Déplacement à Tripoli (26/04/2006)

Vers le diaporama (14 photos)

Visite de la station de traitement des eaux de Chekka

Messieurs les Ministres,
Messieurs les Présidents,
Monsieur le Représentant du CDR,
Monsieur le Député,
Monsieur l’Administrateur,
Monsieur le Maire,
Messieurs les Directeurs généraux,
Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir pour moi d’entamer mon déplacement au Nord-Liban et à Tripoli par cette visite à Chekka. La France, engagée aux côtés du Liban pour l’affirmation de son indépendance et de sa souveraineté, l’est aussi dans les domaines de la coopération, que ce soit dans le domaine politique, institutionnel, culturel, scientifique et technique. Nous sommes au premier rang de vos partenaires et notamment au plan économique et du développement. Nous nous attachons ainsi à fournir une aide prioritaire aux services publics de base qui répondent aux besoins vitaux des populations. Nous nous efforçons, dans toutes les régions du Liban, de contribuer à la satisfaction des besoins élémentaires de tous les Libanais dans les meilleures conditions possibles.

C’est vrai d’abord dans le secteur de l’eau où notre expertise est sans doute la meilleure du monde. L’objectif poursuivi est de contribuer à optimiser la gestion des ressources, à en assurer la pérennité et à améliorer le service de la distribution aux populations.

Face à une relative abondance de ses ressources en eau, le Liban avait pris un retard considérable dans la gestion de ce secteur qui a conduit à une mobilisation forte de la communauté internationale. Elle se traduit par des engagements financiers majeurs de la France et de l’Union Européenne mais aussi de la Banque Mondiale, de la Banque Européenne d’Investissement dont le Vice-Président, notre compatriote Philippe de Fontaine Vive, est d’ailleurs à Beyrouth aujourd’hui, et des bailleurs de fonds arabes.

C’est un plaisir de pouvoir découvrir avec vous cette station de traitement des eaux de Chekka, prête à fonctionner dès qu’elle aura été raccordée au réseau qui doit l’approvisionner en effluents à traiter.

Je tiens à féliciter tous les acteurs qui ont permis cette belle réalisation et qui sont réunis ici ce matin : Le ministère de l’eau et de l’énergie, le CDR, l’Etablissement des eaux du Liban-Nord, la mairie de Chekka, les Cabinets Merlin et LibanConsult, la société de construction Butec et bien sûr, la société Degrémont, tout particulièrement son directeur général Bruno Hochart.

Cette station, d’un coût de 8 millions d’euros, a été financée, comme celles de Batroun, Byblos, Nabatiheh et Ras Nabi Younes, à l’aide de protocoles financiers du trésor français accordés au Liban entre 1991 et 1999 et mis en œuvre par le CDR.

Ces financements ont été complétés par un Fonds de Solidarité Prioritaire en cours d’achèvement qui consiste à soutenir institutionnellement le Ministère de l’énergie et de l’eau, en contribuant à la rédaction d’un Code de l’eau (aspects législatifs et réglementaires) et qui permet d’appuyer la restructuration de l’Etablissement des eaux de Beyrouth Mont-Liban (EEBML).

Depuis 1999, l’Agence Française de Développement (AFD) a pris le relais des protocoles financiers du trésor et a accordé des prêts concessionnels dans le secteur de l’eau pour un montant de 64 millions EUR pour l’ensemble du territoire libanais.

La région du Liban Nord a fait l’objet de toute notre attention puisque 20 millions EUR sont consacrés au projet d’alimentation en eau potable de l’agglomération de Tripoli et que 30 millions EUR le sont pour le programme d’eau et d’assainissement pour l’établissement des eaux du Liban Nord. C’est avec ce financement que seront réalisés les travaux d’adduction des effluents vers cette station de Chekka. Soit au total 50 millions EUR de prêts concessionnels par l’AFD.

