Discours prononcé lors de la réception de la fête nationale (14 juillet 2013)

Excellence, Monsieur Adnane Mansour, Ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, représentant M. le Président de la République, Son Excellence le Général Michel Sleiman, et M. le Président du Conseil des ministres, Son Excellence M. Najib Mikati,

Monsieur Mahmoud Berry, Représentant M. le Président de l’Assemblée nationale libanaise, Son Excellence M. Nabih Berry,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et chers collègues,

Mesdames et Messieurs les députés de l’Assemblée Nationale libanaise

Monsieur Alain Marsaud, député de la Xe circonscription des Français de l’étranger,

Général Paolo Serra, Commandant de la FINUL,

Monsieur le général Haïdamous, représentant le Ministre de la Défense, Monsieur Fayez Ghosn, et le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Jean Kahwagi

Général Delort-Laval, chef d’État-major de la FINUL,

Madame et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger,

Monsieur le Consul général,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations françaises au Liban,

Mesdames et Messieurs et chers amis,

Nous sommes heureux, Annie et moi, de vous accueillir à la Résidence des Pins pour notre fête nationale. Le 14 juillet est une fête pour tous les Français et nous souhaitons qu’elle le soit aussi pour tous nos amis Libanais. Et quel meilleur endroit pour nous retrouver que cette résidence, où fut proclamé le Liban tel que nous le connaissons dans ses frontières internationalement reconnues, sur le perron même d’où je vous parle ? Cette résidence, qui porte une part d’histoire commune à la France et au Liban, est votre maison, la maison des Français comme de tous les Libanais, un lieu d’accueil, de rencontre, de débat, entre Français et Libanais, mais aussi entre Libanais eux-mêmes. C’est sa vocation et j’entends qu’elle le reste pour que nous continuions à y écrire des pages de la relation entre la France et le Liban. Nous n’avons nullement l’intention de déménager ! Bienvenue donc une nouvelle fois à la Résidence des Pins.

Le 14 juillet est un jour de fête et je vous rassure, nous entendons bien que cette tradition soit respectée. Mais avant de passer à la partie la plus festive de cette soirée, je voudrais vous livrer, sans prendre trop de votre temps, quelques réflexions.

Le 14 juillet, nous exaltons des valeurs que nous avons en partage, et qui sont très bien rassemblées dans ces trois mots : liberté, égalité et fraternité. Que pouvons-nous nous souhaiter de mieux pour nous-mêmes et pour le Liban et tous les Libanais ?

Il y a dans le cœur de tout Français une place pour le Liban, dans le cœur de tout Libanais je l’espère une place pour la France. La France a toujours été attentive au Liban. Elle est toujours restée à ses côtés, même dans les situations les plus tragiques et les plus difficiles de son histoire. Nos destins sont entremêlés depuis des siècles. Un tissu de relations unique nous rassemble, Libanais et Français, autour de valeurs partagées, dans le respect de l’identité de chacun. Nous pratiquons et faisons vivre ensemble, quotidiennement, une relation intense, diverse, plurielle.

La France vient à la rencontre de tous les Libanais dans leur diversité et leur richesse. Elle est présente sur tout le territoire du Liban, du Nord au Sud, de l’Est à la côte, par les instituts français que vous connaissez tous et par un réseau, unique par sa densité, d’établissements scolaires qui accueillent plus de 55 000 jeunes Libanais. Notre relation commence donc dans ce que nous avons de plus précieux, l’éducation de nos enfants. Ces instituts, ces écoles sont un lieu d’apprentissage de la tolérance, du respect de l’autre, du débat, de la citoyenneté. Cette relation se poursuit dans un tissu lui aussi très dense de relations inter-universitaires, dans une relation de connivence dans le domaine du droit ou encore dans celui de la médecine. Elle s’exprime aussi dans le monde du commerce et de l’économie, avec la présence sur le marché libanais de 5000 sociétés françaises, dont un très grand nombre de PME françaises, témoignage d’une relation humaine intense qui ne s’arrête pas aux frontières du Liban mais se tourne vers d’autres marchés où, ensemble, Français et Libanais peuvent conjuguer leurs forces.

Dans cette relation plurielle, la francophonie est un facteur commun. Cet atout, nous l’avons en partage, il n’appartient pas à la France, car la francophonie constitue un patrimoine que nous faisons vivre ensemble : comment expliquer autrement l’engouement pour les écoles à programmes français et les cours de nos instituts ? Comment expliquer autrement le succès toujours croissant du salon du livre francophone de Beyrouth qui a fêté en 2012 ses 20 ans ? Notre francophonie est une terre ouverte sur l’autre, sur les autres langues, vers le plurilinguisme qui nous enrichit tous.

Mais je ne vais pas faire un inventaire de notre relation si riche qui serait nécessairement incomplet. Je voulais seulement illustrer par quelques exemples cette spécificité franco-libanaise à laquelle nous sommes si attachés.

Sur le plan politique, nous sommes aussi aux côtés de nos amis Libanais, par beau temps comme par mauvais temps. En témoignent les nombreuses visites qui ont eu lieu pendant l’année écoulée, tout particulièrement celle du président de la République française, M. François Hollande, le 4 novembre dernier, qui a été l’occasion d’exprimer solennellement au Président Sleimane le soutien de la France au Liban après l’assassinat du Général Wissam Al Hassan. Le soutien et la solidarité de la France ont été réitérés lors de la visite à Paris du Premier ministre Nagib Mikati en novembre dernier.

