Messe aux intentions de la France à l’archevêché grec melkite catholique de Beyrouth et Jbeil - 12 juin 2016

A l’occasion de la messe célébrée aux intentions de la France par Monseigneur Boustros à l’archevêché grec melkite catholique de Beyrouth et Jbeil le 12 juin 2016, l’Ambassadeur de France au Liban, M. Emmanuel Bonne, a prononcé l’allocution suivante lors du vin d’honneur qui a suivi :

"Monseigneur, je voudrais vous remercier de cette messe et de vos intentions pour la France. Je suis l’ambassadeur d’une France laïque et républicaine qui apprécie vos prières parce que la France mesure à travers vos propos, à travers votre engagement dans cette amitié, qu’elle a des amis qui lui sont fidèles et à qui elle veut être fidèle. Cette messe est pour moi l’occasion de rendre hommage à la communauté grecque-catholique, qui est une communauté ancienne, dont l’histoire depuis Chalcédoine nous dit beaucoup de ce qui vous est cher ici, c’est-à-dire la pluralité dans cette région. Cette histoire depuis Chalcédoine s’est enrichie de votre proximité avec nous autres Latins, Européens, Français. Si le pape Grégoire XIII a souhaité interdire la latinisation a travers la dignité des églises orientales, c’est pour une bonne raison : c’est que cette diversité, les chrétiens d’Orient la représentent mieux que d’autres dans ces temps difficiles. C’est pourquoi nous voulons être a vos côtés.

L’église grecque-catholique pratique son culte à Paris dans la plus vieille église de la capitale, Saint-Julien-le-Pauvre, et cela nous en dit long sur la proximité qui nous unie France et Liban, mais aussi chrétiens et Français, grecs-catholiques et Français. Votre communauté a fourni de grandes figures au Liban et au Moyen-Orient. Là encore, dans l’engagement des grecs-catholiques au sein des autorités religieuses, des autorités civiles, des grandes personnalités, on voit exactement ce que vous avez souligné : votre engagement pour la pluralité, pour la tolérance. Contrairement à ce que certains croient, il ne s’agit pas de sauver les minorités dans cette région, il s’agit de faire vivre le pluralisme et la démocratie comme la Constitution libanaise le dit, comme votre présence et vos mots Monseigneur en attestent. Par ailleurs, c’est une belle occasion de souligner l’amitié entre la France et le Liban. C’est aussi une question d’affinité et de culture, une manière de voir le monde et de réfléchir. Je vous remercie de l’avoir si bien dit en français Monseigneur parce que cette francophonie vivante au Moyen-Orient nous vous la devons, à vous et à bien d’autres. La France, qui est l’amie de tous les Libanais, qui veut parler à tout le monde et travailler avec toutes les communautés libanaises, avec le Liban dans toute sa diversité, sait qu’elle a besoin de gens comme vous qui savent que la francophonie n’est pas une nostalgie. C’est quelque-chose qui nous rapproche, qui nous permet de réfléchir ensemble, d’agir ensemble, et cela nous y sommes extrêmement attachés.

Pour toutes ces raisons, la France veut vous êtes fidèle, veut être à vos côtés, veut continuer d’agir pour le Liban, parce que ce Liban dont on a tellement parlé, dont on a tellement discuté, est aujourd’hui un exemple malgré tous ses problèmes, un exemple de diversité et de pluralité. Cette frontière du Liban qui fait tellement débat est aujourd’hui la frontière de la liberté. Cette liberté, ce sont des communautés comme la vôtre, des personnalités telles que vous Monseigneur, qui la font vivre. Pour tout cela, je veux vous dire merci."

Dernière modification : 29/06/2016

Haut de page