Ce n’est pas un hasard si la grande région Nord du Liban bénéficie d’une concentration importante de nos moyens. En effet, la région du Akkar compte parmi les plus démunies du Liban et c’est au Nord que le revenu moyen par habitant est le plus faible, puisqu’il représente à peine la moitié de celui des Beyrouthins.

Ces financements français ont ainsi permis de toucher près de 20 % de la population libanaise.

Sur les 50 millions EUR consacrés par l’AFD au Nord du Liban, neuf millions EUR ont été consacrés au financement d’un contrat de service entre la société Ondéo du grand Groupe Suez et l’Etablissement des eaux du Liban Nord qui représente dans ce pays la première implication, à grande échelle, du secteur privé dans l’amélioration du service et de la gestion du secteur de l’eau. Cette expérience a produit des résultats très significatifs. Elle devrait permettre dans les années futures de mettre en place des opérations de délégation de gestion adaptées aux différents contextes rencontrés au Liban avec des partenariats financés par l’AFD, la Banque mondiale ou l’Union européenne.

Ce projet pilote permet d’accompagner la réforme du secteur engagée par les autorités libanaises en 2000. Les enseignements qui ont pu en être tirés, notamment sur les difficultés attachées à la gestion du secteur, sont très précieux. Des résultats très encourageants au plan technique ont déjà pu être obtenus, notamment l’amélioration du recouvrement, la réduction des pertes dans le réseau d’eau potable, le contrôle de la qualité de l’eau, la continuité du service, la formation des personnels à l’utilisation des techniques modernes de gestion et à la maîtrise des logiciels informatiques.

L’engagement de la France dans le secteur de l’eau est un message de confiance adressé au Gouvernement libanais. Nous savons que le potentiel de croissance de l’économie libanaise est exceptionnel, mais il nécessite du courage. Du courage pour conduire des réformes structurelles ambitieuses, qui permettront de favoriser l’investissement domestique et étranger, et donc d’accroître l’emploi, de réduire la pauvreté et les inégalités. La France a confiance dans la capacité du Gouvernement libanais, une fois le débat interne conduit, à mettre en œuvre ces réformes difficiles mais essentielles, y compris dans le secteur de l’eau. Il est essentiel que le gouvernement, et au-delà le pays tout entier, aillent vers les réformes indispensables. Dans cet objectif, c’est à l’Etat d’agir et de prendre ses responsabilités au nom de l’intérêt général et dans le respect du droit. La France vous accompagnera dans ce chemin comme elle fera les efforts nécessaires pour préparer la conférence des amis du Liban ou conférence de Beyrouth. Notre engagement indéfectible et dans la durée est le signe que, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes aux côtés du Liban pour relever ces défis, confiants dans l’avenir prometteur de votre pays, confiants aussi dans l’avenir et le dynamisme de la région Nord du Liban.

Je vous remercie./.

Visite de la gare routière de Connex Liban

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Représentant du CDR,
Messieurs les Députés,
Monsieur l’Administrateur du Liban-Nord,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Directeur Général de Connex-Liban,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux, à l’occasion de cette journée consacrée à Tripoli et plus largement au Nord du Liban, de faire cette halte matinale à la Gare routière de Tripoli créée et gérée par Connex-Liban.

C’est l’occasion pour moi de saluer la réussite d’une entreprise française qui me parait exemplaire à plusieurs titres.

Votre société assure avec cette liaison régulière par autobus entre Tripoli et Beyrouth une mission que l’on pourrait qualifier de service public. Elle donne en effet aux populations, urbaines et rurales, qui résident à proximité de cet axe, accès à des emplois, à des marchés, à des services de santé ou d’éducation. Elle assure des liaisons régulières et fiables, le tout avec une grande garantie de sécurité.

En cette période marquée par le niveau très élevé du prix du pétrole, votre entreprise apporte aux populations concernées une solution efficace en termes de coût de transport, de respect de l’environnement et de sécurité routière. Elle offre en effet des prestations de qualité aux normes européennes, qu’il s’agisse de l’accueil du public avec cette gare routière, entièrement financée par le secteur privé, du confort offert aux passagers, dans des autobus bien entretenus mais aussi de la ponctualité du service.

