Discours lors de la remise des diplômes à l’Université Antonine - 5 juillet 2013

Cher Père Recteur,
Cher Père Joe Bou Jaoudé, Secrétaire général,
Monsieur le vice-Recteur aux affaires académiques et aux relations internationales,
Mesdames et Messieurs les Doyens de Facultés,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Département, et Directeurs de Centres et d’Instituts,
Mesdames et Messieurs les professeurs,
Chers étudiants,

C’est pour moi un grand honneur d’être ici parmi vous, dans cette prestigieuse université, dont le projet d’établissement s’inscrit dans la tradition pastorale de l’Ordre Antonin Maronite, lequel a, comme on le sait, fortement œuvré à la construction de la nation libanaise, dès la fin du XVIIème siècle.

Depuis sa fondation, l’ordre Antonin Maronite a appréhendé l’éducation des jeunes comme le prolongement naturel de sa mission apostolique. Une école était presque toujours annexée à chacun de ses monastères. Il relevait de la responsabilité du prêtre d’instruire tout autant que de prêcher !

L’Université Antonine est l’aboutissement logique d’un long processus de structuration, de spécialisation graduelle, d’internationalisation, dans plusieurs domaines-clés pour la connaissance et pour la société civile libanaise. Une université qui, dès 1961, date de la création de la Faculté de Droit civil à Baabda, sur ce même site puis, de manière officielle, à partir de 1996, date de sa reconnaissance par l’État libanais, jusqu’à nos jours, a formé, et forme toujours, des générations de jeunes, de tous les milieux sociaux-économiques et religieux, dans un esprit de convivialité et d’harmonie. Cette dimension d’accueil mérite d’être relevée. Dans le monde d’aujourd’hui, marqué par des phénomènes de replis identitaires, cela ne relève pas que d’un acte éducatif, cela relève d’un acte de foi en l’homme. J’ai été frappé par l’allocution que vient de prononcer Patricia Nseir au nom de toute la promotion et je ne peux que souscrire à ce plaidoyer en faveur de la tolérance du vivre-ensemble et du respect de l’autre.

L’Université Antonine est arrivée aujourd’hui - je le dis sans détour devant le Père Recteur car c’est aussi le résultat de l’impulsion donnée par la nouvelle équipe dirigeante - au stade de la maturité.

Trois indicateurs nous permettent de le relever :

Tout d’abord, le nombre et la qualité des parcours diplômants proposés en son sein, sur 3 campus (Hadeth-Baabda, Zahlé-Békaa, Mejdlaya-Liban Nord), en français ou en anglais, selon les cas. Les enseignements sont régulièrement actualisés ; une place importante est laissée à l’innovation. Tout cela contribue à la qualité de l’établissement. L’étudiant peut construire son parcours de formation, selon le système LMD, jusqu’au master recherche ou au master professionnel (on compte aussi un MBA, un diplôme d’ingénieur, des diplômes universitaires, un projet d’École doctorale Euro-méditerranéenne en sciences du sport) ; les passerelles sont nombreuses ; les partenariats avec les universités étrangères aussi.

Cette maturité, on la reconnaît également à la réactivité dont l’Université fait preuve, articulant ses plateformes de formation avec le monde réel, proposant des stages, favorisant l’insertion professionnelle de ses étudiants. Ce sont, par exemple, les formations diplômantes en éducation physique et sportive, les formations en ingénierie informatique et télécom, en information et communication, en gestion des affaires, en santé publique. Chacune de ces filières a une visée professionnalisante affirmée. A l’Université Antonine, on réfléchit, on spécule (je le vois à la richesse des publications de l’université), mais on se prépare d’abord et avant tout au monde professionnel. Comme le relevait récemment dans un article Antoine Yazigi, vice-Recteur aux Affaires académiques et aux Relations internationales, « l ’Université Antonine est un lieu de formation, d’apprentissage, de transition vers la vie active ».

Enfin, on constate, et c’est important, que cette maturité passe par la recherche, dans laquelle la qualité des travaux de l’Université a été considérablement renforcée. Cette recherche passe notamment par l’organisation de colloques, comme celui sur « Les campagnes vues à travers le prisme des technologies de l’information et de la communication » (23 mai 2013), qui a été un temps fort de réflexion sur les corrélations entre le politique et le médiatique.

Je voudrais relever deux derniers éléments qui font la spécificité de l’Université Antonine et du lien qui nous unit :

1) Tout d’abord, son orientation musicale, un domaine qui me tient particulièrement à cœur. L’Université héberge en son sein un Institut Supérieur de Musique, qui se distingue par l’excellence de sa formation, propose un enseignement de grande qualité en musicologie, fait un travail scientifique remarquable sur le patrimoine musical des mondes arabe et méditerranéen, est à l’origine des coopérations entre les départements de Génie informatique et de publicité pour la construction de parcours en Musique, technologies et média, par exemple, préparant enfin à l’activité concertiste, à l’activité de production, comme à l’enseignement de la musique dans les écoles au Liban. Enfin, je ne serais pas complet si je ne citais pas la chorale de l’Université qui est, en la matière, ce qui se fait de mieux au Liban et dont le rayonnement hors du pays est considérable.

2) Je voudrais enfin évoquer notre partenariat avec l’Université Antonine. C’est un partenariat ancien et naturel, s’agissant d’une université de tradition francophone. Les unités avec lesquelles nous avons des liens privilégiés, Faculté d’Ingénieurs, Faculté d’Information et communication, Faculté de Gestion des Affaires, Institut d’Éducation physique et sportive, Centre de Langues, ont permis de conclure des accords de coopération inter-universités, lesquels concourent, nous le pensons, par la mobilité et la circulation des information qu’ils favorisent, à la qualité des enseignements.

Il me semble nécessaire de mentionner, ici, la coopération exceptionnelle que nous avons depuis septembre 2012 avec le Centre de Langues de l’Université, service commun pour les langues étrangères (français, anglais en l’occurrence). Coopération qui a permis la mise en place d’un plan de formation en sept étapes, lequel contribue, nous semble-t-il, à la rénovation de l’approche méthodologique et donc à la qualité des enseignements. Nous vous savons gré de ce partenariat remarquable, qui sert un objectif ambitieux : la francophonie à l’échelle de l’université.

إننا لا نتمسك باللغة الفرنسية فقط بل وأكرر مرة أخرى أن ما نؤمن به هو تعددية اللغات والثقافات. وتعليم اللغات هو وسيلة لا بديل لها لبناء جسور تسامح لمعرفة وإحترام الآخر. ها هي مهمتنا ومهمة جامعتكم.

Il me reste à me retirer, pour laisser place aux vraies ‘vedettes’ de la soirée, les étudiants (ils sont 456, d’après mes informations), pour qui nous sommes réunis ce soir, et qui concluent, avec cette cérémonie de remise de diplômes, une année entière d’efforts studieux ! Un très grand bravo à tous !

Merci à tous pour votre accueil chaleureux.

Dernière modification : 09/07/2013

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