La Coopération française au Liban (hors Agence française de développement)

Dernière actualisation : Janvier 2009

En matière de coopération, le Liban constitue un engagement fort pour la France dans la région et, même si l’enveloppe 2009 de coopération est en nette diminution comme dans la plupart des autres postes du monde, elle reste significative puisque c’est un total – hors personnel - de plus de 10 MEuros qui sera dégagé pour 2009 (3 Meuros pour la programmation bilatérale ; 0,5 Meuros pour l’enseignement francophone dans les camps palestiniens ; 1,5 Meuros pour les Fonds de solidarité prioritaire ; 3 Meuros pour l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ; 1 Meuros en crédits Paris pour les ONG et la coopération décentralisée ; 1,5 Meuros pour les Jeux de la francophonie 2009).

Un document-cadre de partenariat (DCP) reprenant les principales orientations de notre coopération pour les 5 années à venir a été signé le 20 novembre 2008 à l’occasion de la visite au Liban du Premier Ministre François FILLON.

En dehors des 3 secteurs de concentration privilégiés par l’AFD (soutien au secteur productif, développement des infrastructures et eau), deux axes majeurs d’intervention ont été retenus à cette occasion :

1. L’appui à la francophonie dans le cadre d’une économie de la connaissance et de la culture


1.1. La consolidation du dispositif d’établissements à programme français (AEFE) :

Le réseau des établissements à programme français constitue le principal vivier de francophonie au Liban et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) y consacre un budget annuel d’environ 3 Meuros, destiné notamment au financement d’enseignants français expatriés ou résidents, mais incluant également un important programme de bourses. 6 établissements conventionnés (dont 4 gérés par la Mission laïque française : Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, Lycée Verdun, Lycée franco-libanais de Tripoli, Lycée de Nahr Ibrahim , auxquels s’ajoute le Lycée Abdel Kader – co-géré avec la Fondation Hariri - et le Collège protestant) et 27 établissements homologués constituent ce réseau qui rassemble 45.000 élèves au total (dont 80 % de Libanais), soit 7 % de l’ensemble de la population scolarisée. Chaque année, sur 10 000 bacheliers dans le monde au titre des établissements de l’AEFE et de l’enseignement de système français, près de 1 700 sont libanais. En 2009, la Mission laïque française fêtera le centenaire de sa présence au Liban.

1.2. Un soutien accru à la diffusion de la langue française en tant que langue d’enseignement dans le système éducatif libanais, du préscolaire à l’enseignement supérieur :

L’objectif de ce poste est de consolider la place dans le système éducatif libanais à la fois par la certification du niveau de compétence linguistique des enseignants et par le renforcement de la qualité pédagogique des ensignements dispensés.

Le système éducatif libanais est structurellement bilingue (soit francophone, soit anglophone), 600 000 élèves sur 900 000 étant scolarisés dans des écoles francophones publiques et privées, au sein desquelles l’enseignement des mathématiques et des sciences est assuré en français. A un moment où la scolarisation en anglais tend à progresser, l’objectif du poste est de maintenir et si possible de développer l’attractivité des écoles privées et publiques francophones à travers un programme diversifié incluant : · le renforcement des compétences linguistiques des enseignants de français et en français (mathématiques et sciences) : parallèlement aux actions développées dans le secteur privé, un accord a été signé avec le Ministère de l’éducation en juillet 2007 pour permettre une évaluation nationale des compétences linguistiques des enseignants de français et de sciences du secteur public et de proposer des sessions de formation débouchant sur des certifications (DELF-DALF) · la consolidation d’un réseau public de formateurs de formateurs : un FSP d’un montant de 1,9 meuros sur 3 ans (dont la gestion a été transférée à l’AFD à compter de la fin 2005) s’est achevé en 2007, qui a permis de former 200 personnes-ressources francophones et de créer un réseau de 9 centres de formation à travers tout le pays. · l’organisation chaque année d’une centaine de stages pédagogiques encadrés par des formateurs français · l’amélioration de la formation initiale des futurs enseignants au sein des universités : c’est ainsi qu’à partir de septembre 2005, a été mis en place un ’’programme d’appui à la rénovation de l’enseignement du français et en français’’ (FSP de 3,2 M d’Euros) au sein de l’Université Libanaise, seule institution publique d’enseignement supérieur avec près de 80.000 étudiants.

