Discours pronconcé lors de la décoration au grade d’Officier des Palmes académiques de Mgr Marwan Tabet - 13 février 2013

Monseigneur,
Mesdames et Messieurs les chefs d’établissement,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Les hommages saluant votre élévation à la dignité épiscopale et votre mission au Canada, à la tête de l’Archevêché Maronite de Montréal ont été innombrables et unanimes au cours de ces dernières semaines. J’y ajoute le mien.

Le seul regret exprimé en ces circonstances est celui de votre départ et de votre absence à venir, avec l’espoir de vous revoir souvent au Liban.

L’ambassade de France s’associe aux témoignages, aux félicitations et aux vœux qui de toutes parts ont afflué vers l’enfant de Bhamdoun devenu un prêtre remarquable, dont le rayonnement intellectuel, moral et spirituel s’est manifesté aussi bien en cette terre du Liban dont vous n’avez jamais oublié les racines, qu’en des continents plus lointains, jusqu’en Afrique du Sud ou aux États-Unis, où vos études, vos recherches et votre action de terrain ont imprimé tant de traces profondes.

En vous nommant évêque, l’église a consacré l’un de ses grands serviteurs. Elle a voulu reconnaître l’acteur de terrain, le prêtre, le curé, l’aumônier, le missionnaire, qui a creusé sans relâche les sillons du quotidien, dans les paroisses, dans les écoles, dans les institutions sociales et éducatives, au bénéfice tant des individus de tous âges, que des communautés, de toutes les femmes et de tous les hommes en besoin et en demande d’écoute et d’accompagnement et, tout simplement, d’espérance.

La France a souhaité également vous rendre hommage et honorer un serviteur exceptionnel de la cause éducative en vous attribuant les Palmes Académiques au grade d’officier.

Après de brillantes études couronnées par des licences de philosophie et de théologie de l’Université de Kaslik, puis un master et un doctorat en administration scolaire, vous vous êtes investi dans des fonctions d’enseignement et d’encadrement. A ce titre, si vous devez beaucoup au Collège des Apôtres de Jounieh – je salue la présence du Père Sami, son chef d’établissement – le Collège des Apôtres vous est tout autant redevable. Vous lui avez manifesté une fidélité exemplaire en vos qualités successives d’aumônier, de professeur, puis de directeur adjoint.

La France a voulu saluer également le brillant esprit, chercheur, penseur, professeur distingué qui, dans le domaine des sciences de l’éducation comme dans les spécialités qu’il a enseignées en philosophie, en sciences religieuses et en sciences humaines, a nourri la réflexion collective et contribué à la transmission des fondamentaux cognitifs mais aussi opérationnels, de l’école jusqu’à l’Université.

Aucun de vos étudiants du Séminaire Patriarcal, de l’Université Saint Esprit de Kaslik ou de l’USJ ne saurait oublier le maître qui, par son exemplarité intellectuelle et par la vertu de son empathie pédagogique, les aura accompagnés dans leur cheminement intellectuel. Chacun de vos lecteurs, chacun des auditeurs de vos conférences, garde en mémoire la profondeur de votre pensée, qu’elle porte sur les questions essentielles de la théologie, sur l’analyse des institutions religieuses ou sur les problématiques les plus contemporaines du management, en particulier éducatif.

Enfin, la France honore les qualités remarquables de l’homme d’initiative et d’action que vous avez toujours été.

Elle pense à cet étudiant qui, dès son arrivée sur les bancs de l’Université Saint Esprit de Kaslik, avait créé l’Assemblée pour le Dialogue Œcuménique. Elle pense à celui qui fut délégué des étudiants auprès du Conseil de la Faculté et représentant aux sessions du Dialogue International entre Étudiants de Théologie, en œuvre au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

Elle pense à cet homme engagé qui, tout à la fois fondateur et organisateur, animateur et fédérateur, ou encore consultant très recherché, a œuvré, entre autres, à l’Office International de l’Enseignement Catholique, à la Caisse d’Indemnités des Enseignants des Écoles Privées au Liban, à l’Association des Amis de l’École Publique, au Fonds d’Aide pour l’Éducation dans les Écoles Catholiques.

Comment ne pas évoquer, enfin, votre rôle remarquable à la tête du Secrétariat Général des Écoles Catholiques au Liban ?

Vous avez manifesté - à travers cette mission essentielle et exigeante - toutes vos qualités et y avez investi toutes vos compétences, votre puissance de travail, votre sens de l’écoute et de l’échange, votre hauteur de vue, ainsi que cette volonté d’aboutir dans la finalisation de toutes les évolutions où vous vous êtes engagé.

Dans ces fonctions, nous avons pu mesurer votre ouverture en direction des acteurs de la coopération scolaire et linguistique menée par l’ambassade de France au Liban, mais aussi du réseau libanais des établissements homologués et conventionnés de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger, dont relèvent 18 établissements appartenant aux congrégations chrétiennes ; ouverture aux principes pédagogiques du modèle éducatif français, engagement pour la valorisation de la francophonie et de la culture française.

Grâce à votre dynamisme et à votre vision d’une politique linguistique moderne, le Secrétariat Général des Écoles Catholiques du Liban a signé, avec l’Institut français du Liban, une convention de coopération linguistique et éducative le 12 septembre 2011. Les 365 établissements, les 13 000 professeurs et les 180 000 élèves de ce réseau bénéficient ainsi aujourd’hui d’un plan ambitieux et cohérent de renforcement de la qualité de l’enseignement du français et en français dans le contexte scolaire plurilingue libanais : programmes de certification linguistique du corps enseignant, introduction des diplômes officiels français DELF prim et DELF junior, promotion du Label CELF, organisation conjointe de séminaires pédagogiques, mise en œuvre commune d’innovations pédagogiques et facilitation de la participation des établissements scolaires aux manifestations culturelles francophones des 9 antennes de l’Institut français du Liban.

Grâce à vous, grâce à Mme Linda Aoun et, naturellement, grâce à votre successeur le Père Boutros Azar, l’enseignement du français et l’enseignement de toutes les langues progressent de manière significative dans ce très dynamique réseau d’écoles catholiques. Vous avez symbolisé, à travers votre action, la pleine appropriation de cet engagement nécessaire en faveur de la francophonie.

Vous avez exprimé en effet dans tous vos actes, la conviction que le dialogue, l’écoute et la volonté réciproque de rapprochement, pouvaient assurer le mariage heureux entre notre propre héritage et les valeurs ancrées dans l’histoire et la culture des établissements confessionnels libanais, pionniers et garants d’une continuité éducative structurante pour la jeunesse libanaise, et donc pour l’avenir du pays dans un environnement technologique, social et culturel en profonde métamorphose.

Pour le caractère exceptionnel de votre engagement et de votre action dans le sens du bien public, pour l’exemplarité et le rayonnement personnel, professionnel et spirituel qui sont les vôtres, pour votre soutien aux valeurs et principes véhiculés par la langue et la culture françaises et pour votre précieux appui à l’action menée par la France au Liban, j’ai l’honneur et le plaisir, Monseigneur Marwan Tabet, de vous remettre les insignes d’officier dans l’Ordre des Palmes Académiques.

Monseigneur Marwan Tabet, au nom du gouvernement français, nous vous faisons Officier dans l’ordre des Palmes académiques.

Dernière modification : 27/06/2013

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