Discours à l’occasion de l’atelier CCI International PACA « Liban – Un marché et un tremplin régional » Marseille, le lundi 27 janvier 2014

Monsieur Paul Chaffard, Membre de la CCI Marseille-Provence et de la commission CCI International PACA,
Monsieur Pierre Rozek, Vice-Président exécutif de la Chambre de commerce franco-libanaise,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d’inaugurer cette réunion organisée à Marseille pour vous, dirigeants d’entreprises, représentants de PME de cette région dynamique qu’est la région PACA. Très heureux d’être à Marseille avec vous, Marseille capitale européenne de la culture en 2013, ville ouverte sur le monde qui a longtemps été la principale porte d’accès en France de nombreux Libanais. Etre ici aujourd’hui me donne l’occasion de vous présenter ma vision du Liban et des perspectives que ce pays offre malgré les images qui vous parviennent.

La région connaît actuellement de fortes tensions qui ne sont pas sans conséquences sur le Liban.
Le Liban a connu une année 2013 difficile. Le blocage de ses institutions s’est installé après la démission du Premier ministre Najib Mikati. Le report des élections, faute d’accord sur une loi électorale, et l’incapacité à former un gouvernement ont été d’autant plus dommageables que la situation sécuritaire s’est dégradée et que le champ de la violence n’a cessé de s’étendre, en partie sous l’influence contagieuse du conflit en Syrie. La fiche Conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères en a tiré les conséquences, plusieurs régions libanaises étant aujourd’hui formellement déconseillées. Mais nous avons poursuivi nos coopérations.

L’année qui débute pourrait apporter plusieurs réponses aux difficultés actuelles. La formation d’un gouvernement, l’élection présidentielle et la tenue des élections législatives sont autant d’échéances attendues et encouragées par la communauté internationale, réunie pour le Liban aux Nations Unies, le 25 septembre dernier à New York avec la création du Groupe international de soutien au Liban. Les développements en Syrie, avec notamment l’afflux de réfugiés au Liban, et dans la région continueront de menacer la stabilité du pays qui a toutefois montré, par le passé, une remarquable capacité de résilience.

Cette instabilité ne doit pas être ignorée. Mais elle ne doit pas pour autant faire oublier l’attractivité du Liban pour les PME françaises dont témoigne la présence de nombreuses entreprises françaises dans ce pays.

Avec un PIB par habitant approchant les 10 000 $, le pays a su maintenir sa croissance, y compris au plus fort de la crise financière, même si elle s’est ralentie depuis 2011. Le fait que la situation économique et financière du Liban soit restée favorable dans un contexte volatile souligne la résilience de ce pays, qui tient notamment à la présence d’une main-d’œuvre qualifiée et à la contribution importante des Libanais expatriés à l’économie de leur pays d’origine. La conjoncture est aujourd’hui moins favorable qu’il y a trois ans mais des signaux positifs en termes de croissance sont perceptibles. Alors que la croissance en volume du PIB n’a probablement pas dépassé 0,5% en 2012, les informations disponibles permettent de penser qu’elle pourrait s’établir à 2% au moins en 2013.

Notre pays enregistre d’excellents résultats commerciaux au Liban, portés à la fois par la progression de nos ventes et par l’importance du nombre d’entreprises exportant vers le Liban. La France demeure une force économique de premier plan au Liban et nos opérateurs économiques ont confirmé leur implication dans ce pays.

Le volume de nos échanges commerciaux a atteint 1,4 Md€ en 2012 (chiffre en progression de 20% par rapport à 2011 alors même que nos ventes au Moyen-Orient stagnaient) et la France se classait la même année au quatrième rang des pays fournisseurs du Liban. Au cours des huit premiers mois de l’année 2013, la France est devenu le second fournisseur du Liban (après la Chine et juste devant l’Italie) avec une part de marché de 8,4%. En 2013, le montant de nos exportations vers le Liban s’est quasiment maintenu à son niveau de 2012 (baisse de 5%).

La France au Liban, ce sont 4 831 entreprises exportatrices en 2012 pour un montant exporté de 1,4 Md €. Pour vous donner un ordre d’idée, 4831 entreprises qui exportent vers le Liban, c’est plus que vers l’Arabie Saoudite, c’est plus que vers l’Egypte, c’est deux fois plus que vers le Qatar et trois fois plus que vers la Jordanie. Parmi ces 4831 entreprises exportatrices, 1782 sont des entreprises de moins de 9 salariés (micro-entreprises), 1747 entreprises ont entre 10 et 49 salariés (PME), 978 entreprises en ont entre 50 et 249 (ETI) et 308 sont de grandes entreprises (avec plus de 250 salariés). Autrement dit, le commerce extérieur français vers le Liban – le 7ème excédent commercial de la France dans le monde – est porté par 93% de PME et ETI qui exportent près de 30% du montant total de nos exportations vers le Liban, ce qui n’est pas si courant !

