Lancement du Mois de la Francophonie 2016

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Retrouvez l’allocution de l’ambassadeur lors de l’inauguration du mois de la Francophonie qui a eu lieu le 26 février 2016 à l’Institut français :

Monsieur le Ministre,
Monseigneur le Nonce apostolique,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames les Ambassadrices,
Mesdames, Messieurs, chers amis francophones, chers amis de la Francophonie,

C’est avec une grande joie que j’ouvre pour ma part pour la première fois ce Mois de la Francophonie à Beyrouth. C’est la 10e fois que l’Institut français nous offre ici un mois complet de manifestations culturelles et de rencontres autour de notre langue. Un mois complet pour la Francophonie, il n’y a qu’au Liban que c’est possible, et nous en remercions nous amis libanais.

Ce Mois de la Francophonie nous le plaçons sous le haut patronage d’une grande figure de notre Francophonie, M. Boutros Boutros Ghali, décédé récemment. Ancien secrétaire général des Nations unies, ancien secrétaire général de la Francophonie dont l’œuvre au service de la compréhension entre les peuples nous laisse un héritage solide, un héritage exemplaire des bases francophones sur lesquelles nous voulons continuer de bâtir notre maison commune. Et comme cet ardent artisan de la paix le disait, nous voulons insister sur trois dimensions de notre patrimoine commun. D’abord notre langue française, ensuite les valeurs qu’elle porte et enfin la communauté des hommes et des femmes qu’ensemble nous constituons.

1. D’abord la langue. Parce que la Francophonie est d’abord une communauté fondée sur le partage de ces mots de notre langue française.

Notre langue, c’est un vecteur, une passerelle qui nous permet de nous exprimer bien sûr, mais aussi de nous comprendre, de construire cette belle identité à la fois singulière et plurielle qui est la nôtre.

Notre usage plastique de la langue est merveilleusement illustré sans doute ici à Beyrouth dans la manière dont l’arabe et le français se fécondent. Expérience riche de la diversité dont nous faisons l’expérience ici au Liban, mais aussi en France, à Paris et ailleurs. Ces échanges entre nos langues et nos cultures sont séculiers, vivants, vivaces, novateurs et portés par les nouveaux usages des nouvelles générations.

Cette langue française n’appartient d’ailleurs à personne et comme le dit joliment un écrivain mauritanien M’Bareck Ould Beyrouk : « Le français est un butin que nous avons razzié, et j’ai dressé autour de ce butin une tente où j’abrite mon imaginaire ».

Cet imaginaire c’est ce que ce Mois de la Francophonie nous invite à découvrir, à explorer, au travers cette année d’un thème particulier qui est celui de la musicalité de notre langue. La musique de notre langue ce sont ses rythmes, ce sont ses sonorités, et je vous souhaite ce soir de vous laisser gagner par cette grâce qui est celle de l’Orient florissant, tourmenté aussi des destins des grandes divas, des grands divis de la culture arabe que Lamia Ziadé a magnifiquement mis en scène dans son livre « Ô nuit, ô mes yeux » et que Clotilde Courau mettra ce soir en parole sur la musique de Ziad al Ahmadié.

2. Des valeurs ensuite, c’est la deuxième idée que nous voulons partager ce soir. La Francophonie nous rassemble parce que nous sommes convaincus tous ensemble que seuls le respect et la reconnaissance de nos identités plurielles, diverses, garantissent la paix et l’épanouissement des individus.

Là encore l’œuvre de M. Boutros Boutros Ghali incarne remarquablement ce lien entre la langue française et l’aspiration à l’universel. Au service de son pays l’Egypte, mais aussi de la communauté internationale, au service de la paix au Proche-Orient, il s’est attaché à construire l’entente entre les peuples, fondée sans doute sur ce que nous avons de plus cher, ce que nous devons avoir en partage, c’est-à-dire le respect des uns des autres, le respect des cultures, le respect de notre rôle chacun dans la communauté internationale.

