La Résidence des Pins

Les origines

Le 5 décembre 1915 Alfred Moussa Sursock loue à la municipalité de Beyrouth, pour 40 ans, une forêt de 600 000 m² (El Horch), laissée à l’abandon. Cette pinède fut probablement exploitée dès l’époque phénicienne pour la construction navale et certainement par les Croisés pour réparer leurs bateaux. L’intention de M. Sursock était de créer un casino, pour lequel il constitua la "Société du Casino-Club Ottoman".

La construction du "Qasr Es-Sanawbar" (le Palais des Pins) commença en 1916 et fut supervisée par l’architecte de la famille Sursock : M. Bahjat Abdel Nour. En raison de la guerre, le bâtiment n’a jamais servi de casino, mais a été utilisé comme hôpital, puis comme cercle militaire.

Le temps du mandat

Après la première guerre mondiale l’Empire ottoman est démantelé et le Liban passe sous mandat français. M. François Georges-Picot, conseiller des Affaires étrangères, est nommé Commissaire des Territoires ottomans de Palestine et de Syrie. Il s’installe en octobre 1918 au cercle "Azmy Bey" rebaptisé "Résidence des Pins", Le 21 novembre 1919, le Général Gouraud, Haut-Commissaire de France, débarque à Beyrouth et pose les premiers jalons de l’acquisition des immeubles de la Résidence des Pins, à l’installation encore rudimentaire. Il s’inspire de la Résidence de Lyautey à Rabat pour l’aménager

C’est sur le perron de la Résidence qu’il proclame le Grand Liban, le 1er septembre 1920, comme le commémore une plaque placée à gauche de la monumentale porte d’entrée.

Par une Convention du 28 septembre 1921, la famille Sursock céda, contre 1 850 000 FF, ses droits à l’Etat français, qui devint propriétaire des bâtiments et locataire de la Municipalité pour le sol. Une barrière de bois séparait alors la Résidence de l’hippodrome.

Les hauts commissaires qui s’y succédèrent furent successivement les généraux Weygand (1923), et Sarail (1924), MM. Henry de Jouvenel (1925), Henri Ponsot (1926), Damien de Martel (1933), Gabriel Puaux (1939), et les généraux Catroux (1941) et Beynet. Le Commandant Charles de Gaulle habita Achrafieh pendant son premier séjour à Beyrouth (1929-1932). Mais il logea à la Résidence des Pins lorsqu’il revint au Liban comme Chef de la France libre, en juillet 1941 et août 1942.

Avec le temps, le bâtiment changea d’aspect, grâce à l’aménagement du salon Ottoman, du Salon de la Musique, au prolongement de la façade au nord et au sud (1928), à la transformation des salles nord du rez-de-chaussée (actuels Grand Salon et Salle à manger) (1931), à la création de l’atrium à l’étage (1932)

La résidence des Ambassadeurs

Après l’indépendance du Liban, la Résidence des Pins devint celle des Ambassadeurs de France. S’y succédèrent, de 1946 à 1974, MM. Armand de Blanquet du Chayla, Georges Balaÿ, Louis Roche, Robert de Boisséson, Pierre-Louis Falaize, Pierre Millet, Bernard Dufournier, Michel Fontaine et Hubert Argod.

A l’expiration du bail, en 1964, des négociations furent entamées pour que la France acquière ces lieux chargés de symboles. Elles n’aboutiront qu’en 1972 et l’accord fut signé le 7 octobre entre Chafic Abou Haïdar, administrateur du Mohafazat de Beyrouth et l’Ambassadeur Michel Fontaine.

Puis vint le temps de la guerre du Liban. M. Argod fut obligé d’évacuer les lieux, en mai 1975, pour y revenir fin 1976, puis partir de nouveau de juillet à septembre 1978, lorsqu’elle fut occupée par des milices armées. Il s’y réinstalla fin 1978 jusqu’à l’arrivée de son successeur, M. Louis Delamare, en 1979. Ce dernier, qui y résida en famille, fut assassiné le 4 septembre 1981.

M. Paul-Marc Henry l’habita encore, jusqu’aux premiers bombardements israéliens de 1982. Située sur la ligne de front, la Résidence des Pins servit successivement d’hôpital de campagne de l’armée française puis de quartier général des observateurs internationaux. Après un ultime déménagement le 4 février 1984, sa garde fut confiée aux forces de sécurité de la République libanaise, à partir du 8 avril 1986.

La paix revenue, la France récupéra cet immeuble très endommagé par les combats et les pillages. Sa sécurité fut assurée par la gendarmerie française du 25 mai 1991 jusqu’en février 1995.

La décision de réhabiliter la Résidence et de regrouper tous les services de l’Ambassade à proximité fut prise durant la mission de l’Ambassadeur Jean-Pierre Lafon, arrivé en mai 1994. Lancés par le Président Chirac lors de sa visite officielle au Liban en avril 1996, les travaux supervisés par l’Ambassadeur Daniel Jouanneau, s’achevèrent en mai 1998 par l’inauguration et la réouverture de la Résidence des Ambassadeurs de France au Liban, présidée par le Président Chirac, le samedi 30 mai 1998./.

Dernière modification : 26/01/2016

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