Inauguration du pont Bailey de Ghobeiry (3/10/2006)

ALLOCUTION DE S.E. MONSIEUR BERNARD EMIÉ, AMBASSADEUR DE FRANCE AU LIBAN

A L’OCCASION DE
L’INAUGURATON DU PONT BAILEY
DE GHOBEIRY

- Mardi 3 octobre 2006 -

Monsieur le Ministre,
Messieurs les Députés,
Monsieur le Maire,
Amiral,
Mon Général, représentant le Commandant en Chef de l’Armée,
Messieurs les officiers, sous-officiers, légionnaires et militaires du rang,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un très grand plaisir d’être encore une fois parmi vous pour inaugurer solennellement, avec mon ami le ministre des transports Mohammed Safadi, le sixième et dernier pont mis en place grâce une coordination exceptionnelle de toutes les bonnes volontés au Liban comme en France.

Vous connaissez l’engagement de la France au Liban et la manière dont, tout au long de cette guerre, nous n’avons cessé d’agir pour obtenir au plus vite une cessation des hostilités et négocier la résolution 1701, en intégrant au plus près les légitimes préoccupations du Liban exprimées dans le plan en sept points du gouvernement.

Dès le lendemain de l’adoption de la résolution et l’entrée en vigueur de la cessation des hostilités, le Premier ministre Fouad Siniora a contacté M. Jacques Chirac, Président de la République Française pour lui faire part de l’ampleur des dégâts qui paralysaient le pays et lui demander de l’aide. La réponse du Chef de l’Etat fut aussitôt positive et le lendemain même, à la mi-août, une équipe de reconnaissance du génie militaire français arrivait à Beyrouth et, en liaison avec les autorités locales des forces armées comme du ministère des travaux publics commençait à reconnaître les sites touchés.

Les unités de pont sont arrivées à Beyrouth à la fin du mois d’août et les ponts de Damour, Arqat, Naameh, Wadi ez-Zeineh et Sofar montés en quatre semaines seulement. Du côté libanais, aucun d’entre vous n’aura ménagé ses efforts pour cette grande tâche et je veux remercier ici tout particulièrement les spécialistes du ministère des transports, les équipes du ministère de la défense et celles du génie, dont je salue la compétence et la disponibilité.

Du coté français, 238 hommes ont, en un mois, assemblé 800 tonnes de matériel dans la chaleur de l’été libanais. Laissez-moi vous dire qui sont toutes ces bonnes volontés, venues de toutes les régions de France : 1ère compagnie de combat du 2ème régiment étranger du génie, éléments logistiques du 121ème régiment du train et du 5ème régiment du matériel, équipes du commissariat, de la prévôté et des deux postes de secours. Et je veux ici saluer la mémoire de Franck Boussiquet, maréchal des logis chef du 121ème régiment du train, qui, en accomplissant sa noble mission, a malheureusement perdu la vie dans un tragique accident. Je sais à quel point cet événement vous a bouleversés et tous les soldats qui sont ici se souviendront longtemps de votre solidarité dans cette épreuve.

Monsieur le Ministre,

Nous sommes aujourd’hui à quelques mètres de la banlieue sud, qui a tant souffert lors de ce dernier conflit et dans une région qui a connu par ailleurs de terribles combats et exactions il y a plus de vingt ans.

Malgré toutes ces blessures, vous n’avez jamais perdu votre dignité et votre légendaire énergie qui vous poussent toujours à vous relever. Vous aviez d’ailleurs réagi tout de suite le 14 août, en étendant un immense drapeau libanais ici-même, sur le trou béant laissé par les bombes, pour rétablir symboliquement la circulation, dans un formidable témoignage de confiance dans l’avenir de votre pays.

Et c’est la fierté de la France de s’engager fraternellement à vos cotés pour la reconstruction de votre pays. La mission de construction des ponts Bailey arrive à son terme. Un chapitre brillant et réussi de plus de notre longue collaboration. Mais nous sommes aussi à vos côtés pour dépolluer vos plages, relancer votre économie, reconstruire le pays, créer la confiance, regarder devant et créer les conditions d’un Liban fort, prospère, indépendant et souverain. Nous sommes déterminés pour œuvrer dans tous les domaines qui vous permettront de consolider l’Etat de droit que vous appelez tous de vos vœux.

C’est aussi à cette mission que se consacreront les 2000 soldats français engagés au Sud du Liban, en appui de l’armée libanaise, en vue de la mise en œuvre de la résolution 1701. Sachez que l’effort résolu de la France à vos cotés est celui d’un pays ami, qui croit dans un Liban souverain et indépendant, vivant dans cette paix qui vous a tant manqué. Un Liban qui aura retrouvé son autorité sur l’ensemble de son territoire. Un Liban qui aura le monopole de l’usage de la force dans tout le pays. Un Liban pleinement intégré dans sa région et pleinement ouvert sur l’Europe. Un Liban exemplaire pour le monde.

Je vous remercie, Monsieur le Ministre, d’avoir rendu possible et si efficace la coopération entre vos services, ceux de l’armée libanaise et les soldats français venus accomplir cette belle mission au service du Liban. A ces soldats qui vont regagner la France, à ces marins de la force Baliste, je souhaite dire la reconnaissance des autorités françaises pour le remarquable travail accompli. Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait ici, au Liban, au service de nos deux pays. Pour rétablir les communications. Pour redonner confiance au Liban. Pour rendre à ce pays cette liberté, liberté à laquelle nous sommes, comme vous-mêmes, tant attachés.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

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