Discours lors de la remise des insignes de l’Ordre national du Mérite au Colonel Saïd FAWAZ - 5 mars 2013

Monsieur le Directeur général,
Messieurs les directeurs,
Messieurs les officiers et sous-officiers
Mesdames et messieurs,
Colonel Saïd Fawaz,

En la personne du Colonel Saïd Fawaz, nous honorons, ce soir, un homme d’action et de conviction, un grand serviteur de l’État.

Comme c’est l’usage, permettez-moi de revenir sur quelques étapes majeures de votre carrière.

Après une licence d’informatique, vous intégrez l’École Militaire en 1986 puis l’Académie de Police de Warwar (وروار) en 1987. En 1990, vous partez en France suivre la formation des Officiers de la Gendarmerie Nationale de Melun. Vous êtes également diplômé de l’École Nationale Supérieure de Police (ENSP) de St Cyr au Mont d’Or en 2003. Ces périodes d’étude dans ces écoles françaises ont créé les liens très forts que vous gardez avec la France.

Votre parcours au sein des Forces de sécurité intérieure (ministère de l’intérieur et des municipalités), où vous êtes entré en 1989 en tant que sous-lieutenant, vous a permis de diriger différentes unités de police dans l’ensemble des domaines de la sécurité intérieure : administration pénitentiaire, police urbaine, police de la circulation, enseignement, sécurité publique, police judiciaire...

Un des moments forts de votre début de carrière se situe à la fin de la guerre, quand vous êtes chargé de garder la prison de Beyrouth qui, avec plusieurs centaines de prisonniers, représentait un objectif pour la plupart des milices. Vous avez pu assurer la protection de ces détenus malgré le manque de moyens et des conditions de précarité extrême. Vous avez d’ailleurs été blessé plusieurs fois.

Vous avez été également formateur de Police Judiciaire et avez exercé des actions de formation continue au sein des FSI.

Un avancement rapide (capitaine en 1995, commandant en 2000, colonel en 2004), atteste vos mérites.

Depuis avril 2006, vous êtes chef adjoint du Département de l’Information des FSI, unité chargée du renseignement et des activités opérationnelles anti terroristes.

On ne peut que ressentir respect et admiration pour votre parcours et en même temps, nous pensons avec tristesse à l’élan brisé du général Wissam Al Hassan, dont vous étiez très proche et dont le lâche assassinat a démontré combien votre métier était au centre d’enjeux importants. Je profite de cet instant pour rendre hommage à sa mémoire et salue chaleureusement le général Achraf Rifi qui est à la tête de la direction générale des FSI dont le professionnalisme reconnu se renforce année après année. Je salue également le colonel Imad Osman qui a la lourde et difficile mission de succéder au général Wissam Al Hassan dans ces circonstances dramatiques.

Dans vos fonctions actuelles, Colonel Fawaz, vous connaissez mieux que quiconque les risques importants qui pèsent sur vous et sur vos hommes au sein d’un service qui a payé un lourd tribut pour l’efficacité de son action.

Malgré cela ou peut-être à cause de cela, vous poursuivez votre mission avec un dévouement hors du commun. Votre pondération, votre modestie, votre souci d’objectivité et votre aversion pour l’injustice vous assurent l’estime du plus grand nombre même si vous restez, avant tout et par principe vital, un homme discret.

Vous êtes un partenaire précieux du Service de Sécurité Intérieure de l’ambassade pour la conception et la préparation de tous les programmes de coopération concernant les techniques opérationnelles liées à la lutte anti terroriste. A ce titre, vous faites partie des principaux artisans de la relation des FSI avec des services français comme le Raid, le GIGN et la BRI.

Pour faciliter la coopération opérationnelle et l’entraide judiciaire avec la France, et en l’absence de convention ad hoc, votre service a permis de traiter ces dernières années de nombreuses demandes émanant de services d’enquête ou de magistrats français.

Sur ce point, je peux citer ce fait marquant de l’année 2011 encore dans toutes nos mémoires. Il s’agit de l’affaire de l’enlèvement des sept Estoniens dans la plaine de la Bekaa. Pendant plusieurs mois, vous avez été, à l’égard des services estoniens, d’une disponibilité et d’une efficacité exceptionnelles, jusqu’à la récupération des otages.

Affichant sans réserve votre attachement à la France, vous êtes un partenaire essentiel et exigeant du gouvernement français sur le terrain de la coopération technique que vous suivez de façon méticuleuse.

Vous attachez du prix au soutien de la France au renforcement des capacités de votre unité dont vous suivez la progression depuis 2006. Vous demeurez l’un des interlocuteurs très appréciés des services français de police et de gendarmerie dont vous avez une connaissance approfondie.

A décrire votre parcours, votre courage, vos convictions, la force de votre engagement, on constate que le trait le plus saillant de votre personnalité est le goût du service public, et je sais le prix que vous attachez à l’impartialité de ce service de la sécurité rendu au bénéfice de tous les Libanais.

Marié, père de trois enfants, vous prenez des risques et sacrifiez votre vie privée pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé au Liban. A cet égard, je salue votre famille qui participe à votre engagement.
Cette rigueur, cette abnégation et ce sens de l’intérêt supérieur du Liban et des Libanais forcent le respect et la sympathie.

C’est pourquoi, cher Colonel Saïd Fawaz, en reconnaissance de votre action au service des relations entre la France et le Liban, le Chef de l’État a décidé de vous accorder cette distinction.

Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier dans l’ordre national du mérite.

Dernière modification : 27/06/2013

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