Enfin, elle offre des emplois dans le plein respect de la réglementation du marché du travail à près de cent tripolitains.

Bref, Connex-Liban montre de façon exemplaire ce qu’une entreprise privée peut apporter dans la mise en œuvre d’une politique de transport au service du développement économique et social dans le cadre de partenariats public-privé bien conçus.

Laissez-moi saisir cette occasion pour souligner combien il est nécessaire pour le Liban de définir et de mettre en œuvre une véritable politique de transport public, s’il veut comme il en a la légitime ambition, redevenir un élément moteur du développement économique et financier de la région.

Avec la globalisation marquée par la croissance très forte des échanges de biens, de services et des mouvements de personnes, il est en effet déterminant de disposer d’un réseau de transports efficace apte à satisfaire une demande en plein développement.

Améliorer les transport urbains à Beyrouth et dans les principales villes libanaises devrait être une véritable priorité collective. En raison de la faiblesse de réseaux publics et de l’individualisme forcené des Libanais, les embouteillages se multiplient, les déplacements deviennent difficiles et de plus en plus coûteux, les accidents de la route ne cessent d’augmenter et la qualité de l’air se détériore. Il s’agit vraiment de problèmes qui doivent être traités à bras le corps.

Pour le Grand Beyrouth, le service offert par la (Lebanese Commuting Co-LCC) et l’Office public des Chemins de Fer et des Transports en Commun-OCFTC est encore insuffisant même s’il est complété mais de façon anarchique par quelques 300 taxis-services, une centaine de bus privés individuels et 2000 minibus privés. Cet ensemble hétérogène mériterait d’être repensé, réorganisé et régulé par la puissance publique, le secteur privé pouvant naturellement jouer ensuite tout son rôle dans l’exécution d’une politique publique réfléchie.

Je sais que le CDR, avec l’appui de la Banque mondiale, possède depuis 2000 des études précises en ce sens mais que leur application sur le terrain tarde. Pourtant le temps presse.

Le Liban peut compter sur une entreprise comme Connex pour la mise en œuvre d’une politique adaptée, assise sur des partenariats public-privé, dans un cadre de concurrence équitable pour toutes les entreprises participantes, au service des usagers. L’exemple de la liaison Tripoli pourrait inspirer d’autres projets. La France, son expertise des transports publics et ses entreprises sont à la disposition des Libanais pour réfléchir à la manière de traiter au mieux l’ensemble de ces problèmes.

Je vous remercie./.

Dévoilement de la plaque commémorative du chantier du Lycée Alphonse de Lamartine - Kfar-Kahel

Monsieur le Ministre de la Culture représentant les autorités libanaises,
Messieurs les Ministres,
Madame la Directrice Générale adjointe de la Mission Laïque Française,
Messieurs les Députés,
Messieurs les Maires,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

C’est un plaisir et un honneur pour moi de me trouver aujourd’hui à Kfar-Kael, près de Tripoli, dans cette région du Nord du Liban où la France de tout temps s’est engagée aux côtés du peuple du Liban. Aujourd’hui, j’effectue dans cette région une visite de travail dense témoignant ainsi de notre implication dans tous les domaines de coopération, que ce soit au plan économique, du développement, de l’éducation et de la culture.

Nous devions poser début mars 2005 la première pierre de ce Lycée, lieu de culture, de savoir et d’éducation citoyenne. Le tragique assassinat de l’ancien Président du Conseil des Ministres, Rafic Hariri, de Bassel Fleyhane, comme de leurs compagnons, nous ont conduit à repousser cette cérémonie.