1.3. Le soutien aux partenariats universitaires francophones :

A l’issue d’un séminaire universitaire franco-libanais organisé à Beyrouth fin 2008 et visant à redéfinir notre stratégie dans ce domaine de coopération, il a été décidé :
de mettre au point une structure permanente de concertation universitaire franco-libanaise,
de lancer un « programme d’appui à la formation et au partage des compétences des enseignants » destiné, plutôt que de multiplier la venue d’enseignants français invités, à former de jeunes doctorants libanais et à perfectionner les enseignants de faculté déjà en poste, de manière à renforcer durablement l’offre universitaire libanaise francophone,
de développer notre coopération dans les domaines des nouvelles technologies et de l’enseignement à distance.

Cette relance prendra appui sur les partenariats de haut niveau développés par les filières d’excellence des grandes universités libanaises francophones (Université Saint-Joseph, Université Libanaise, Université Saint-Esprit de Kaslik…) avec les meilleurs établissements français, ainsi que le travail de réflexion mené en commun sur le basculement des universités libanaises dans le système européen d’architectures universitaires (système LMD).

Un soutien particulier sera apporté aux initiatives visant le développement de projets associant plusieurs universités libanaises, en partenariat avec les établissements français, et visant à la constitution à terme de réseaux disciplinaires. De manière générale, la mise en œuvre de cette coopération se fait en étroite concertation avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), dont le bureau régional est situé à Beyrouth, et avec qui est notamment engagée une réflexion sur le développement des filières francophones.

L’Ecole Supérieure des Affaires de Beyrouth (ESA), fruit d’une coopération inter-gouvernementale franco-libanaise, constitue depuis 1996 un pôle important de la coopération universitaire franco-libanaise. Elle propose au niveau des deuxième et troisième cycles des formations initiales et permanentes de haut niveau, notamment en gestion, finances et marketing.

Enfin, pour ceux des étudiants libanais qui souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger, cette Ambassade s’efforce de les orienter de manière privilégiée vers la France, qui, avec plus de 5 000 étudiants inscrits (effectif en constante augmentation), constitue déjà le premier pays d’accueil des étudiants libanais à l’étranger. Ces étudiants sont à 60 % inscrits en 3ème cycle. 28 % d’entre eux sont inscrits en sciences fondamentales et appliquées, 23 % dans les disciplines médicales et plus de 600 étudiants libanais sont inscrits dans les Grandes Ecoles (dont près de 300 en école d’ingénieurs et un peu plus de 200 en école de gestion et de management). L’Ambassade accompagne activement ce mouvement et a créé en 2008 un Espace CampusFrance destiné à mieux aider les étudiants à préparer la poursuite de leurs études en France.

1.4. L’appui à la constitution de réseaux scientifiques :

Parallèlement, notre coopération s’efforce de soutenir l’appareil de recherche libanais à travers un appui direct à de grandes institutions comme le Centre National de la Recherche Scientifique du Liban ou l’Institut de Recherche Agronomique du Liban, mais surtout, en développant un ambitieux programme de soutien aux projets de recherche scientifique intitulé CEDRE. L’excellent niveau des projets proposés dans des domaines aussi variés que les technologies ou la médecine démontre la qualité de la recherche libanaise et l’importance de ce dispositif de soutien.

Ce poste s’appuie aussi sur la plate-forme d’échanges que constitue l’Institut français du Proche-Orient (IFPO), dont le déparrtement contemproain est localisé à Beyrouth.

1.5. La promotion d’un environnement culturel francophone dynamique :

Cette promotion se fait au travers :

- du développement des activités de la Mission culturelle française au Liban et de son réseau de 9 CCF à travers tout le pays (Beyrouth, Jounieh, Tripoli, Deir El Qamar, Zahle, Baalbeck, Saïda, Nabatieh et Tyr) : diffusion des productions artistiques et audiovisuelles françaises et rendez-vous culturels réguliers ; aide à la création locale francophone ; appui aux formations artistiques des opérateurs culturels et artistes locaux, à la professionnalisation des structures locales et à leur mise en réseau avec des professionnels français et aide à la production de spectacles libanais francophones ; soutien au débat d’idées en français, à la filière « théâtre », porteuse de francophonie, actions ciblées en direction de la jeunesse (diffusion de nouvelles formes artistiques) ; programme de traduction Georges Schéhadé ; soutien à radio Liban (radio publique francophone)

- de l’animation du réseau des 80 bibliothèques partiellement francophones développées dans le cadre du programme d’action de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et du Fonds de solidarité prioritaire (FSP) 2006/2008 dédié à la lecture publique et au soutien de l’édition jeunesse au Liban (1,5 Meuros sur 5 ans).

