Interview à La voix de la France - mars 2010

1. Le Liban semble en ordre de marche sur le plan institutionnel. Quelle est votre analyse ? Quelle part la France a-t-elle prise dans cette évolution ?

Les institutions libanaises ont en effet repris un fonctionnement normal : M. Saad Hariri, après sa victoire aux législatives en mai 2009, a formé un gouvernement d’unité nationale qui s’est mis au travail et qui commence à engranger ses premiers résultats : une loi sur les municipales a été votée, le gouvernement travaille actuellement à l’adoption d’un budget (le Liban vit sans budget depuis plusieurs années). Le Président du Conseil des ministres a également demandé à son gouvernement de lui faire des propositions pour réviser les accords de coopération entre la Syrie et le Liban. Bref, le gouvernement d’union nationale s’attelle, à son rythme, à tous les dossiers importants.

Lors des visites des Présidents Sleiman et Hariri à paris en janvier 2010, le Président de la République et le Premier ministre ont eu l’occasion de rappeler le soutien de la France à l’indépendance et à la souveraineté du Liban. Au-delà de l’application des accords de Paris-III pour lesquels la France a accordé un prêt de 500 millions d’euros (375 millions d’aide budgétaire et 125 millions d’euros d’aide au secteur privé), plusieurs accords ont été signés dans les domaines économique, judiiciaire et administratif, témoignant de l’engagement de la France à la modernisation des institutions libanaises.
Politiquement, nous veillons sur la scène internationale à ce que l’indépendance et la souveraineté du Liban demeurent une priorité.

2. Les échanges franco-libanais sont-ils en expansion ? Quelle est la place du Liban dans l’économie régionale ?

Oui, ils sont en très nette expansion. Ils atteignent le montant record de 1 235 millions d’euros en 2009, en hausse de 20% par rapport à 2008 et de 63% par rapport à 2007. Le rythme de progression annuel moyen des échanges bilatéraux entre 2004 et 2009 s’établit à près de 14%.

En 2009, nos exportations vers le Liban ont, pour la deuxième année consécutive, dépassé le cap du milliard d’euros pour atteindre 1 206 millions d’euros. Elles ont crû de 20% par rapport à 2008, dopées par les livraisons d’Airbus et par les ventes de produits raffinés.

Sur la base des statistiques douanières libanaises, la France se hisse au 2nd rang des fournisseurs du Liban sur l’ensemble de l’année 2009 (avec 9,7% de parts de marché) après avoir occupé la 3ème place en 2008 et la 4ème en 2007.

Si le Liban est quasiment dépourvu de ressources naturelles, il jouit du niveau de vie le plus élevé de la région (PIB par habitant de 10 000 USD contre 2 600 USD pour le Proche-Orient) et a connu une croissance 2009 nettement supérieure à celle de ses voisins (+7% contre +4,5% pour la région). Sa faible base industrielle le cantonne à un rôle marginal en matière d’échanges commerciaux, mais le Liban a su transformer son capital humain en avantage comparatif en investissant massivement dans la formation de cadres de haut niveau dans le secteur des services, notamment financiers. De nombreux Libanais occupent ainsi des postes importants dans les pays du Proche et Moyen-Orient, contribuant par leurs transferts à l’afflux de capitaux vers le pays du Cèdre.

Le Liban est une plate-forme bancaire régionale qui attire grâce à une législation favorable les capitaux des pays voisins. Il profite depuis 2008 de la déconvenue des marchés financiers du Golfe, notamment de sa principale rivale, Dubaï, et de l’internationalisation de l’activité de crédit des banques nationales.

3. Quelle est la place de la communauté française dans l’économie libanaise ? Dans quels domaines est-elle particulièrement présente ?

La France reste l’un des premiers investisseurs au Liban avec un stock d’investissements directs à l’étranger (IDE) estimé par la Banque de France à 319 millions EUR en 2008, montant en progression de 20% par rapport à 2007.

61% des IDE détenus par la France au Liban en 2008 portent sur les services, 34% sur les industries manufacturières. Les principaux segments sur lesquels la France est positionnée sont l’immobilier et les services aux entreprises (32% du total des stocks en 2008), les transports et communications (19%) et l’intermédiation financière (7%).

La présence française compte 85 implantations au Liban qui emploient plus de 5 000 personnes dans des secteurs d’activité très divers. La majorité des grands groupes industriels et de services français sont implantés au Liban. Au-delà du périmètre des implantations, la présence économique française inclut de très nombreux sociétés franchisées et agents de représentation de marques françaises.

4. Au-delà de ces questions, souhaitez-vous aborder un autre sujet particulier ?

Je souhaiterais simplement rappeler que la communauté française au Liban est la 15ème communauté française dans le monde. Elle est en progression rapide, puisqu’elle est passée de 16500 personnes en 2006 à plus de 19000 en 2009. C’est une communauté jeune et donc pleine d’avenir, puisque 31 % des inscrits ont moins de 18 ans. 86% de ces Français sont également des ressortissants libanais. Elle participe avec beaucoup de dynamisme à l’excellence de la relation franco-libanaise.

Dernière modification : 28/06/2013

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