Entretien de Denis Cassat au quotidien L’Orient - Le Jour - 3 septembre 2013

L’AFD, ou comment promouvoir le développement durable et la cohésion sociale

Dans une entrevue accordée à « L’Orient-Le Jour », Denis Cassat, directeur de l’Agence française du développement au Liban, revient sur ses années passées au Liban, les réalisations de l’AFD et les challenges qui découlent de la conjoncture politico-sécuritaire.

Directeur de l’Agence française pour le développement (AFD) entre 2009 et 2013, Denis Cassat est revenu sur les réalisations de l’AFD, acteur responsable de la solidarité internationale dans plusieurs régions du monde, avec une activité évaluée à 7 milliards d’euros en 2012 pour la réalisation de 648 projets.

Au cours d’une rencontre avec L’Orient-Le Jour, Denis Cassat souligne les priorités de l’AFD au Liban, ainsi que les défis auxquels fait face l’AFD, institution financière française qui gère 33 % de l’Aide publique française (APF). « Le bassin méditerranéen est une priorité pour l’AFD, avec un engagement évalué à 1,4 milliard d’euros », indique-t-il.

Présente au Liban depuis 1999, l’AFD a des activités au Liban s’élèvant à 1,32 milliard de dollars répartis en plusieurs produits financiers tels que les prêts souverains accordés directement à l’État ou à des institutions publiques (dans le cadre des accords de Paris II et Paris III), des prêts non souverains accordés sans garantie de l’État au secteur privé ou à des collectivités locales, des subventions AFD qui soutiennent des besoins d’expertise et d’appui technique, ainsi que des actions de développement mises en œuvre par des ONG. L’AFD intervient également à travers des garanties pour faciliter l’accès au financement des PME et des institutions de microfinance, et des subventions pour le respect de l’environnement et le renforcement des capacités commerciales.

Selon M. Cassat, sur les 1,32 milliard d’euros, 800 millions d’euros ont déjà été déboursés. Durant son mandat, 70 millions d’euros ont été alloués à plusieurs projets dont 21 millions au profit du développement urbain et la protection du patrimoine (en coopération avec la Banque mondiale), 25 millions pour une ligne de crédit aux prêts étudiants, ainsi qu’une ligne de crédit aux hôpitaux privés afin de les soutenir dans le traitement de déchets. Denis Cassat met en avant le fait que l’État libanais n’a jamais fait défaut de paiement « grâce à la solidité des banques libanaises ». L’AFD a également alloué 1 million d’euros pour financer des projets de santé dans le camp de Nahr el-Bared.

M. Cassat a en outre rappelé que l’AFD avait octroyé un budget de 70 millions d’euros pour le traitement des eaux usées dans la région du Kesrouan (en coopération avec la Banque européenne d’investissement), ainsi qu’un prêt de 46,5 millions d’euros au ministère de l’Éducation.

Dans les détails, l’eau et les stratégies d’assainissement représentent 43 % du budget total de l’AFD au Liban, le développement urbain 11 % et le soutien aux secteurs productifs 35 %.

« L’AFD cherche à financer des projets à long terme », explique M. Cassat avant de souligner qu’en ce qui concerne l’aide aux réfugiés syriens, l’AFD aidait l’État libanais à gérer l’afflux des déplacés à travers des propositions sur l’eau, le transport, l’électricité, l’éducation et la santé.

Si Denis Cassat reste positif pour la suite des événements, il reconnaît toutefois que « la situation est plus bloquée qu’il y a deux ans », à cause des situations conflictuelles et de la défaillance du gouvernement. Cela se traduit par d’importants retards des études et des procédures d’approbation. Pour le futur, l’AFD prévoit de débourser entre 50 et 100 millions d’euros par an avec une concentration sur le renforcement des infrastructures dans le secteur de l’eau et de l’énergie, un appui au développement urbain et une approche plus intégrée dans le secteur public de la santé, de l’éducation et de la formation, ainsi que le financement d’initiatives privées dans ces domaines.

Dernière modification : 04/09/2013

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