Discours prononcé lors de la décoration au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres à M. Daniel TANASE, Ambassadeur de Roumanie au Liban (12 juillet 2013)

Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Monsieur l’ambassadeur, cher Daniel,

Bienvenue à tous. Merci d’être venus si nombreux.

Je voudrais vous dire la joie et l’honneur que je ressens à vous accueillir dans les jardins de l’Institut français du Liban. Il s’agit d’une soirée exceptionnelle : nous décorons ce soir un ambassadeur, ce n’est pas fréquent ! Et nous décorons un ambassadeur de Roumanie à l’ambassade de France, ce qui, à ma connaissance, est inédit à Beyrouth !

Les raisons de cette cérémonie sont pourtant évidentes : Daniel Tanase, depuis son arrivée au Liban, a œuvré sans relâche à la promotion de la culture et de la francophonie, au rapprochement entre l’Europe et le Liban à travers les liens forts entre Bucarest, Paris et Beyrouth, il a accompagné des nombreux projets de coopération avec les centres culturels européens et notamment avec l’Institut français du Liban. C’est ce qui nous réunit ce soir.

Monsieur l’ambassadeur de Roumanie, cher Daniel Tanase, je voudrais présenter en quelques mots ton parcours, en soulignant la grande proximité culturelle de ta vie professionnelle et personnelle avec la France. Ce n’est pas un hasard si ta fille, après ses études à Paris, a choisi de s’installer en France !

Tu t’es engagé très jeune au ministère des affaires étrangères de Roumanie à la direction des organisations internationales, après avoir obtenu un master en relations internationales à l’Académie diplomatique de Madrid. Tu y as été ambassadeur de Roumanie durant cinq années. Une période qui t’a permis d’apprendre à maîtriser la langue, puisque partout où tu as séjourné, monsieur l’ambassadeur, ta capacité d’adaptation a porté notamment sur le domaine linguistique. Tu maîtrises aussi bien l’anglais, l’espagnol que l’allemand et le français. Et tu sais combien cette compétence plurilingue est chère à nos yeux. Nous savons tous deux que la promotion d’une langue passe par la promotion des autres langues et que la francophonie dans laquelle tu t’es tant investi est une terre ouverte et accueillante et non une île assiégée.

C’est sans doute la position stratégique de la région Alsace-Lorraine qui t’aura d’ailleurs permis de perfectionner conjointement le français et l’allemand à Strasbourg, où tu as exercé les fonctions de représentant permanent adjoint de la Roumanie auprès du Conseil de l’Europe. En 2007, tu as rejoint la Roumanie pour devenir directeur pour les relations avec le Moyen-Orient et l’Afrique au ministère des affaires étrangères. En 2008, tu es nommé ambassadeur de Roumanie au Liban, une fonction que tu as occupée durant cinq années.

Le Liban, outre sa tradition d’accueil et d’hospitalité qui a fait la réputation de tout un peuple par-delà les frontières du Moyen-Orient, laisse à tous ceux qui le souhaitent la possibilité de s’investir pleinement. L’opportunité d’élaborer, d’entreprendre et de construire des perspectives d’avenir et de développement. Et bien sûr monsieur l’ambassadeur, tu as su tirer parti de cet environnement fertile et imaginer de nombreux projets, que nous sommes réunis pour saluer aujourd’hui.

Acteur essentiel du rayonnement artistique de la Roumanie, ton dynamisme et ton engagement remarquable pour le développement du secteur culturel aussi bien au Liban qu’en Roumanie doit être souligné. Tu as œuvré en lien avec les autres centres culturels européens à la reconnaissance de la culture roumaine : celle, classique et savante, qui fait revivre les traditions balkaniques, latines et byzantines, mais aussi celle qui célèbre les tendances actuelles de la danse contemporaine et de la jeune génération des cinéastes roumains. Autant de talents prometteurs qui peuvent compter sur leurs représentants à l’étranger pour trouver un accueil chaleureux à travers le monde. Tu as permis aux grandes voix roumaines de résonner dans les plus prestigieux festivals internationaux libanais. Sans oublier ton intervention qui a conduit à l’ouverture d’une section du livre roumain à l’Université américaine du Liban et à l’Académie libanaise des Beaux-arts. Enfin, tu as lancé, depuis deux ans, les Journées Culturelles Roumaines en lien étroit avec les partenaires locaux.

