Interview de Mme Sylvie BERMANN, Directrice des Nations-Unies, des Organisations Internationales, des Droits de l’Homme et de la Francophonie, au quotidien As Safir

"La France aidera le Liban à parvenir à un cessez-le-feu permanent au Sud".

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Vous trouverez ci-dessous la traduction intégrale de l’interview accordée par Mme Sylvie BERMANN, Directrice NUOI, des Droits de l’homme et de la Francophonie, au quotidien As Safir parue ce vendredi 3 décembre 2009.

As Safir a rencontré la directrice des Nations Unies, des Organisations Internationales, des Droits de l’Homme et de la Francophonie au Quai d’Orsay Sylvie Bermann en marge du colloque organisé par l’Université Antonine sur le rôle du Liban au Conseil de Sécurité. « La présence du Liban au Conseil de Sécurité en tant que membre non-permanent confirme sa présence sur la scène internationale et lui permet de participer à la prise de décisions sur tous les dossiers qui seront soumis au Conseil pendant les deux prochaines années », a-t-elle indiqué. Quant à l’impact possible des divisions arabes sur l’efficacité du rôle libanais, puisque le Liban représentera le groupe arabe, Mme. Bermann estime que « la représentation des pays au Conseil de Sécurité se fait au niveau national. Le Liban tiendra certes des consultations avec les pays arabes, mais il peut aussi être un médiateur entre eux ».

La visite de Sylvie Bermann a par ailleurs compris une tournée dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr El Bared. La France participe à la reconstruction du camp et sa contribution s’élève à 1.000.000 euros. Mme. Bermann s’est également rendue à Tiri pour visiter le contingent français de la FINUL, qui compte 1500 effectifs, et a visité la zone adjacente à la ligne bleue. L’objectif de sa visite au Liban est d’évoquer avec les responsables libanais les questions liées au Conseil de Sécurité, comme les réformes internes, les opérations de maintien de la paix et les conflits armés, pour coopérer à l’avenir sur ces dossiers et aider les Libanais en leur fournissant informations et explications. Le Liban devra par exemple envoyer des rapports quotidiens et des mises au point sur une série de dossiers sur lesquels le Conseil de Sécurité peut tenir des réunions quotidiennes. C’est ce qui sera demandé au Liban et cela nécessite une unité de travail spéciale. « Après ma visite au secrétaire général du Ministère (libanais) des Affaires Etrangères, j’ai découvert que le Ministère compte des spécialistes qui suivent les dossiers internationaux et cela est positif ».

La France et ses intérêt ont aussi besoin d’une voix qui les soutienne au Conseil de Sécurité. « 65% des dossiers soumis au Conseil de Sécurité concernent l’Afrique, notamment la situation des droits de l’homme et la violence dans de nombreux pays africains. De plus, un grand nombre des forces de la FINUL proviennent d’Afrique. La présence du Liban en tant que membre non-permanent du Conseil de Sécurité facilitera les arrangements pour obtenir à un cessez-le-feu permanent au Liban Sud, et la France soutiendra le Liban pour y parvenir ». Sylvie Bermann signale toutefois que la disposition du Liban à « soulever des dossiers qui le concernent régressera au mois de mai lorsqu’il assumera la présidence tournante du Conseil de Sécurité. Il pourra soulever des dossiers qui concernent d’autres pays, parce que la coutume veut que la présidence du Conseil ne fasse pas passer les dossiers qui la concernent avant ceux des autres pays ».

Il est à signaler que la mission française permanente à l’ONU s’est réunie avec la mission libanaise pour coordonner les prochaines pistes de coopération à partir du 1er janvier prochain et jusqu’en 2011.

Quelle préoccupation majeure Mme. Bermann a-t-elle relevé dans ses rencontres ? « L’Iran et son dossier nucléaire » répond-elle, « notamment après le refus iranien des décisions du Groupe des Six et l’annonce de l’ouverture de nouveaux centres d’enrichissement d’uranium. Comme la politique adoptée est le dialogue d’une part et les pressions de l’autre, l’Iran dispose d’un délai jusqu’à la fin du mois de décembre, pour exécuter ce qui lui a été demandé, sinon des sanctions seront envisagées au Conseil de Sécurité à partir de l’an prochain. C’est à cette question que les Libanais réfléchissent beaucoup parce qu’elle suppose une position et un vote de la part du Liban au Conseil de Sécurité ».

Veuillez retrouver la version en arabe de l’interview sur le site internet du quotidien As-Safir à cette adresse.

Dernière modification : 11/12/2009

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