- du renforcement du rôle régional du Salon du Livre francophone de Beyrouth (90 000 visiteurs) pour en faire un forum d’échanges pour les jeunes francophones de la région,

- du soutien actif apporté par la France à la préparation des VIèmes Jeux de la Francophonie prévus à Beyrouth en septembre 2009, tandis que se développeront parallèlement les activités de « Beyrouth capitale mondiale du livre 2009 ».

2. Gouvernance et développement local

Les autorités libanaises, soucieuses de moderniser leurs institutions, ont sollicité la communauté internationale pour les assister dans la réforme de leurs administrations, et contribuer ainsi à l’amélioration de la gouvernance et au renforcement de l’état de droit.

2.1. La France concentre son appui institutionnel sur les réformes déjà engagées dans les secteurs régaliens :

- Secteur de la justice : relance de l’Institut d’études judiciaires afin de moderniser le système de formation des magistrats (notamment en matière de lutte contre la délinquance financière, en liaison avec la formation des policiers) et accompagnement du transfert de l’administration pénitentiaire du Ministère de l’Intérieur à celui de la Justice.

- Secteur des finances : soutien à l’Institut des Finances dans sa mission de perfectionnement des cadres supérieurs du ministère des Finances et des administrations rattachées, en accordant une attention particulière au renforcement du rôle régional de l’Institut (création d’une école budgétaire régionale au sein de l’Institut des Finances, soutien au réseau GIFT-MENA des centres de formation à la gouvernance…).

- Secteur de la modernisation de l’Etat : aide au redémarrage de l’Ecole nationale d’Administration libanaise, en partenariat avec l’ENA française, dès que les autorités libanaises auront défini une nouvelle stratégie pour cette institution.

- Secteur de la coopération parlementaire : soutien aux actions de renforcement des capacités des fonctionnaires parlementaires que les actions soient nationales ou régionales.

- Dans le domaine de la sécurité intérieure, la France entend se situer en parfaite adéquation avec les besoins et les enjeux fondamentaux de sécurité intérieure pour le Liban : collaboration renforcée entre forces de sécurité et Parquet, démilitarisation de la sécurité intérieure et notamment de la lutte anti-terroriste et du maintien de l’ordre, modernisation du droit pénal et de la procédure pénale, promotion de la coordination interministérielle, renforcement de la formation des cadres supérieurs, notamment en matière de gestion de crise. Elle poursuivra donc son appui aux Forces de Sécurité Intérieure, à la Sûreté Générale et à la Défense Civile, au travers d’actions financées à titre bilatéral ou par le canal multilatéral (PNUD : formation et l’équipement de secouristes de la défense civile).

2.2. La France contribue également à la mise en œuvre de projets de développement local :

Ce poste apporte son soutien aux nombreux partenariats existants dans le cadre de la coopération décentralisée (plus de quarante recensés à ce jour impliquant régions, départements et municipalités), par le biais d’appels d’offres au travers desquels les collectivités françaises sont incitées à développer leur coopération avec leurs homologues libanaises, notamment pour la mise en place d’outils de gouvernance locale (plans d’occupation des sols, schémas directeurs locaux, systèmes d’information géographique, règlements d’urbanisme, secteurs sauvegardés, action sociale, formation professionnelle…). Ce poste accompagne par ailleurs le rôle de coordination joué par le Bureau technique des villes libanaises (BTVL), afin d’assurer la cohérence et la complémentarité des actions proposées par les collectivités françaises avec les programmes de coopération bilatéraux et multilatéraux. La France fournit également son concours à la réflexion en cours sur la décentralisation administrative.

Ce poste apporte également son soutien aux ONG jouant un rôle important dans la prise en charge des problèmes rencontrés sur le terrain par les populations les plus démunies : ce soutien prend la forme soit d’une aide aux ONG françaises présentes au Liban et travaillant en partenariat avec des ONG libanaises, soit d’une aide directe à ces ONG libanaises dans le cadre d’un Fonds social de développement (FSD) qui sera réabondé en 2008-2009. La meilleure complémentarité est naturellement recherchée entre ces actions et celles conduites dans le cadre de la coopération décentralisée.

Dernière modification : 24/02/2009

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