Discours de l’Ambassadeur de France lors du dîner de gala pour « Animals Lebanon » - 13 juin 2014

Dear Lana,
Dear friends,

Annie and I are very happy to welcome you at the Résidence des Pins tonight for this special evening with and for “Animals Lebanon”. When discussing the organization of the event, Lana told me that English would be the language - I have no problem with that, being a long time partisan of plurilinguism that we practice every day with our Lebanese partners - but that I was free to use any other language. I wondered what to do and asked myself –this evening being about animals- what language we use when we talk to them. I never questioned the fact that our two cats, though they are originally true Emirati cats, understand French, since it is the only language we ever used to communicate with them. And I wondered what language was used here in Lebanon, to appease the anxiety of the chimpanzee that was saved from his prison or the crocodile that sought refuge in Nahr Beirut when Animals Lebanon came to their rescue. Life can become quite complicated ! I would like to quote John Steinbeck who, traveling through the USA with his dog Charley, noted in his account of his journey : “I wonder why we think the thoughts and emotions of animals are simple.” Since I read his book, I tend to identify with Charley. Just replace animals by diplomats.
Having said that, I will say a few words in French about the reason why we thought it was appropriate to host this event with Animals Lebanon.

Permettez-moi de dire deux mots de votre association, avant de parler du droit des animaux, qui nous concerne tous et de façon croissante, pour vous inviter à réfléchir sur la question qui nous est posée ce soir.

1. Chère Lana El-Khalil, vous avez fondé l’association « Animals Lebanon » en 2008. Cette ONG vise à défendre le bien-être des animaux à travers la loi, l’éducation, des campagnes de sensibilisation et le sauvetage d’animaux, avec une philosophie constante : la façon dont on traite les animaux est révélatrice de la façon dont on se traite soi-même et dont on traite les autres.
Par son action, « Animals Lebanon » contribue à faire avancer la cause animale au Liban. Grâce à elle, trois zoos dont les infrastructures vétustes n’étaient pas adaptées à l’accueil d’animaux qui y subissaient de mauvais traitements ont fermé. Par la suite, une centaine d’animaux ont été placés dans des lieux sûrs à travers le monde. Pour les animaux de compagnie, vous avez établi un centre pour les animaux abandonnés, avant de leur trouver un nouveau foyer. Enfin, vous dénoncez et combattez le trafic d’animaux en voie de disparition au Liban ou transitant par le Liban.

2. Votre combat pose la question du droit dont devraient bénéficier les animaux. Cette question s’impose à nous, en particulier depuis que la science a prouvé que les animaux sont sensibles aux émotions et à la douleur. Cela nous conduit à repenser notre rapport avec les animaux, longtemps considérés comme des objets.

Si les animaux sont sensibles, nous devons débarrasser nos rapports, qu’ils soient affectifs ou alimentaires, de toute souffrance inutile à leur endroit. C’est le sens de votre action. Nous ne devons pas concevoir les animaux comme des objets mais les considérer comme des sujets à part entière ayant une place singulière dans notre environnement. Notre rapport aux animaux prend ainsi une dimension morale. Nous ne pouvons traiter de la même façon un être animé et un objet inanimé. La légitimité de cette question est pleinement reconnue aujourd’hui par les philosophes. Je mentionnerai à ce titre les travaux de la Française Elisabeth de Fontenay.

3. La noble cause que vous défendez devient de plus en plus une question de société qui mobilise la société civile, associations de défense des animaux, intellectuels et citoyens. Mais elle ne saurait mobiliser seulement celle-ci. Le sujet doit être porté auprès des pouvoirs publics, politique et juridique, pour bâtir un « droit des animaux ». Pour que votre combat ne reste pas vain, les animaux doivent bénéficier d’une reconnaissance et d’une protection à part entière par le droit. Les sanctions s’appliquant à ceux qui se rendent coupables de maltraitance à leur égard doivent être suffisamment fortes pour les rendre dissuasives. En France, les animaux sauvages et domestiques sont protégés par de nombreuses lois nationales et directives européennes et toute personne reconnue coupable de cruauté contre un animal peut encourir jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Votre engagement a permis l’adoption par le Liban de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Vous êtes également en lien avec les pouvoirs publics libanais, en particulier le ministère de l’agriculture, afin de faire adopter par le Liban une législation nationale sur le bien-être animal. A l’instar de la Convention de Washington, il existe d’ores et déjà un panel de textes internationaux sur la question, qui pourrait servir de référence juridique pour le Liban. Ces textes vous ont permis d’élaborer avec les institutions gouvernementales libanaises, des organisations internationales et d’autres ONG, une loi dite de « protection et de défense des animaux », qui est depuis novembre dernier devant le Parlement. Nous espérons qu’elle pourra être votée prochainement.

4. Pour conclure, je voudrais citer Gandhi qui a dit : « la grandeur et le développement moral d’une nation peuvent se mesurer à la manière dont elle traite ses animaux ». Dans ce combat, le Liban, ses institutions et sa société civile peuvent compter sur l’appui de la France et de son ambassade.

Je vous remercie.

Dernière modification : 16/06/2014

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