Je voudrais avoir une pensée pour eux comme pour tous les Libanais assassinés en 2005, tous ceux que l’on a voulu réduire au silence parce qu’ils menaient un combat courageux pour la liberté, la démocratie, l’indépendance et la pleine souveraineté de leur pays. En ce lieu, permettez-moi de souligner que deux des victimes de cette barbarie aveugle, Samir Kassir et Gébrane Tuéni, étaient d’anciens élèves de la Mission Laïque Française au Liban, ce fleuron de notre présence dans ce pays. Je tiens à saluer aujourd’hui leur mémoire.

Au moment où nous allons dévoiler ensemble cette plaque commémorative, symbole de la construction des nouveaux locaux du lycée Alphonse de Lamartine, je tiens d’abord à vous remercier, Monsieur le Ministre, pour votre présence ici parmi nous. Cette présence marque votre engagement éminent en faveur de l’éducation et de la culture au Liban.

Le Liban entretient depuis bien longtemps une relation privilégiée avec la culture française. Parce que nous partageons les mêmes valeurs de liberté humaine, parce que nous partageons aussi cet attachement au dialogue des civilisations, à la démocratie, au multilatéralisme, la France voit dans le Liban l’un des plus grands acteurs de la francophonie dans le monde, comme en a témoigné le Sommet très réussi de l’Organisation Internationale de la Francophonie qu’a accueilli Beyrouth fin 2002. La promotion de la langue française doit donc participer à l’épanouissement des individus et à l’édification des Etats à travers la diffusion du savoir et de la culture.

C’est toujours un grand plaisir pour moi de prendre part à une manifestation dans un de nos prestigieux établissements français, établissement de la Mission Laïque Française, relevant de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger. Vous savez l’attachement que porte la France, par l’intermédiaire de son système éducatif, au développement des valeurs de démocratie, de liberté, de laïcité. Le respect, l’écoute, l’acceptation de l’autre, quelles que soient ses appartenances politiques, religieuses ou ethniques, sont, pour nous, les objectifs premiers de la formation du futur citoyen.

Les relations d’amitié, anciennes et profondes, entre nos deux pays reposent sur ces valeurs universelles que nous partageons : celles de la liberté, de l’indépendance, du dialogue, de la tolérance et du respect de l’autre, mais aussi de l’excellence. Au nom de ces valeurs comme de sa devise, liberté, égalité, fraternité, qui est à la base de son système éducatif, la France se sent plus que jamais solidaire du destin du Liban. Et cette solidarité de destin s’exprime aussi, et peut-être avant tout, dans ces écoles qu’elle soutient, comme ce lycée Alphonse de Lamartine. Votre lycée. Celui de votre région. Celui de vos enfants.

Si la France est aussi attachée à l’enseignement du français et en français au Liban, c’est bien aussi au nom de la promotion et de la défense de nos valeurs partagées. Avec six établissements conventionnés, dont cinq, comme le lycée Alphonse de Lamartine, dépendent de la Mission Laïque Française, et vingt-cinq établissements homologués au Liban, qui rassemblent au total quarante-cinq mille élèves, la France consent un effort majeur pour promouvoir toujours davantage l’enseignement "à la française", à travers l’envoi de professeurs français, expatriés ou résidents, mais aussi par l’accompagnement de tous les enseignants du réseau, avec notamment la mise en œuvre d’un ambitieux programme de formation. L’excellence de la formation académique dispensée dans les établissements du réseau de l’AEFE mérite, à ce titre, d’être soulignée. Cet engagement de la France pour l’enseignement primaire, secondaire mais aussi universitaire au Liban, ne faiblira pas et se poursuivra dans les années à venir, car telle est la volonté du Président de la République, Jacques Chirac, du gouvernement mais aussi de tous les parlementaires de mon pays qui votent ces budgets.

En étant présent aujourd’hui dans ces lieux qui doivent abriter à la rentrée prochaine en pleine propriété le Lycée Alphonse de Lamartine qui scolarisera plus de 1 300 enfants dont 82 % de libanais, je veux également souligner l’importance que nous accordons au développement de cette culture à la française dans le nord du Liban, comme dans l’ensemble du pays.

