Discours d’inauguration du projet pilote de station d’épuration du caza de Bcharreh - 27 juillet 2013

Madame la député, chère Sethrida Geagea,
Monsieur le député, Monsieur Elie Keyrouz,
Messieurs les maires, M. Antoine Taouk, Dr Georges Geagea,
Monsieur le Président du CDR, M. Nabil El Jisr,
Monsieur le PDG de l’établissement de l’électricité du Liban-Nord,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je me réjouis d’être parmi vous pour célébrer, ici, à Bcharreh dans le hameau de Harim, l’inauguration de ce projet novateur de station d’épuration à filtres plantés de roseaux, première expérience et en tant que telle, initiative pilote au Liban en matière d’eau et d’assainissement.

J’ai été très ému de votre accueil et en particulier de la très belle Marseillaise que nous ont interprétée les scouts tout à l’heure ; elle était magnifique ! Merci aux scouts. Je suis très ému de me trouver aussi entre les drapeaux français et libanais dans cette partie de la montagne libanaise pour célébrer l’amitié entre nos deux pays.

Je ne vais pas vous dire tous les avantages des roseaux, vous n’avez qu’à consulter Jean de La Fontaine pour les mérites comparés du chêne (ou du cèdre ?) et du roseau ou encore Pascal, qui comparait l’homme à un roseau pensant (un être faible mais qui domine la matière par la pensée, nous dit le Petit Robert). Mais, trêve de philosophie. On va me dire que je fais de la politique !

Le secteur de l’eau au Liban été identifié par les autorités libanaises comme une priorité à juste titre : il correspond à un impératif vital pour la population sur le plan de la santé publique comme sur celui de l’environnement. Ce secteur doit répondre aux besoins de la vie quotidienne et la production, la distribution de l’eau comme le traitement des eaux usées doivent eux prendre en compte l’avenir en cherchant des solutions durables en termes d’approvisionnement, de renouvellement et d’environnement.

La coopération française place, elle aussi, ces questions parmi ses priorités parce que, d’une part, elles constituent un facteur clef du développement, et que, d’autre part, nos entreprises ont, dans ce domaine, une expertise et un savoir-faire technique reconnus. C’est pourquoi, nous nous efforçons de mobiliser dans ce domaine nos outils d’appui et de financement, ce qui justifie l’implication de toute l’ambassade : les interventions de l’Agence Française de Développement dirigée par Denis Cassat, qui malheureusement nous quitte cet été, la mobilisation de l’expertise française par l’Institut Français ou le Service Économique Régional visent à permettre une gestion raisonnée des ressources naturelles qui puisse s’inscrire dans la cohérence d’ensemble que nous souhaitons voir progresser au Liban.

C’est donc une joie d’être avec vous aujourd’hui pour inaugurer ce projet pilote, concrétisation de nos efforts conjugués au service d’objectifs et de principes partagés. Permettez-moi à cette occasion de souligner trois points :

1. Tout d’abord, je félicite les autorités de Bcharreh et les élus de la Qadisha qui, avec l’appui du Conseil pour le Développement et la Reconstruction, ont engagé une démarche, novatrice au Liban, de programmation dans le domaine de l’assainissement des petites villes : il s’agit du « schéma directeur d’assainissement de l’ensemble de la vallée de la Qadisha » financé par la France, la Fédération des municipalités du caza de Bcharreh et l’Établissement des eaux du Liban Nord. Ce schéma directeur est la charpente de toute l’activité dans ce domaine, dont il assure la cohérence d’ensemble en mettant en jeu différentes solutions pour collecter et traiter les eaux usées de la vallée. Il a également pour objectif de protéger les ressources en eau ainsi que les richesses patrimoniales naturelles de la vallée de la Qadisha dont il convient de rappeler qu’elle a été enregistrée au patrimoine Mondial de l’Humanité en 1998.

2. Ensuite, le concours de l’AFD (à hauteur de 500 000 €) a permis le financement, à Bcharreh, de cette station d’épuration utilisant un système de filtres plantés de roseaux. Ce projet pilote doit permettre une meilleure maîtrise des conditions d’introduction de la technologie au Liban qui soit adaptée en taille et en coût à l’assainissement des municipalités rurales et à l’habitat dispersé.

Cette station d’épuration présente ainsi de nombreux avantages : une simplicité d’exploitation, un fonctionnement sans électricité, des coûts d’exploitation réduits, une intégration au paysage et une adaptabilité aux variations rapides de populations. Je souhaite donc exprimer mes félicitations aux opérateurs français de ce projet pilote et à la maîtrise d’ouvrage libanaise qui a choisi cette technologie dont l’expérience pilote démontre la pertinence.

3. Enfin, les félicitations ne vont pas sans exhortation et mise en garde. Il convient, en effet, de garder au schéma directeur de la vallée de la Qadisha une cohérence d’ensemble à travers les adaptations dont il peut faire l’objet et de prévoir pour l’extension de ce projet pilote le respect des conditions techniques et générales qu’implique cette technologie simple et innovante. Ainsi, dans l’avenir, pourra-t-on voir pousser sur tout le Liban les roseaux de l’assainissement de l’eau comme le symbole du développement durable et d’un optimisme que vous, chers amis, savez si bien garder. De plus, les roseaux poussent beaucoup plus vite que les cèdres !

Ce projet comme la belle vallée dans laquelle nous nous trouvons justifient ma satisfaction à être parmi vous aujourd’hui. Je vous redis donc ma joie mais aussi mes remerciements.

Dernière modification : 01/08/2013

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