L’Université libano-française célèbre ses 20 ans avec un colloque international autour de l’œuvre de François Dagognet - 1er septembre 2016

A l’occasion des 20 ans de l’Université libano-française, le Chargé d’affaires a.i., Arnaud Pescheux, a prononcé un discours dans lequel il a salué le succès de l’ULF, fruit d’une coopération réussie entre la France et le Liban.

Un colloque international dédié à la mémoire de François Dagognet, président d’honneur de l’ULF, a été organisé pour marquer cet anniversaire, proposant débats et tables rondes autour de son œuvre.

Dans son discours, Arnaud Pescheux a rappelé la place particulière qu’occupe le français à l’ULF, un établissement membre de l’Agence universitaire de la francophonie, ainsi que la richesse de la coopération universitaire entre la France et le Liban :

"Monsieur le Professeur Mohamad Salhab, Président de l’Université libano-française,
Monsieur le Professeur Jean-Claude Beaune, Président du Conseil stratégique de l’Université libano-française,
Chers membres du Conseil stratégique de l’Université Libano-Française,
Chers conférenciers,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

L’Ambassadeur se trouvant actuellement à Paris, où il participe à la Conférence annuelle des Ambassadeurs, il m’a confié la charge des affaires et c’est à ce titre que j’ai l’honneur de le représenter pour l’ouverture de ce colloque, organisé à l’occasion des 20 ans de l’Université libano-française.

Permettez-moi, en ouverture, de vous féliciter, Mesdames et Messieurs les organisateurs, d’avoir dédié cet événement à la mémoire de François Dagognet. Président d’honneur de l’Université libano-française, ce grand penseur nous a quittés en octobre dernier. Celui qui revendiquait pour le philosophe un rôle qui n’est pas celui « d’un mineur qui doit forer le sol » mais celui « d’un voyageur qui se soucie de l’ensemble du paysage » a beaucoup fait pour la pensée contemporaine. Son érudition était si éclectique qu’il est impossible de l’enfermer dans un champ disciplinaire. Philosophie, médecine, criminologie, neuropsychologie, chimie, rares sont les savoirs qui ont échappé à sa curiosité encyclopédique. S’il fallait dégager un fil directeur, peut-être pourrait-on considérer que l’attention aux objets se trouve au centre de sa pensée.

François Dagognet n’en était pas moins humaniste, puisqu’il considérait que « c’est du côté des objets que se trouve l’esprit, bien plus que du côté du sujet ». Il paraît naturel, dans ces conditions, qu’une université, dont la mission est de préparer la jeunesse aux défis de son temps, rende hommage à un penseur confiant dans le pouvoir émancipateur des sciences et des techniques et qu’on y débatte de leur contribution à la société.

Mesdames et Messieurs,

Ces débats consacrés à François Dagognet seront d’autant plus passionnants qu’ils marquent le 20ème anniversaire de l’Université libano-française. Cette célébration est l’occasion pour l’Ambassade de France de saluer le succès de l’Université franco-libanaise, à trois égards au moins.

Premier motif de satisfaction pour nous, l’Université est le fruit d’une coopération franco-libanaise réussie. Il est inutile de s’étendre sur les différentes étapes de cette construction – depuis les études conduites par l’Association francophone pour le développement de l’enseignement supérieur, dont le siège social se trouve à Lyon, en passant par la création du Centre universitaire de technologie de Tripoli jusqu’à la transformation en Université de technologie et de sciences appliquées libano-française. Aujourd’hui, au terme des phases successives de son développement, l’Université s’est beaucoup étendue, sur le plan des enseignements, avec la diversification des cursus proposés, mais aussi géographiquement, avec l’ouverture de 5 campus au Liban. Le modèle de gouvernance de l’Université, qui comprend un Conseil stratégique binational, le seul du genre que nous connaissions au Liban, continue aujourd’hui d’illustrer l’importance de la coopération franco-libanaise dans ce développement.

Deuxième motif de satisfaction, le modèle pédagogique de l’Université libano-française est particulièrement adapté aux enjeux du moment. Alors que la plupart des gouvernements dans le monde s’efforcent de réduire sur le marché du travail ce que les économistes appellent, en bon français, le mismatch – c’est-à-dire le décalage entre les formations et les besoins des employeurs –, l’Université franco-libanaise propose des formations de haut niveau qui assurent de véritables débouchés professionnels et développe des partenariats avec les entreprises, publiques et privées.

Troisième motif de satisfaction, l’Université libano-française réserve dans ses cursus une place particulière au français. Membre de l’Agence universitaire de la francophonie, elle a établi des relations étroites avec plusieurs universités francophones, à Lyon, Saint-Etienne, Montpellier, Toulouse ou encore Belfort. Elle joue ainsi un rôle essentiel dans la vitalité de la francophonie au Liban et démontre, contrairement à un préjugé bien ancré, que la maîtrise du français est un atout en termes d’employabilité. Rappelons, ainsi, que le français est la 2ème langue apprise comme langue étrangère après l’anglais, la 3ème langue des affaires après l’anglais et le chinois et la 4ème langue sur Internet. Comme l’Université, nous promouvons une vision ouverte de la francophonie, dans laquelle le français reçoit une attention particulière, aux côtés de l’arabe et de l’anglais.

Mesdames et Messieurs,

Avant de conclure, j’aimerais vous assurer de la volonté de la France et de son Ambassade à Beyrouth de poursuivre son ambitieuse coopération universitaire avec le Liban.

Ce colloque et votre anniversaire interviennent dans une année fort symbolique à cet égard, puisque 1996 a vu la naissance non seulement de ce qui allait devenir l’Université franco-libanaise mais aussi de de trois autres institutions et programmes phares de la coopération franco-libanaise : l’Ecole supérieure des affaires, l’Institut des finances et le programme Partenariat Hubert Curien CEDRE.

Il est bon, au-delà, de rappeler que la coopération universitaire entre la France et le Liban est dense et variée, avec près de 500 conventions de partenariat conclues entre des universités libanaises et des universités françaises, des double diplômes de niveau master, des cotutelles de thèses et un soutien à la recherche.

Tous ces échanges, auxquels l’ambassade apporte son soutien, ont contribué à tisser un réseau humain et intellectuel de tout premier ordre. Sans oublier qu’ils contribuent fortement à d’autres partenariats, dans les domaines technologiques, scientifiques, industriels, commerciaux ou encore du numérique.

Je suis particulièrement heureux de constater la présence dans la salle de nombreux universitaires français, qui est la plus belle illustration de la vitalité de cette coopération. Je leur souhaite la bienvenue et les remercie d’avoir fait le déplacement pour fêter cet anniversaire avec nous.

Mesdames et Messieurs,

Le programme qui vous attend aujourd’hui est extrêmement riche et porté par des intervenants de très grande qualité. Je vous souhaite des échanges fructueux, ainsi qu’une longue vie à l’Université libano-française.
Je vous remercie de votre attention."

Dernière modification : 01/09/2016

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