Interview au Commerce du Levant - mars 2010

Quelle est l’importance de l’événement “La France au Liban” ?

L’exposition “La France au Liban” marquera l’année 2010 et les relations d’affaires entre nos deux pays. Cet événement est unique tant par les moyens déployés que par l’impact et la résonance attendus.

L’organisation de “La France au Liban” est née de la volonté commune de nos présidents et Premiers ministres d’étendre notre présence économique et commerciale dans chacun de nos deux pays. Elle est le fruit d’une coopération étroite et fructueuse entre partenaires français et libanais.
Plus de 50 entreprises françaises viendront à Beyrouth, jamais une délégation aussi importante n’est venue exposer au Liban.

Comment expliquez-vous l’attrait des consommateurs libanais pour les marques françaises ?

La demande libanaise est très dynamique et en constante mutation. Les consommateurs libanais sont à l’avant-garde des nouvelles tendances et exigent des produits d’une grande qualité et un niveau de technologie avancé. Les produits français parviennent à conserver les faveurs des consommateurs libanais qui apprécient leur authenticité et leur prestige. Les exportations de la France vers le Liban se composent essentiellement de biens de consommation, de produits pharmaceutiques et cosmétiques notamment. La rigueur du savoir-faire et le prestige de la France sur ce segment sont reconnus et continuent de séduire les Libanais.

De plus, il existe une convergence de comportements d’achats entre les Libanais et les Français. Les produits français sont donc parfaitement adaptés et répondent à la demande libanaise.

Quels sont les secteurs les plus porteurs au Liban pour les entreprises françaises ?

Les secteurs d’infrastructures nécessaires à la croissance économique comme l’eau, l’électricité et les transports devraient procurer des opportunités d’investissements intéressantes.
Les secteurs traditionnellement importateurs au Liban, tels que la construction et le bâtiment, les services bancaires et financiers, le tourisme, les biens de consommation, l’art de vivre et l’habitat, la petite industrie, la grande distribution, la franchise et l’agroalimentaire, sont et resteront très porteurs.
Par ailleurs, les secteurs de valeur ajoutée et de créativité, tels que les technologies de l’information et de la communication, la mode et le luxe, les technologies de l’environnement, la formation professionnelle, se développent très vite.
Enfin, il est intéressant de noter un attrait croissant des consommateurs libanais pour les produits frais et bio, notamment pour les produits régionaux et d’artisanat en provenance de France et d’Europe.

Où en est-on des réformes prévues à la conférence de Paris III ?

Le plan ambitieux de réformes que le Liban a lui-même décidé et qu’il a engagé dans le cadre de la conférence de Paris III en janvier 2007, pour maîtriser l’évolution du déficit public et de la dette et impulser des réformes structurelles, renforcera le développement et l’attrait de l’économie libanaise ; il garantira la qualité de son insertion dans l’économie mondiale. La France, la communauté internationale et les institutions financières internationales l’appuient pleinement.

La ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, Christine Lagarde, a confirmé au nom du gouvernement français, lors de sa visite en décembre 2009, le soutien sans réserve au gouvernement libanais dans la poursuite des réformes structurelles décidées lors de la conférence de Paris III, dans les télécoms et l’électricité en particulier, où le versement des deux tranches restantes de 125 millions d’euros et de 100 millions d’euros est conditionné aux réformes. La France a accordé un délai supplémentaire d’un an, avec la signature de l’avenant à la convention d’aide budgétaire concernant ces deux tranches, et se tient prête à soutenir le gouvernement de Saad Hariri dans sa politique de réformes.

Quels seront les principaux axes de coopération économique entre la France et le Liban dans les années à venir ?

La France soutiendra le développement des secteurs d’avenir de l’économie libanaise. En premier lieu, les secteurs d’infrastructures nécessaires à l’activité des entreprises et des services : l’eau, l’électricité et les transports. En second lieu, les secteurs traditionnellement porteurs au Liban : la banque, les assurances, la construction, le tourisme. Et, enfin, les secteurs de forte valeur ajoutée, où la créativité libanaise reconnue décidera de la croissance future (technologie de l’information, mode, communication...).

La France soutiendra aussi le redéploiement commercial du Liban, parce qu’elle croit à l’orientation privilégiée du pays vers les échanges. Je veux, à cet égard, féliciter les sociétés CMA CGM – le troisième groupe mondial de transport maritime – et ADPI – qui développe des plates-formes aéroportuaires – qui ont décidé d’implanter leurs sièges régionaux à Beyrouth.

Et parce qu’elle croit au poids décisif des formations supérieures et de la recherche, dans une économie de l’intelligence et dans la dimension scientifique du développement, la France appuiera les efforts libanais pour renouer avec une tradition intellectuelle forte et féconde, où convergent, comme en peu d’endroits au monde, les sources latine, grecque, arabe, francophone et anglo-saxonne…

De même, l’avenir du Liban ne se conçoit pas sans une insertion réussie dans les instances économiques internationales.

Je pense à l’Union européenne, bien sûr, qui ouvre au Liban des perspectives dont il doit absolument profiter. La libéralisation progressive des échanges prévue par l’accord d’association, la politique européenne de voisinage (l’Union européenne est le premier donateur au Liban) en fait partie.

Je pense aussi à l’Union pour la Méditerranée. À ce projet où la dynamique de notre avenir rejoint l’histoire la plus ancienne. L’Union pour la Méditerranée, c’est le cadre idéal pour dépasser l’apparente scission qui oppose trop souvent les logiques du Nord et du Sud. Les Libanais peuvent en être les premiers artisans. C’est le rapprochement dont nous avons besoin pour amplifier nos relations face aux défis de l’environnement pour inventer ensemble les ressources scientifiques, technologiques et économiques de demain.

Je pense enfin au processus d’accession du Liban à l’Organisation mondiale du commerce. Je salue l’action du Liban pour relancer sa candidature à l’OMC. Nous sommes prêts à lui fournir l’aide technique nécessaire pour que cette démarche aboutisse.

Dernière modification : 28/06/2013

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