Déjeuner en l’honneur des anciens combattants de l’armée française résidant au Liban, au Mess des officiers de l’armée libanaise à Kaslik (3/03/2007)

Monsieur le Directeur général de l’office national des Anciens Combattants, représentant M. Mékachéra, ministre délégué aux Anciens Combattants,
Monsieur le Ministre, cher Michel Eddé,
Monsieur le général, représentant la société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur,
Monsieur le général, représentant le Commandant en chef de l’armée libanaise,
Monsieur le ministre Mohammad Beidoun,
Messieurs les conseillers à l’assemblée des français de l’Etranger,
Messieurs les présidents d’associations,
Messieurs les Anciens Combattants et anciens des forces armées libanaises,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux ce participer à ce déjeuner de gala avec vous tous et de pouvoir vous dire mes remerciements pour votre engagement collectif. Je n’avais pu être des vôtres l’an dernier et je me réjouis de pouvoir cette année non seulement honorer avec vous tous les anciens combattants de l’Armée française résidant au Liban, mais aussi célébrer et rendre hommage à ces liens d’exception, ces liens historiques, ces liens entre la France et le Liban, ces liens les plus forts qui soient, car ce sont aussi les liens du sang.

Merci tout d’abord à la société d’Entraide des Membres de la Légion d’Honneur, et à sa section du Liban que vous présidez, mon cher Michel Eddé, de patronner cette occasion de solidarité et de convivialité. Fidèle à l’esprit de cohésion et de générosité de la Légion d’Honneur, vous voulez apporter le prestige de votre ordre au soutien moral, social et administratif des Anciens Combattants qui en ont le plus besoin.

Merci à l’Association des Membres de la Légion d’Honneur décorés au péril de leur vie, de relayer cette œuvre et de vous joindre à cette action symbolique et utile , pour la défense des intérêts moraux et matériels des Anciens.

Merci enfin à la Fédération Nationale des Anciens Combattants résidant hors de France, merci à vous, mon commandant, d’avoir fait ce déplacement qui montre cette solidarité magnifique qui unit, par delà toutes les différences, au-delà du temps, et de l’éloignement, ceux qui ont servi sous le drapeau français. « Fraternatis arcus concordiaeque signum », « Signe de concorde et arche de fraternité », si je ne me trompe pas, telle est votre devise. Telle est la signification de notre rassemblement d’aujourd’hui.

Rien n’illustre mieux l’importance de cette occasion que votre présence, M. le directeur général de l’office national des Anciens Combattants. Vous représentez parmi nous M. Mékachéra, ministre délégué aux anciens combattants, et exprimez ainsi toute l’importance que les plus hautes autorités françaises accordent, comme le disait le Président de la République au début de l’année, « au devoir de mémoire et au respect qui est dû à nos anciens combattants et à la résistance ».

Le président de la République tenait à exprimer, je le cite encore, « la reconnaissance de la Nation à toutes celles et à tous ceux qui se sont levés pour la liberté, qui ont combattu et qui ont souffert pour la France ». Beaucoup parmi vous sont de ceux-là, et je m’associe, avec une respectueuse affection, à cette reconnaissance.

Mais Jacques Chirac précisait aussi : « Rendre hommage aux combattants qui ont tout donné à la France, c’est aussi veiller à ce que leur droit à réparation soit assuré dans les meilleures conditions ».

Vous savez qu’une décision très importante a été prise récemment , sous l’impulsion du Président Chirac, pour instaurer la parité complète pour tous les combattants ayant servi sous l’uniforme français.

A compter du 1er janvier 2007, les anciens combattants de l’armée française, quel que soit leur pays d’origine, percevront les mêmes retraites et pensions d’invalidité que leurs frères d’armes français. La revalorisation concernera au total cinquante-sept mille retraites du combattant et vingt-huit mille pensions militaires d’invalidité ou de réversion pour un coût total de cent dix millions d’euros par an. Environ quatre-vingt mille anciens combattants en bénéficieront. Cette mesure concerne les détenteurs de la carte nationale de l’ONAC.

Par ailleurs, l’indice de référence de la retraite du combattant passe à 37 points de PMI (pension militaire d’invalidité) au 1er janvier 2007. La retraite du combattant s’élèvera ainsi à 488,03 euros l’an.

Mais cette décision très importante, qui est acte de justice, doit aussi être accompagnée de tous les efforts possibles dans le domaine de la solidarité.

C’est ce à quoi œuvre constamment l’office national des Anciens Combattants, qui délègue chaque année au Consulat général, un budget significatif pour apporter une aide spécifique aux anciens les plus démunis. Vous savez qu’une commission se réunit chaque année pour examiner les situations les plus difficiles. En 2006, 34 anciens combattants, qu’ils soient Français ou Libanais, ont ainsi bénéficié d’une aide de plus de 600 euros.

Je rappelle aussi que le consulat accorde également mensuellement une allocation de solidarité à certains anciens combattants Français particulièrement démunis.

Mais les efforts ne doivent pas cesser pour que notre solidarité soit toujours plus efficace. Certaines situations administratives doivent être éclaircies, améliorées. Les règles d’octroi de la carte du combattant ont été révisées. Le consulat général, avec le concours du poste de l’attaché de défense, s’emploie à faire aboutir les dossiers que vous lui confiez et continuera à suivre, avec la plus grande vigilance, toutes les situations qui le méritent.

Ce sont là des marques de notre solidarité avec les Anciens Combattants, qui montrent que nous n’oublions pas les sacrifices consentis.

Je voudrais rendre hommage aujourd’hui à notre ami Maurice Yattar qui nous a quittés brutalement le 21 novembre 2006. Né en Guinée équatoriale en 1928, il s’était battu pour la France en Indochine et après sa démobilisation en 1954 et une longue carrière en Afrique, il était rentré au Liban et était un membre actif de l’amicale des anciens combattants. J’exprime ici toute notre sympathie à sa famille.

Le temps fait son œuvre mais notre devoir est de faire vivre la mémoire de ceux qui ont combattu pour nos valeurs. Vos associations y oeuvrent toutes. Elles ne perpétuent pas seulement le souvenir, elles entretiennent les valeurs de notre pays qui sont celles de tous les hommes de bonne volonté. Le souvenir, cette Ambassade, avec le concours de toutes les associations et amicales, veille à l’entretenir et à faire en sorte que nous n’oubliions pas le passé. Je saisis chaque occasion (11 novembre, 8 mai, 14 juillet, anniversaire du terrible attentat du Drakkar) pour rappeler les valeurs de la France, les valeurs du patriotisme, le sens de l’engagement collectif pour la Nation, la signification du sacrifice de tous les anciens.

C’est pourquoi votre présence aujourd’hui, dans un pays si cher au cœur de la France et éprouvé cet été par les drames d’une guerre inutile et absurde, est si importante. Cette solidarité exemplaire entre anciens combattants est à l’image de celle qui unit la France et le Liban. La France, aux avant-postes de la solidarité avec le Liban. La France volontariste aux côtés des hommes épris de liberté et de paix dans ce pays, pour faire en sorte que son indépendance, sa liberté et sa souveraineté soient pleinement respectées. La France aux côtés de tous les Libanais, sans distinction d’origine, de confession, de communauté ou d’orientation politique. La France qui ne souhaite qu’un avenir plus fraternel, plus radieux, plus prospère pour le Liban. La France qui restera, demain comme aujourd’hui, l’amie de tous les jours du pays du cèdre, lors des moments heureux comme des moments malheureux. La France dont l’engagement ne faiblira jamais aux côtés de votre pays, celle qui sera pour le Liban un partenaire pour l’éternité.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 05/03/2007

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