C’est grâce à la qualité de cette nouvelle génération d’élèves, ceux qui vont prochainement occuper ces locaux, que le Liban pourra se relever, transformer l’essai de cette transition démocratique et construire, par la volonté de ses enfants, un avenir pour que tous puissent vivre ensemble en coexistence, en harmonie, et en paix pour construire un avenir meilleur.

Ce lycée franco-libanais Alphonse de Lamartine, son environnement, son architecture sont bien le symbole de cet avenir et de cette volonté de réussite. Il affichera demain, comme il le faisait hier, l’importance fondamentale que la France attache à l’enseignement du français et en français au Liban, qui doit aussi laisser toute sa place à la culture libanaise, à la langue arabe et à une ouverture sur le monde. Ce lycée constitue, avec le Centre Culturel Français de Tripoli, le pôle linguistique et culturel français qui s’adresse à la grande région du triangle Tripoli, Koura, Zghorta, et au-delà.

Le lycée Alphonse de Lamartine connaît des résultats scolaires impressionnants avec 100 % de réussite au brevet libanais et 98,7 % au baccalauréat français. Il dispense un enseignement de haute qualité, basé sur la laïcité. Il maintient aujourd’hui une très grande attractivité auprès des familles du Nord. Toutefois, je suis bien conscient aujourd’hui de l’inquiétude de parents d’élèves sur la présence, à moins d’une centaine de mètres de l’établissement, d’une ligne à haute tension. Nous sommes, avec la Mission Laïque et les autorités libanaises, sensibles à cette inquiétude.

Je souhaite rappeler les qualités éthiques et déontologiques de la Mission Laïque Française, unanimement reconnues dans les nombreux pays où elle est présente. Je tiens à la remercier pour son souci constant de garantir à ses élèves, de façon exemplaire, une sécurité optimale dans tous ses établissements, et en particulier dans ceux du Liban.

C’est au nom de ces valeurs, qu’une étude a été diligentée par la Mission Laïque Française auprès de la société SOCOTEC Liban, filiale de SOCOTEC Internationale dont le siège est en banlieue parisienne, pour étudier les éventuels risques liés à la présence de cette ligne. Cette étude a conclu que l’implantation du lycée respectait les normes en vigueur en France et en Europe. Elle a établi l’absence de risque pour nos enfants et nos professeurs, ce qui est avec leur sécurité, une priorité absolue que je partage avec la Mission Laïque Française.

Je comprends toutefois que des familles continuent encore à s’interroger. J’ai reçu leurs pétitions. C’est la raison pour laquelle j’ai pris l’initiative, afin de dissiper l’inquiétude, et en accord avec le Directeur Général de la Mission Laïque Française, de demander au Délégué de la Commission Européenne d’accepter qu’une délégation du Lycée, composée de son encadrement et de parents, assiste à un séminaire prévu début mai à Beyrouth. Ce séminaire sera animé par l’un des plus grands experts mondiaux de la Santé Publique face aux risques électro-magnétiques. Nous examinerons alors les conséquences à en tirer en toute transparence avec tous les partenaires de la Communauté éducative.

Je serai comme la Mission Laïque Française très vigilant, pour ne prendre aucun risque, en pleine articulation avec les autorités nationales libanaises compétentes dans ce domaine.

Je souhaite que le Lycée Alphonse de Lamartine soit toujours, et plus que jamais dans ces nouveaux locaux, ce lieu de la formation initiale, celle où l’on acquiert les éléments déterminants du savoir, ce qui reste quand on a tout oublié, où l’on construit sa personnalité pour devenir des êtres responsables et pleinement citoyens.

