Journée internationale de la Francophonie - Théâtre Montaigne (20/03/2006)

Monsieur le Président du Conseil Général de l’Aisne,
Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir pour moi, en ce lundi 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, de vous accueillir à l’Ambassade de France dans le cadre du programme ambitieux qu’avec M. Tarek Mitri, Ministre de la Culture, les Ambassades francophones présentes au Liban ont souhaité présenter, sur une période de deux semaines.

Nous n’avons pu l’an dernier, en raison des dramatiques événements qui affectaient le Liban, organiser ces journées. Mais cette année, nous voulions collectivement réaffirmer dans ce pays francophone qu’est le Liban et qui a accueilli le sommet réussi d’octobre 2002, porter haut et fort la dimension francophone de ce pays. Comme le rappelait le Président de la République en accueillant il y a quelques jours les écrivains francophones présents au Salon du Livre en France, je le cite : "Dans les soubresauts de la mondialisation, c’est tout un ordre ancien qui est bouleversé. Alors que l’accroissement des échanges semble porter en lui la menace de l’uniformité, nos sociétés se découvrent plus diverses, et parfois elle s’en inquiètent. Face à ces mutations, la francophonie est un irremplaçable laboratoire des formes nouvelles de la modernité. Car depuis toujours, elle est pionnière de la diversité. La Francophonie s’est constituée autour de la Langue française, cet outil merveilleux qu’évoquait Léopold Sédar Senghor et que nous habitons autant qu’elle nous habite."

Oui, la francophonie n’est pas seulement la défense ou la promotion d’une langue, mais elle est aussi un idéal politique, une famille de pensée, la prise en compte d’une communauté de destin et le respect de valeurs qu’elle véhicule. Car parler français, dans un monde où le français est fort de 180 millions de locuteurs, c’est vouloir promouvoir la pluralité linguistique de l’arabe au créole, du soninké au Tamoul. C’est multiplier et non pas retrancher. C’est agir dans le sens de la lutte pour la diversité et l’égale dignité des cultures et des langues.

La France a toujours estimé que la diversité était une richesse. Rassemblée autour d’un idéal démocratique et pluraliste, l’Organisation Internationale de la Francophonie -dont le Secrétaire Général est aujourd’hui l’ancien Président sénégalais, M. Abdou Diouf, qui a remplacé l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, le grand égyptien Boutros Boutros Ghali- a combattu pour que soit adoptée à l’UNESCO la convention pour la diversité culturelle. Cette convention, qui fait dire à M. Abdou Diouf dans son message pour la Journée internationale de la francophonie 2006, que c’est, je le cite : "Ce respect de l’âme des peuples qui permettra une mondialisation à visage humain, riche de peuples divers et résolus à s’enrichir de leurs différences".

C’est dans cet esprit d’addition des richesses culturelles que l’ambitieux programme mis en place sous l’égide du Ministre de la Culture du Liban, va se dérouler à Beyrouth.

- une Semaine du Film francophone, du 15 au 22 mars, où la France prend toute sa place avec deux films ;
- un hommage à Nadia Tuéni, le 22 mars au Palais de l’Unesco ;
- des concours et des journées portes ouvertes ;
- "Les poètes de l’Amérique française", un spectacle offert par l’Ambassade du Canada, le 19 mars ;
- du théâtre avec la Compagnie française Alis, au théâtre du Tournesol, pour son spectacle "Pas de trois" qui donne à voir l’esprit artisan d’une œuvre qui flirte avec l’absurde sans jamais si résoudre ;
- et, enfin, avec "Quoi de neuf Mozart", par Jean Piat, au Festival Al Bustan.

Et c’est précisément Pierre Fourny de la Compagnie Alis qui vous propose ce soir une conférence-spectacle de une heure intitulée "La langue coupée en 2", une prestation qui illustre l’esthétique sophistiquée de cette compagnie à part, qui manipule des images et des objets et détourne et recycle les signes de la communication contemporaine.

La compagnie Alis séjournera une semaine à Beyrouth pour s’y produire et animer des formations, et cela grâce à la collaboration du Conseil Général de l’Aisne dont je voudrais saluer ce soir la présence parmi nous de son Président, M. Yves Daudigny.

Merci de votre présence ce soir, merci au Conseil Général de l’Aisne de sa présence au Liban et de ses actions de coopération culturelle comme de coopération décentralisée dans ce pays francophone, dans ce pays ami, dans ce pays cher à notre cœur.

A tous je souhaite de très heureuses, variées et passionnantes Journées de la Francophonie 2006./.

Dernière modification : 22/01/2007

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