M. l’ambassadeur, si nous te décorons ce soir ici, c’est aussi grâce à ton attachement et à ton engagement en faveur de la francophonie. Nous connaissons ton soutien au mois de la francophonie, chaque année au mois de mars, au sein duquel la Roumanie occupe une place importante. Les murs du Palais de l’UNESCO ou de l’Institut français de Zahlé s’en souviennent… Le passage remarqué de Daniel Constantinescu n’avait pas manqué d’y souligner « L’esprit français dans l’architecture roumaine ».

Je rappelle également ta participation active au Salon du livre francophone où la Roumanie propose depuis plusieurs années un espace entièrement consacré à sa littérature.

Je souligne enfin ta contribution à l’organisation de la Fête de la musique au Liban qui a, cette année encore, accueilli des musiciens roumains de talent.

Je tiens ici à rendre hommage à l’ensemble des initiatives qui nous ont conduits à travailler ensemble très étroitement, dans un esprit de coopération et de respect mutuel pour porter haut avec nos partenaires libanais les couleurs de nos deux pays, la Roumanie et la France. Il nous semble important de saluer cet effort qui permet de faire valoir les croisements, les rencontres et les chemins de traverse empruntés par nos deux cultures. Je parle ici d’heureuses coïncidences que ton implication n’aura pas entièrement rendues fortuites. C’est effectivement un dynamisme tel que le tien qui permet aux savoirs de s’étendre, de s’entendre et enfin de s’emmêler dans un joyeux et nécessaire bouillon de cultures. Un investissement qui nous rend d’autant plus fiers et heureux qu’il est entrepris à nos côtés depuis de nombreuses années. De tout cela, M. l’ambassadeur, nous te sommes reconnaissants.

Mais ton engagement ne s’arrête pas là (où cela va-t-il finir ?!). Nous savons depuis la parution de ton livre La Roumanie et l’avenir de l’Union européenne en 2001 que vous êtes un Européen fidèle et convaincu. Nous avons pu constater ici la vitalité de votre action pour l’animation et la promotion du réseau culturel européen EUNIC au Liban. La présidence roumaine de ce réseau jusqu’en février dernier a donné la preuve de votre engagement européen, à travers votre enthousiasme et celui de votre collègue Dan Stoenescu, directeur du centre culturel roumain. Grâce à vos efforts conjoints, le réseau EUNIC a lancé la Journée européenne des langues et organisé la participation des instituts européens à plusieurs manifestations.

Diplomate curieux, rigoureux et cultivé, ouvert et sympathique, toujours partant pour de nouveaux projets au Liban, M. l’Ambassadeur, tu es pour nous tous un collègue précieux et apprécié. Tes compétences, tes années d’expérience et ton engagement personnel ont fait de l’ambassade de Roumanie au Liban un partenaire privilégié de la France.

Enfin, cher Daniel, j’ose dire que nous avons noué ici des relations de confiance et d’amitié, et même de solidarité non seulement européenne et francophone mais aussi sportive, à l’occasion du marathon de Beyrouth le 11 novembre dernier et je regrette de n’avoir pas poussé cette relation dans le domaine du tennis.

C’est à tous ces titres et avec beaucoup de gratitude et d’amitié que je te remets ce soir l’une des plus belles distinctions françaises.

« Daniel Tanase, au nom du gouvernement français, nous vous faisons Chevalier dans l’Ordre National des Arts et des Lettres. »

Dernière modification : 15/07/2013

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