Permettez-moi de vous dire, en ces mois historiques pour le Liban, combien la France reste à vos côtés. Combien elle a confiance en l’avenir du Liban. En la capacité de sa jeunesse, formée notamment dans ces établissements, à se dévouer au bien public. En sa volonté de rebâtir et de construire une Nation tout en renforçant l’Etat. En sa capacité à façonner par elle-même le Liban de demain. En montrant que les fils de ce pays peuvent pleinement gérer, sans ingérence extérieure, les affaires de leur pays. Je souhaite le meilleur aux élèves du lycée Alphonse de Lamartine, établissement d’excellence du Nord du Liban. Cette jeunesse, qui est formée dans cet établissement, devra continuer à bien se préparer à ses responsabilités de demain. Elle devra avoir à cœur, avec discipline, désintéressement et enthousiasme, de travailler pour construire la grande Nation libanaise. Et d’utiliser le savoir acquis ici pour construire son avenir d’indépendance, de liberté et de prospérité.

Je vous remercie./.

Réception offerte pour la communauté française de Tripoli

Monsieur le Député,
Monsieur le Consul Général, Madame,
Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,

C’est un honneur pour mon épouse et pour moi-même comme pour le Consul Général et Mme Joël Godeau, de vous recevoir ce soir à Tripoli, chez vous, dans cette région du Nord-Liban où je viens de passer une journée de travail, pour marquer l’engagement de la France aux côtés de tous les Libanais de cette région et dans tous les secteurs d’activité.

Relations politiques bien sûr, mais aussi coopération économique, scientifique, technique, culturelle et implication dans des projets de développement.

Cette visite à Tripoli s’inscrit dans cette politique française de solidarité avec le Liban. Permettez-moi de vous redire en quelques mots le sens de notre engagement dans ce pays. Nous sommes engagés pour l’indépendance et la liberté du Liban, animés que nous sommes du sentiment d’un destin partagé, d’une proximité sans égale, d’une volonté d’accompagner les immenses défis historiques qui sont devant ce pays.

Nous avons le sentiment que le chemin parcouru au Liban depuis le terrible assassinat de l’ancien Président du Conseil des Ministres, M. Rafic Hariri, qui a profondément marqué la France, est plein d’espoir. Nous relevons les progrès accomplis : départ des troupes étrangères ; élections libres observées par la communauté internationale ; gouvernement formé au Liban par les Libanais eux-mêmes ; consensus pour poursuivre l’enquête sur l’assassinat de M. Hariri et envisager ensuite la formation d’un Tribunal à caractère international ; organisation d’un dialogue national rassemblant pour la première fois au Liban et sans présence étrangère, tous les grands dirigeants de ce pays ; réflexion collective sur la nécessité de réformes politique, économique et administrative dans la perspective d’une mobilisation des amis du Liban.

Voilà autant de résultats que nous ne devons pas sous estimer, même si un long chemin reste à accomplir pour stabiliser la situation, renforcer la confiance de tous, construire la Nation et affirmer la primauté de l’Etat.

Je sais que les Français du Liban et du Nord-Liban en particulier, souvent binationaux, ont vibré à ces changements et partagé les espoirs de ce printemps de Beyrouth mais en même temps l’inquiétude collective lorsque les attentats fragilisaient la société libanaise ou faisaient taire des voix courageuses comme celle de notre compatriote Samir Kassir.

Mais ce soir à Tripoli, je souhaite vous réaffirmer l’engagement de la France à l’égard de cette région.

Au plan économique d’abord. J’ai visité ce matin à Chekka la station d’épuration des eaux que la France a financée à hauteur de 8 millions d’euros. Le secteur de l’eau dans cette région est l’objet de toute notre attention. L’AFD participera, par un prêt de 30 millions d’euros, au financement du programme d’eau et d’assainissement pour l’« Etablissement des eaux du Liban nord » et contribue déjà, par un prêt de 20 millions d’euros, au financement de la rénovation de la station de Bahsas et de la remise en état et l’extension d’une partie des réseaux d’eau de l’agglomération de Tripoli.

