Question 1 : Cote d’Ivoire absence de mobilisation française
Action politique
La France s’est mobilisée dès après l’élection pour que la volonté des électeurs ivoiriens soit respectée. Dès l’annonce du résultat des élections en novembre, la France a appelé au respect d’une transition démocratique. Elle s’est mobilisée au sein de l’UE pour imposer des interdictions de visa à certains proches de l’ancien Président. La France et le Nigéria ont été ensemble à l’initiative de la résolution 1975 adoptée à l’unanimité le 31 mars qui exige clairement que la volonté du peuple ivoirien soit respectée et appelle instamment Laurent Gbagbo à reconnaitre pleinement Alassane Ouattara comme président légitimement élu de Côte d’Ivoire. Son élection a d’ailleurs été reconnue par l’ensemble de la communauté internationale à commencer par les pays africains au travers des positions constamment exprimées par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest et par l’Union africaine.
Aide humanitaire
Afin de répondre aux besoins de la population ivoirienne et face à l’accroissement du nombre de déplacés intérieurs et de réfugiés, la France a décidé d’apporter une aide humanitaire d’urgence. Un million alloué au PAM en Côte d’Ivoire, 500 000 euros au Pam au Libéria , 400 000 euros pour les réfugiés ivoiriens au Liberia, 300 000 euros à la Croix rouge et à Caritas pour leur action en Cote d’Ivoire. La contribution française totale s’élève donc à 2,5 millions d’euros. Des subventions supplémentaires à d’autres ONG pourraient intervenir rapidement, en fonction de l’évolution de la situation.
Assistance aux ressortissants étrangers
Enfin la France avec la Force Licorne a assurré la protection de plusieurs milliers de personnes, dont plus de 600 Libanais. Je crois que les premiers Libanais qui sont arrivés à l’aéroport de Beyrouth ce matin ont remercié les troupes françaises poru les efforts qu’elles ont déployés.
Question 2 sur les plaintes des Libanais
La Force Licorne, en fonction de ses moyens, a porté assistance à tous les étrangers. Sur les 1800 personnes réfugiées au camp de Port Bouet, plus de 800 était des Français et plus de 400 étaient des Libanais. Certaines personnes n’ont pu accéder dans la nuit de dimanche à lundi au camp de Port Bouet car il avait atteint le maximum de ses capacités, c’est poutt cela que nous avons ouvert deux autres points de regroupement.
Question 3 (différend franco-libanais sur Ouattara et assistance aux étrangers)
L’assistance aux populations civiles est un devoir. La Force Licorne a protégé des Français, des Libanais, mais aussi des Européens, des Japonais, des Gabonais, des Marocains et d’autres nationalités, sans distinction. Il s’agissait de protéger des populations civiles qui pouvaient se sentir menacées alors que la situation sécuritaire. Les questions politiques n’entrent pas en ligne de compte et comme je l’ai déjà dit, les Libanais représentent la première communauté après les Français qui a été protégée par la force licorne.
Question 4 : concurrence franco-américaine en Afrique de l’Ouest
La France et les pays de l’Afrique de l’Ouest entretiennent des liens très privilégiés, mais l’époque du pré carré africian est révolue. Au-delà des USA, très impliqués dans les questions de sécurité , d’autres Etats et principalement la Chine sont très actifs en Afrique de l’Ouest, à la recherche de nouveaux marchés.
Question 5 : l’intervention en Libye ne contredit-elle pas la position frnaçaise sur les evts en Tunisie et en Egypte ?
Il y a une grande différence entre ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie et ce qui se passe en Libye. Dans les deux premiers pays, les manifestations populaires n’ont pas été réprimées par l’armée qui s’est positionnée en tant que garante des institutions et a facilité une transition. En Libye, le colonel Qaddafi a envoyé son armée réprimer des populations civiles. Il était inacceptable de laisser ces populations civiles sans protection. L’objectif de l’intervention de la coalition est de mettre les forces du Colonel Qaddafi hors d’état de réprimer la population libyenne.
Question 6 Syrie : lecture française et impact sur la région
Nous avons condamné les violences qui ont fait des dizaine de morts à Douma, Deraa, lattaquié et Erbin. Elle exprime sa sympathie aux victimes et à leurs familles. Elle déplore la poursuite des arrestations. Nous souhaitons que les autorités syriennes à mettre en œuvre sans tarder un programme de réformes répondant aux aspirations de la population.
Plusieurs comités ont été mis en place à la suite du discours prononcé par le président Bachar al-Assad devant le Parlement syrien. Nous attendons que leurs travaux permettent d’avancer rapidement vers une levée effective de l’état d’urgence. Nous espérons que le gouvernement que formera le nouveau Premier ministre engagera une politique de réformes ambitieuses.
La France appelle une nouvelle fois à la remise en liberté de toutes les autres personnes emprisonnées pour avoir participé aux manifestations, en raison de leurs opinions et de leurs actions en faveur de la défense des droits de l’Homme.
Il est trop tôt pour dire quel peut être l’impact des événements en Syrie sur la situation régionale. En tout état de cause, les peuples arabes montrent une aspiration au changement, qui doit être prise en compte par les autorités de la région.
Question 7 Chaos constructif
Je ne crois pas que l’on puisse voir la main d’une puissance étrangère, les USA en particulier, derrière ce qui se passe dans la région. Les peuples arabes ont de fortes aspirations au changement, à la dignité, à la démocratie. Ces aspirations sont légitimes. Les gouvernements doivent entendre les appels de leurs populations.
Question 8 formation du gvt libanais
Former un gvt au Liban n’est jamais chose aisée. M. Hariri avait mis cinq mois à former son gvt.
M. Mikati est une personnalité respectable et respectée. Il tient à ses principes et à ce que les engagements du Liban soient respectés. Nous espérons qu’un gvt puisse être bientôt formé pour mettre en œuvre les réformes que les Libanais attendent, dans le domaine des télécommunications, de l’eau ou de l’électtricité par exemple.
Question 9 conseil aux voyageurs
Nous ne déconseillons pas aux touristes français de se rendre au Liban. Le Liban a de nombreux attraits. En revanche, nous incitons les touristes à faire preuve de prudence et de responsabilité.