Alors que les déchirements régionaux exacerbent la violence et le rejet de l’autre ici et ailleurs, la Francophonie s’oppose à la fragmentation. Elle incarne une unité plurielle, faite d’attention portée à chacun, aux influences culturelles, aux richesses linguistiques et religieuses, dont l’entrelacement constitue certainement la richesse de cette région mais la richesse du monde aussi.

D’ailleurs la seconde édition libanaise du concours « Dis-moi dix mots » met cette année encore à l’honneur les différents territoires de la francophonie. Comme le disait M. Boutros Boutros Ghali : « On peut respecter les minorités, comprendre les particularismes, accepter la diversité sans pour autant céder à l’émiettement et au fractionnisme ».

La Francophonie est l’occasion de faire de la langue française un lieu de curiosité, de découverte et d’étonnement. Permettez-moi de faire mienne cette ambition francophone qui est celle d’une grande auteure libanaise de Vénus Khoury Ghata : « Mon rêve c’est d’écrire le français de droite à gauche, avec l’accent arabe et inversement ». Se saisir de la langue française, continuer d’en faire cet outil vivant « au sein duquel chacune de nos cultures se reconnaîtra en naissant à l’universel », comme le disait Sedar Senghor. Voilà notre projet, voilà notre ambition, et nous devons la porter ensemble.

3. Ensemble, parce que c’est notre troisième idée ce soir. Nous sommes des femmes et des hommes dont les vies continuent de constituer une communauté de destin, à la fois vivante mais surtout tournée vers l’avenir.

La Francophonie n’est pas une nostalgie, la Francophonie n’est pas seulement un patrimoine, la Francophonie est un outil utile pour demain. Et notre communauté francophone résolument tournée vers l’avenir travaille aussi à relever les défis et à saisir les opportunités du monde d’aujourd’hui.

La programmation de ce mois accorde d’ailleurs une place toute particulière au jeune public, dont nous espérons mobiliser à la fois l’attention, mais aussi susciter l’imagination avec un concours de dessin « Dessine-moi la Francophonie ». Nous avons également souhaité donner toute sa place à la création, en accueillant une équipe de musiciens en résidence au Théâtre Montaigne.

Ce Mois de la Francophonie est une production collective de tous ceux qui sont convaincus de la pertinence de nos projets communs. Je remercie encore le ministre de la Culture dont je sais l’attachement à notre culture commune, à notre langue, dont je mesure tous les jours l’engagement au service de notre cause.

Je remercie l’Agence universitaire de la Francophonie et l’équipe de l’Institut français pour la préparation de ces événements. Je salue enfin la mobilisation des ambassades francophones pour animer ce mois.

Je remercie encore nos partenaires, en particulier la SGBL et Air France qui est un partenaire historique. Parce que le français, c’est aussi une dynamique économique, puisque ce sont aussi des partenaires qui font des projets d’affaires ensemble, il est important que vous, banquiers, compagnies aériennes, entreprises soyez à nos côtés. Je remercie enfin les partenaires medias de cet événement, en particulier L’Orient-Le Jour qui contribue au quotidien à faire du français un instrument utile d’échange et d’information. Dans tous les domaines, artistiques, éducatifs, économiques, la Francophonie a pour vocation de fédérer les initiatives de sociétés qui sont à la fois en mouvement et dynamiques, volontaires pour travailler ensemble. C’est donc une belle œuvre que nous avons à construire ensemble, c’est une belle œuvre qui fait de nous des francophones heureux et ambitieux. Je cède sur ces mots, sur cette ambition et sur ce bonheur de parler la même langue, la parole au Ministre de la Culture M. Rony Araygi, en vous remerciant tous d’être là ce soir pour fêter la langue française et pour célébrer ensemble l’amitié qui nous lie à travers la culture. Merci à tous./

Dernière modification : 03/03/2016

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