J’ai salué ensuite l’engagement de l’entreprise Connex, filiale de transport du Groupe Veolia Transport, qui assure une liaison fiable et régulière entre Tripoli et Beyrouth et participe ainsi à une véritable mission de service public et à la modernisation du transport interurbain au Liban. Cet engagement de Veolia est symbolique de l’implication des entreprises françaises au Nord-Liban que j’invite à venir toujours davantage investir et travailler dans cette région du pays.
Au plan de l’éducation et de la culture, j’ai ensuite participé, aux côtés de plusieurs ministres libanais à une manifestation organisée sur le site du nouveau lycée franco-libanais de Tripoli en dévoilant une plaque aux côtés du Ministre de la Culture et de la Directrice Générale Adjointe de la Mission Laïque Française. J’ai pu ainsi affirmer notre engagement à rester très présents dans le secteur de l’éducation et à apporter le meilleur des valeurs de la République dans ce système d’enseignement d’excellence. J’ai pu rencontrer les représentants de la communauté scolaire et en particulier certains parents d’élèves qui m’ont exprimé leurs attentes à quelques mois de l’ouverture, dès la rentrée scolaire prochaine, de votre lycée relocalisé et rénové. J’ai entendu les messages concernant la ligne à haute tension et j’ai annoncé qu’une délégation de parents et de l’encadrement du Lycée pourra participer à un séminaire organisé début mai à Beyrouth à l’initiative de la Communauté Européenne autour de l’un des plus grands experts de la Santé publique face aux risques électro-magnétiques. Nous examinerons alors les conséquences à en tirer en toute transparence avec tous les partenaires de la Communauté éducative.

J’ai ce soir participé à l’inauguration de la quatrième Foire du Livre de Tripoli, salon d’importance où notre pays présente un très grand pavillon pour apporter le livre en français au plus grand nombre. Par cette présence, nous voulons aussi poursuivre la diffusion de la francophonie dans tout le Nord du Liban.

Au plan politique, j’ai pu rencontrer deux anciens Premiers Ministres originaires de Tripoli et nombre de personnalités majeures dont l’administrateur du Liban-Nord, le Maire et les Députés. Tous m’ont dit combien la communauté française de Tripoli prenait toute sa part au développement de cette région du Liban.

Je voulais bien sûr conclure cette journée en venant à votre rencontre. Pour vous écouter et percevoir les éventuels problèmes spécifiques qui sont les vôtres. Pour dialoguer. Pour vous dire notre disponibilité et avant tout celle du Consulat Général afin de répondre à vos besoins.

Si la plupart des Français du Liban sont concentrés sur l’agglomération du grand Beyrouth, j’ai pleinement conscience que les 1200 ressortissants français résidant dans les mouhafazates de Tripoli et du Akkar vivent parfois comme un handicap le fait d’être éloignés de la capitale. Laissez-moi vous dire que vous ne devez pas avoir le sentiment d’être oubliés.

Le Consulat Général, dans un souci de développer un service public de proximité, est attentif à ce que les Français du Liban nord aient accès aux meilleurs services possibles.

C’est pourquoi le Consul Général et moi-même veillons à ce que la permanence consulaire organisée dans les locaux du centre culturel français un vendredi par mois puisse répondre à vos besoins en vous permettant de rencontrer, à cette occasion, un agent du consulat général et d’accomplir certaines formalités sans vous déplacer jusqu’à la capitale.

Dans le même esprit, l’année dernière et pour la première fois, un bureau de vote a été ouvert à Tripoli pour vous permettre de vous exprimer lors du referendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne. Vous aviez été nombreux à profiter de l’ouverture de ce bureau de vote de proximité (50 % des inscrits ont ainsi voté à Tripoli, alors que le taux de participation pour l’ensemble des Français du Liban n’était que de 45 %).

