Discours de l’Ambassadeur de France lors du lancement de la facilité AFD pour les populations touchées par la crise syrienne - 22 mai 2014

Bonjour à tous,

1. Je suis heureux de vous accueillir à l’ambassade. Parmi vous, des ONG, des représentants de plusieurs ministères ou institutions, des bailleurs, des ambassades, des journalistes. Merci à tous pour votre présence et pour les actions que vous menez. Merci à Lionel Cafférini qui, à la tête de l’AFD à Beyrouth depuis le mois de septembre, nous donne l’occasion de vous rencontrer et de vous présenter ce que l’ambassade et la France ont mis en place pour aider le Liban face à la crise des réfugiés.

2. Trois années de guerre ont détruit la Syrie et meurtri sa population. Elles ont aussi profondément déstabilisé ses voisins, en particulier le Liban qui accueille le tiers des Syriens ou Palestiniens de Syrie qui ont dû fuir leur pays. Plus du quart de la population du Liban est aujourd’hui une population réfugiée, proportion sans égale dans le monde, comme l’a souligné à plusieurs reprises Antonio Guterres, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

La guerre en Syrie a aussi réduit les échanges, coupé les routes commerciales et très fortement touché le tourisme dans la région. Le Liban doit donc faire face aux conséquences d’une forte croissance démographique et d’une grave crise économique, qui se sont aussi accompagnées d’une crise politique et sécuritaire.
3. La France n’est pas restée les bras croisés. Notre solidarité avec le Liban, au cours de ces trois années de crise, le Président de la République et le ministre des affaires étrangères français ont pu l’exprimer directement au président Sleimane et aux autorités libanaises, lors de leurs visites respectives au Liban en 2012, à New York en septembre 2013 et lors de la réunion ministérielle de suivi du Groupe international de soutien qui s’est tenue à Paris sous la présidence de François Hollande, le 5 mars 2014.

Ces actions diplomatiques visent à mobiliser les bonnes volontés autour du Liban et à accroître les aides financières destinées à gérer les conséquences de la crise au Liban.
4. On entend et on lit souvent que le Liban, malgré ce qu’il subit, ne reçoit aucune aide. Qu’en est-il ?

Je voudrais rappeler que la communauté internationale, et au premier rang l’Union européenne et ses pays membres, a financé la réponse aux besoins des réfugiés, mis en œuvre notamment par l’UNHCR, l’UNRWA, le Programme alimentaire mondial, l’UNICEF, et par les ONG locales et internationales, partenaires ou non des Nations Unies.

Les projets d’aide directe au Liban et aux Libanais, en tant que communautés hôtes, sont également nombreux via l’aide bilatérale ou multilatérale, dans les domaines comme l’éducation, les affaires sociales, la santé etc., par des financements directs, des mises à dispositions d’experts, ou le financement de programmes mis en place par le PNUD ou par la Banque mondiale.
L’Union européenne, à travers la commission européenne, a déjà engagé 283 millions d’euros pour répondre à la crise au Liban, qui se répartissent entre l’aide humanitaire et les financements pour aider les institutions libanaises à faire face à la crise.

5. Au Liban, la France, en sus de sa contribution via l’UE, a mobilisé à ce jour à titre strictement bilatéral plus de 16 millions d’euros. Ces sommes se sont réparties entre :
- les Nations Unies et plus particulièrement le HCR, l’UNRWA et le PAM ;
- plus d’une dizaine d’ONG libanaises : AMEL, DPNA, Salam, Mada, Association culturelle du Hermel, Semeurs d’avenir, Arc en ciel, Mouvement social, Fair trade Lebanon, Alpha, Ligue des femmes de Halba ;
- des ONG françaises ou internationales : Médecins du monde, Handicap international, Première Urgence AMI, Solidarités international, le Secours islamique français, le secours catholique, la croix rouge française, Save the children, l’Institut européen de coopération au développement, OXFAM, Asmae ;
- les autorités libanaises à travers le Haut comité de secours du gouvernement libanais.
En plus des 16 millions d’euros déjà mobilisés, la France a annoncé le 5 mars dernier, lors de la réunion ministérielle du groupe international de soutien organisée à Paris, qu’elle contribuerait à hauteur de 7 millions d’euros, soit près de 10 millions de dollars, au trust fund mis en place par la Banque mondiale, à la demande des autorités libanaises.

Est-ce assez ? Certainement pas, pour une crise d’une telle ampleur. Mais soyons tous conscients que si les moyens restent insuffisants, ils sont loin d’être négligeables, alors même que le monde connaît, malheureusement, plusieurs crises humanitaires simultanées.

6. Je laisse à présent Lionel Cafferini vous parler à présent du financement que l’AFD a mis en place, à la demande des autorités françaises, pour répondre aux conséquences de la crise syrienne au Liban et en Jordanie. Les ONG qui vont bénéficier de ce financement, de 3 millions d’euros pour le Liban, présenteront ensuite les projets sélectionnés. Mes collaborateurs évoqueront ensuite les autres outils mobilisés par l’ambassade notamment le fonds social de développement et le fond d’urgence humanitaire./.

Dernière modification : 20/06/2014

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