Vous l’avez compris et le saviez peut-être déjà, le Liban constitue une excellente porte d’entrée pour le savoir-faire et l’excellence à la française, et est ainsi un marché très porteur pour les PME françaises que vous représentez.

En l’absence d’Etat fonctionnel, il n’y a pas de « grands contrats » mais il existe une place pour les PME.

En termes d’opportunités, le Liban est historiquement un pont naturel entre deux cultures. Il s’affiche comme la vitrine de l’Occident en Orient pour constituer une excellente porte d’entrée pour le savoir-faire et l’excellence à la française.

La dimension francophone de l’identité libanaise et les liens historiques que nous entretenons nous y aident. Si, par certains égards, le Liban constitue un petit bout de France au Proche Orient, de nombreux secteurs méritent encore et toujours l’attention des entreprises, du commerce courant aux projets touchant à son développement.

Sans en faire une liste à la Prévert, je citerai, notamment :
• Le vin et la viticulture : le secteur est passé d’une poignée de producteurs à une quarantaine d’acteurs, sensibles à l’offre française ;
• L’agriculture : le nombre de projets de développement du secteur agricole se multiplie pour gagner en compétitivité et en productivité.
• L’agroalimentaire : des équipements de la chaîne du froid aux produits gourmets en passant par le packaging !
• La décoration, le bâtiment, le second œuvre : la renommée des architectes libanais s’étend dans tout le Proche et moyen Orient, mais également en France ou au Nigéria !
• L’édition et le livre : exportateur net de livres dans le monde arabophone, le Liban éprouve le besoin aussi d’un saut technologique !
• Le gaz off-shore, dont les premiers contrats pourraient voir le jour en 2014 !
• Rajoutons la santé, la grande distribution, la franchise, les nouvelles technologies, l’audiovisuel…

Mais ce que je crois nécessaire de souligner aujourd’hui, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être sur place pour faire des affaires au Liban. Un des atouts majeurs de ce pays est la présence de partenaires éduqués, francophones, francophiles et disposant de réseaux d’affaires remarquables. Ces partenaires fiables, vous les trouverez notamment grâce à l’aide d’Ubifrance, qui dispose d’un bureau présent à Beyrouth avec une équipe de quatre personnes qui sont là pour vous accompagner et identifier les bons partenaires qui répondront à vos besoins de développement.

Mais le Liban n’est pas seulement un marché. Je voudrais insister aujourd’hui sur le rôle de tremplin commercial que peut constituer le Liban pour les entreprises françaises vers les pays du Golfe, l’Irak (via le Kurdistan) et l’Afrique. Les partenaires libanais peuvent vous aider à développer vos activités sur des marchés où il vous serait plus difficile d’aller naturellement sans leur aide. C’est d’ailleurs le choix que de nombreuses entreprises ont fait en y implantant une structure à vocation régionale. De nombreux projets en Afrique sont portés par le secteur privé libanais, les entreprises libanaises remportent de nombreux contrats sur le continent africain, y ouvrent des filiales et bureaux de représentation et y développent leur activité. Tout ceci grâce à leurs réseaux d’affaires tissés par la diaspora libanaise, qui est très présente sur ce continent. Nous avons de nombreux exemples de ce type de success stories dans le domaine électrique, immobilier, des projets d’infrastructure mais aussi de l’assurance. N’oublions pas que ces entreprises sont – et peuvent l’être encore plus à l’avenir – un formidable vecteur de promotion des intérêts français en Afrique.
Enfin, n’oublions pas que le Liban jouera un rôle essentiel pour la reconstruction de la Syrie le moment venu, par la connaissance qu’ont les opérateurs économiques libanais –notamment les banques- du marché syrien.

Un dernier mot sur la coopération décentralisée, très développée entre la France et le Liban. Elle est un élément important du développement de la relation franco-libanaise et peut efficacement servir l’objectif de développement des échanges commerciaux en permettant une bonne connaissance des acteurs sur le terrain.

Mesdames et Messieurs,

Il est vrai que le Liban est durement touché par la guerre qui ébranle la Syrie voisine. Vous l’avez vu toutefois, les affaires continuent et se développent malgré ce contexte difficile. Les autorités françaises, et la communauté internationale dans son ensemble, sont aux côtés du Liban pour le soutenir. Il est important que nos PME puissent bénéficier des liens étroits que la France entretient avec ce pays.

Je vous souhaite à tous une excellente journée et espère que vous ferez partie des prochaines entreprises françaises qui développeront leur courant d’affaires avec le Liban, ou avec d’autres pays, grâce à l’aide de nos amis libanais.

Dernière modification : 24/08/2015

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