

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Je conclurai en adressant mes remerciements très chaleureux au Comité CEDRE, dont le dévouement à la cause de notre coopération est, depuis le début de ses travaux, resté marqué par cet esprit de partenariat et d’amitié qui fonde la relation franco-libanaise.

Je souhaite longue vie au programme CEDRE.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 08/07/2007

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