ESA : Conférence « Les Partenariats Public-Privé ouvrent de Nouveaux Horizons »

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La conférence « Les Partenariats Public-Privé ouvrent de Nouveaux Horizons », organisée à l’ESA par l’Association des diplômés d’HEC - Groupement Liban, a pour but d’appuyer le projet de loi sur les PPP, un domaine qui permettrait de reconstruire et développer les infrastructures libanaises, en créant des emplois, de la transparence et des investissements directs étrangers.

Retrouvez le texte de l’allocution de l’ambassadeur prononcée le 16 février 2016 à l’École Supérieure des Affaires, lors de la conférence :

Monsieur le Ministre de l’Economie et du Commerce,
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban,
Monsieur le Secrétaire général du Haut Conseil de la Privatisation,
Monsieur le Président d’HEC Alumni au Liban,
Monsieur le Directeur de l’ESA,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est un plaisir d’être une nouvelle fois ici, dans ce lieu prestigieux de la Villa rose à l’ESA, qui est d’une certaine façon aujourd’hui l’épicentre de nos activités dans beaucoup de domaines. Nous y étions la semaine dernière pour un bel événement sur l’enseignement supérieur. Nous y sommes aujourd’hui de nouveau pour un autre événement, sur les PPP, et nous parlons ici culture, business, éducation, ce qui est bien le signe de notre disponibilité pour accompagner l’ensemble des initiatives au Liban en matière de coopération entre nos deux pays.

Je suis heureux d’être ici aujourd’hui pour parler d’une thématique importante qui met en réalité en exergue la problématique commune à beaucoup de pays – y compris la France et le Liban – qui est celle du développement. Cette problématique du développement traduit aujourd’hui à travers les PPP l’émergence d’une vision nouvelle dans la conception du service public, une notion importante comme vous le savez de la vie économique et sociale en France. Une vision nouvelle du service public et de son mode de financement.

Par la mise en place de partenariats productifs avec les entreprises, pour ce qui concerne les projets d’intérêt général, la formule du PPP trouve une solution à la double contrainte, aujourd’hui très partagée dans nos pays, de la rareté des ressources publiques et de la nécessité pour les autorités publiques de satisfaire les besoins des populations, notamment dans un domaine déjà cité, qui est celui des infrastructures.

Le principal avantage, bien sur cela a été dit, des Partenariats public-privé, c’est son caractère global qui permet de prendre en compte dans un seul contrat la conception, le financement, la construction et la maintenance des infrastructures. Cela offre d’une part au maitre d’œuvre une grande liberté, qui est appréciée, dans ses relations avec les fournisseurs, et cela lui permet aussi de définir, avant même la réalisation de l’ouvrage, des critères de performance dans la gestion et l’entretien de l’infrastructure, et aussi de répartir les risques, ce qui est important lorsque l’on a à prévoir la construction d’infrastructures pour le long terme. Et d’autre part le PPP – c’est notre expérience en France – permet la présence d’un partenaire privé qui peut augmenter les ratios de profitabilité du projet et le doter d’une plus grande maitrise des outils financiers utilisés. Et c’est ainsi que, fondés sur une relation de confiance, les liens entre la collectivité publique et les partenaires privés peuvent s’articuler autour d’une logique « gagnant-gagnant » qui profite, et c’est là que c’est important, au final avant tout aux usagers.

Aujourd’hui, représentant en moyenne plus de 5% du montant annuel de la commande publique, soit environ 7 milliards d’euros, le Partenariat public-privé a acquis une place centrale en France, dans notre pays, dans le domaine de la construction des infrastructures, dix ans après son introduction en 2004. Les projets que la formule du PPP contribue à financer sont aujourd’hui extrêmement variés, d’ordre divers, qui vont de l’éclairage public des villes aux infrastructures sportives, à la construction de ministères, à la rénovation de lycées ou encore à la construction et au développement des autoroutes.

Nous sommes convaincus en France aujourd’hui du potentiel de cette formule dans un pays comme le Liban où la contrainte budgétaire de l’Etat est forte – le ministre de l’Economie le confirmera sans doute, où le secteur privé est aussi à la recherche de nouveaux débouchés, où le secteur privé a également le dynamisme et l’expertise pour rentrer dans des formules de type PPP, et où le besoin en infrastructure, enfin, est important.

Bien sur notre expérience en France est que la formule du PPP nécessite un cadre règlementaire et institutionnel clair, adapté, capable de répondre aux besoins de l’ensemble des partenaires et c’est ce cadre règlementaire et institutionnel que le gouvernement libanais veut aujourd’hui mettre en place et qu’il est certainement important de faire aboutir rapidement.

La France dans ces domaines du PPP – et je vous remercie d’avoir pris l’initiative de cette réunion – est prête à partager son expérience, à vous faire retour sur son savoir-faire, à partager avec vous ce qu’elle a appris au cours de ces 10 dernières années. Cette réunion doit y contribuer et je souhaite donc que vos travaux aujourd’hui participent à cet effort que nous faisons ensemble d’améliorer encore le modèle, de l’adapter aux besoins qui sont aujourd’hui ceux du Liban. Nous aurons d’autres occasions ici encore de mettre en valeur tout le potentiel de la relation franco-libanaise dans le domaine économique. Je souhaite pour aujourd’hui que vos travaux soient fructueux sur la question des PPP et je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 11/03/2016

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