Dépollution du port de Byblos (16/09/2006).

Discours de l’Ambassadeur

Port de Byblos, (samedi 16 septembre 2006)

Monsieur le Ministre,
Messieurs le Maire,
Colonel,
Commandant,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers Amis,

Comme vous le savez, c’est sans relâche que la France, forte de ses liens étroits et séculaires avec le Liban, a œuvré pour mettre un terme au conflit puis à la levée du blocus qui pesait sur votre pays.

La France, qui apporte au Pays du Cèdre une aide fraternelle s’inscrivant dans la durée, s’est aussi mobilisée, par-delà ces efforts politiques, pour lui fournir une aide d’urgence.

Le Président de la République, M. Jacques CHIRAC, a ainsi annoncé, au début du conflit, un concours de 15 M€ destiné à couvrir les besoins humanitaires les plus immédiats. Cet engagement s’est également traduit par une intervention sur le terrain, pour la dépollution des côtes libanaises gravement touchées par la marée noire.

En effet, dès que nous avons été alertés sur la gravité catastrophique de cette marée noire, dès que le Gouvernement libanais a exprimé le besoin d’une aide immédiate de mon pays, les Ministères de l’Équipement et de la Défense, sur instruction du Président de la République, ont été chargés de mettre en œuvre l’assistance opérationnelle de la France.

Il a ainsi été décidé qu’une équipe d’experts se rende sur place pour épauler les autorités libanaises, tandis que les Services du Premier Ministre, M. Dominique de VILLEPIN, donnaient instruction de faire parvenir du matériel de dépollution maritime, notamment 1500 mètres de barrages flottants, des récupérateurs d’hydrocarbures, des conteneurs et bacs de stockage, des nettoyeurs haute pression ainsi que des équipements de protection individuels. Ces matériels sont arrivés au Liban le 29 août dernier. A peine quelques jours plus tard, ils étaient opérationnels.

Ils ont été mis en place par une équipe dévouée d’experts en dépollution de la Marine Nationale et du Ministère de l’équipement, à laquelle, Commandant, je tiens à rendre hommage, pour le travail très remarquable qu’elle accomplit à vos côtés.

Ces équipements, en coordination avec le Ministère de l’environnement et avec nos partenaires de l’aide internationale, ont été déployés sur trois sites, sur lesquels la France, dont les efforts demeurent largement en tête de l’aide bilatérale sur le terrain, coordonne les opérations de dépollution.

Ainsi, nos équipes sont présentes à Beyrouth, sur la belle plage de sable de Ramlet-el-Baida. Nous avons voulu que la solidarité de la France se manifeste à cet endroit précis, au sud de la Corniche, pour rendre dès que possible aux Beyrouthins l’usage de cette plage populaire. Les opérations y sont désormais conduites par les ONG, notamment Bahr Loubnan et Greenline, sous la supervision des équipes françaises.

A Beyrouth, nous sommes également présents dans la crique du Port de pêcheurs de Dalia où la pollution demeure très préoccupante. Ce sont près de 100 tonnes d’hydrocarbures qui ont déjà été extraites, dans des conditions techniques particulièrement difficiles. Nous poursuivons sans relâche nos efforts pour extraire les quelques 150 tonnes restantes, et redonner vie à cette belle calanque, qui a reçu la visite, en témoignage de solidarité, de M. Dominique PERBEN, Ministre des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer, en votre présence M. le Ministre de l’Environnement. De même, M. Bertrand DELANOË, Maire de Paris et M. Michel VAUZELLE, Président de la Région Provence-Alpes Côte d’Azur au cours de leurs récentes visites au Liban ont pu rendre visite à vos équipes.

Enfin, nous intervenons également sur ce merveilleux site de Byblos, où les équipes françaises poursuivent les opérations de dépollution, épaulées par la Municipalité et par la Marine libanaise, pour restaurer cet écrin splendide, cet inestimable patrimoine de l’Humanité que constitue le site du port phénicien. Monsieur le Maire, je voudrais ici saluer la mobilisation remarquable de vos services, avec lesquels nous avons travaillé en confiance et dans une parfaite complémentarité. C’est pour nous tous un devoir collectif que de rendre à sa beauté ce Port de Byblos, qui est malheureusement le premier site archéologique jamais atteint par une pollution aux hydrocarbures.

Sur l’ensemble de ces sites, Colonel, les équipes françaises ont été épaulées avec fraternité par la Marine libanaise, à laquelle je veux adresser ici tous mes remerciements, pour son aide si précieuse, sous votre autorité.

Comme vous le constatez, la France déploie ses efforts sur différents sites, qui posent chacun des défis techniques différents, et qui au fond, sont à l’image, dans la variété de leur géographie, de la diversité du Pays du Cèdre.

J’ai pu constater l’étendue des dégâts environnementaux causés par cette catastrophe écologique. Je mesure aussi combien la réponse internationale de solidarité, en premier lieu celle de la France et des autres pays européens, demeure un impératif que nous devons collectivement assumer.

Il faut mettre en œuvre tous les efforts pour préserver le patrimoine écologique de ce littoral méditerranéen du Levant. C’est une responsabilité à laquelle la France ne s’est pas dérobée. Mon pays et ses forces vives ont mis en place des moyens considérables pour aider le Liban dans les opérations de dépollution, qui d’ores et déjà dépassent en coût la somme d’un million d’euros.

L’expertise française restera mobilisée aux côtés du Liban. Comme vous le savez, nous avons également dépêché sur place une expertise du CEDRE, le Centre français de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux, qui participe très activement au groupe international d’experts chargé d’épauler le Ministère de l’environnement dans ses efforts de coordination.

L’expertise française dans le domaine de la dépollution, c’est également le secteur privé. Les entreprises françaises sont prêtes à se mobiliser pour poursuivre dans la continuité les efforts engagés par nos équipes d’urgence. Elles disposent de matériels très performants, mis au point après les catastrophes écologiques auxquelles mon pays a été confronté, et qu’il a surmonté.

La mission d’assistance française directe sur le terrain est bien entendu limitée dans le temps. Elle va s’achever désormais dans quelques jours. C’est pourquoi il nous a paru également essentiel de mettre à profit son séjour sur place pour former aux techniques de dépollution des équipes libanaises appelées à prendre le relais et notamment les ONG. Dans ce domaine, dans cet effort collectif pour la restauration écologique du littoral, toutes les bonnes volontés doivent être encouragées. C’est la raison pour laquelle, en complément de l’aide directement attribuée au Gouvernement libanais, la France épaule les remarquables initiatives de la société civile, au premier rang desquelles celle de l’ONG Bahr Loubnan dont nous connaissons le dynamisme, l’engagement et le sérieux.

Je voudrais enfin réaffirmer qu’au-delà de ces premières mesures, destinées à répondre aux besoins immédiats, la France s’engage à accompagner le Pays du Cèdre et son Gouvernement dans ses efforts de reconstruction à long terme et dans son programme de réformes. Nous voulons permettre à votre pays ami de restaurer la confiance et de faire face aux défis politiques, économiques et écologiques de l’avenir, pour aller toujours davantage vers l’affirmation d’un Liban uni, indépendant et souverain, un Liban libre et serein.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 17/01/2007

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