Ce soutien, enfin, a été exprimé une nouvelle fois le 9 juillet, par le Conseil de sécurité des Nations Unies cette fois, lors de l’adoption d’une déclaration présidentielle consacrée au Liban, à l’initiative de la France. Il était à nos yeux important que le Conseil de sécurité s’exprime à l’unanimité, en faveur de la stabilité, de la sécurité, de la souveraineté nationale, de l’intégrité et de l’indépendance du Liban. Le Conseil a redit son attachement aux institutions libanaises et réaffirmé son soutien au Président de la république, M. Michel Sleiman, garant de ces institutions, et à l’armée libanaise, qui assume aujourd’hui une mission essentielle au service de tous les Libanais, pour garantir la sécurité de tous. Il a rappelé son appui à tous les efforts, notamment ceux déployés par le chef de l’État et cristallisés dans la déclaration de Baabda du 12 juin 2012 adoptée par les principaux partis politiques libanais sous son égide, pour consacrer le principe de distanciation et pour préserver le Liban des conséquences d’une guerre qui n’est pas la sienne. Le Conseil de sécurité a par ailleurs appelé à la remise en route des institutions en encourageant la formation rapide du gouvernement et en relançant une perspective pour les élections législatives.

Le Conseil de sécurité a enfin redit son engagement en faveur de la stabilité du Liban et de la région tout entière en exprimant son plein soutien à la FINUL. Je voudrais rendre hommage à tous les hommes qui accomplissent aujourd’hui cette mission, à travers son commandant, le Général Paolo Serra, et au contingent français, présent sans interruption depuis la création de la FINUL en 1978, au travers du Général Delort-Laval, chef d’État-major de la force et du Colonel Baudouin, commandant le contingent français.

Enfin, je voudrais dire un mot des réfugiés syriens et palestiniens de Syrie que le Liban accueille aujourd’hui en très grand nombre. Cette hospitalité sans égale qu’offre le Liban à ses voisins fait l’honneur de votre pays mais a aussi un coût. Je veux vous dire combien l’Union européenne et ses États membres en sont conscients et qu’ils sont totalement engagés aux côtés des autorités libanaises, des Nations Unies et des ONG pour rendre possible cet accueil.

Les Libanais, c’est une de leurs forces, restent confiants dans la capacité de leur pays à tenir face aux difficultés. Permettez-moi de vous dire, c’est un devoir d’amitié : le dialogue, l’écoute, le compromis, la reconnaissance de l’autre sont aujourd’hui des impératifs. Ni le rapport de forces, ni l’attente ne peuvent être les voies menant à une paix civile renouvelée et une stabilité durable.

Au Liban, les Français découvrent un pays accueillant à l’autre, à sa culture, aux langues étrangères, au français bien sûr, un pays de tradition conviviale et tolérante, puisque le Liban reste un creuset de la diversité religieuse, un pays ouvert au débat, à la discussion, à l’échange. Je pense à la presse, aux universités, à la société civile qui, ici, demeurent ouverts au monde, à la modernité et restent des moteurs de changement. Le Liban reste aussi un espace de création artistique et d’innovation.

C’est ce Liban là que les Français aiment. Un mot pour finir à mes compatriotes, qui se sentent toujours si bien dans ce pays. Je respecte et j’admire l’action de tous, chacun dans leur domaine, pour faire vivre la relation franco-libanaise. Je voudrais vous redire que toute l’équipe de l’ambassade rassemblée autour de moi ce soir est à votre disposition et à votre écoute. Consultez notre site internet, n’hésitez pas à faire vos commentaires, nous devons avoir un dialogue constructif et nous y sommes ouverts, ouverts à vos suggestions éventuelles.

Je voudrais aussi rappeler que notre consulat général est naturellement ouvert aux Français de Syrie qui ont besoin des services consulaires que nous ne pouvons plus leur rendre en Syrie. Ils savent que ce consulat leur est pleinement ouvert dans un esprit de solidarité. Je veux aussi rendre hommage à tous ceux qui sont restés au service de la France en Syrie.

Pour finir, je voudrais remercier devant vous tous toute l’équipe de l’ambassade, dans toute sa diversité, sur tout le territoire libanais, pour son infatigable ardeur, toujours avec le sourire et une foi inébranlable ! Merci du fond du cœur.

Merci aussi à tous ceux qui s’engagent, vos élus, vos associations, au service des de nos compatriotes. Ils complètent et renforcent l’action de l’État en aidant à tisser des liens d’écoute et de solidarité.

Merci aussi à tous nos amis libanais, nos interlocuteurs de tous les jours, nos partenaires, avec lesquels nous sommes heureux de travailler à développer la relation entre nos deux pays dans l’amitié.

Enfin je voudrais remercier la musique des FSI pour les hymnes et tous les morceaux interprétés avec talent.

A tous, je souhaite une belle soirée !

Vive le Liban ! Vive la France !

Vive l’amitié entre le Liban et la France !

Chantons ensemble maintenant la Marseillaise !

Dernière modification : 22/07/2013

Haut de page