Cette expérience sera évidement renouvelée l’année prochaine pour l’élection du Président de la République et dès cette année, le 18 juin prochain, lorsque vous irez voter pour les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Je saisis cette occasion pour vous encourager à participer massivement à cette élection et pour saluer les conseillers de l’AFE, les présidents d’association et les membres des listes candidates à cette élection, présents ici ce soir.

Mais les actions du Consulat général en direction des Français du Liban Nord vont bien au delà.

Les Français de cette région et d’abord les Français binationaux subissent, à l’instar de tous les autres Libanais, les difficultés économiques du pays et toujours plus nombreux sont nos compatriotes qui doivent être assistés par le Service Social du Consulat Général dont le budget social est en constante augmentation depuis plusieurs années. Il a multiplié les enquêtes sociales auprès des familles de Tripoli afin de mieux cerner leurs difficultés et donc trouver l’aide la plus adaptée à leur problème du moment.

De même, le nombre des enfants français boursiers au Liban est en hausse continue. C’est le cas bien sûr pour les familles françaises scolarisant leurs enfants au lycée de Tripoli. Sur les 233 enfants français inscrits dans l’établissement et qui représentent 18% de l’effectif global des élèves, 65 d’entre eux, soit plus du quart, bénéficient d’une bourse scolaire. Le nombre de boursiers est en hausse de 5 % par rapport à l’année dernière mais, surtout, le coût que représente les bourses ainsi octroyées est en hausse de près de 20% en euros, ce qui permet de mesurer l’effort accompli et le niveau de solidarité de la collectivité nationale en faveur des enfants des familles françaises de Tripoli qui sont en difficulté.

Enfin, la plus grande attention est portée par votre Consulat Général au sort des Français anciens combattants résidant dans cette région. Le Consul Général veille, comme il est de tradition, à les réunir chaque 11 novembre, au cimetière militaire de Tripoli.

Mes chers compatriotes, je souhaite saisir l’occasion de ma première visite « officielle » dans votre ville, pour vous assurer que l’Ambassade et le Consulat Général resteront attentifs à vos préoccupations et à votre sécurité.

Je forme le vœu que notre communauté dans cette région continue à vivre en pleine harmonie avec la population libanaise de Tripoli dont les traditions d’hospitalité et de respect à l’égard de l’hôte étranger accueilli en ami, sont bien connues.

De même, je souhaite mettre l’accent sur tout ce qui peut contribuer à resserrer les liens entre les membres de la communauté française quelle que soit l’histoire personnelle de chacun par rapport à notre pays, quelles que soient les sensibilités des uns et des autres, leur diversité et leur origine.

Laissez-moi enfin vous remercier pour tout ce que vous faites au service de l’influence de la France dans le Nord du Liban et pour votre engagement pour la promotion de nos valeurs et de notre culture. La force de notre présence dans ce pays et le respect dont nous bénéficions vous doivent, je le sais, beaucoup. Merci d’incarner ici cette France qui recherche le dialogue et la fraternité. Cette France qui croit dans le respect de l’autre et s’attache à rapprocher les hommes, les croyances, les traditions, dans une région parcourue de tensions, secouée par tant de crises sur lesquelles notre diplomatie est engagée pour essayer de trouver des solutions dans la justice. Cette France qui exporte le meilleur d’elle-même et qui entend jouer tout son rôle dans le dialogue des cultures et des civilisations.

Mes chers compatriotes, c’est avec confiance que cette France restera aux côtés du Liban dans les mois et les années à venir. Avec sa confiance dans l’avenir de ce pays. Son estime pour la jeunesse et les forces vives du Liban. Avec notre conviction que le Liban de demain a tout pour réussir. Dans cette ambition, je sais que la communauté française de Tripoli sera solidaire, volontaire et active pour apporter sa contribution irremplaçable à l’image de notre pays au Liban.

Je vous souhaite à tous une bonne fin de soirée et vous invite à nous retrouver le 14 juillet prochain à la Résidence des Pins à Beyrouth pour la célébration de notre fête nationale.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 22/01/2007

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