Déclaration du porte-parole, point de presse du 21 décembre 2007

(Je souhaite avoir un commentaire concernant les déclarations du président américain hier. Il disait que faute de président de large rassemblement, de consensus comme vous l’appelez vous-même, il appellerait la majorité à élire un président à la majorité simple. A ceci, je voudrais ajouter que le président de la république nous a dit l’autre jour qu’à la suite de son entretien avec la secrétaire d’Etat américaine, il a dit que vous et les Américains étaient toujours sur la même longueur d’ondes. Après les déclarations du président américain, est-ce toujours le cas, est-ce votre approche ?)

Je vous confirme que c’est bien notre approche et je voudrais vous rappeler, en réponse à votre question, la déclaration qui a été faite à Paris le 17 décembre au soir après la Conférence des donateurs. Il s’agissait de rendre compte d’une réunion qui s’était tenue entre les représentants de l’Egypte, de la France, de l’Italie, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite, de l’Espagne, des Emirats Arabes Unis, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de la présidence du Conseil de l’Union, de la Commission et de M. Javier Solana, le Secrétaire général, Haut représentant du Conseil de l’Union européenne, sous l’égide de M. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies. Dans cette déclaration, qui reste pleinement d’actualité, il y a eu l’accord de tous pour redire et renouveler, je vous lis le texte : Début de citation "notre appel en faveur de la tenue d’élections présidentielles sans conditions au Liban, dans les plus brefs délais’’. Fin de citation. Nous avons dit également dans cette déclaration que ’’nous appuyons le gouvernement libanais légitime et démocratiquement élu ainsi que les forces armées libanaises dans leurs efforts pour maintenir la souveraineté et la stabilité de leur pays’’ et ’’nous renouvelons notre appel en faveur du strict respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de l’indépendance politique du Liban sous l’autorité exclusive du gouvernement libanais’’. Telle est notre position. Nous appelons dans les plus brefs délais à la tenue d’élections présidentielles au Liban.

(Cela n’était pas ma question. La question était un commentaire sur une déclaration du président américain qui a lieu hier.)

Mais c’est ma réponse. Mon commentaire est que cela ne change rien à cette déclaration qui reste pleinement d’actualité et montre bien la position que nous partageons tous.

(Mais lorsque le président Bush appelle la majorité parlementaire à élire un président à la majorité simple, est-ce que cela vous convient ?)

Je vous renvoie à la déclaration du 17 décembre. Pour le reste, il appartient aux Libanais d’arrêter les règles selon lesquelles leurs élections se tiennent, conformément à la constitution libanaise. Ce que nous souhaitons tous, c’est la tenue d’élections présidentielles dans les plus brefs délais afin d’élire un président libanais de large rassemblement. Nous n’avons pas à prendre position sur les règles de procédure. Les Libanais appliquent leurs règles conformément à la constitution libanaise. C’est leur responsabilité.

(La déclaration faîte par le président Sarkozy lors d’une réunion des 5 à laquelle nous n’étions pas et des déclarations du ministre des Affaires étrangères montrent que après l’échéance de demain, où il n’y aura probablement pas l’élection, il y aura une escalade. On a parlé de sanctions, d’avertissements. Est-ce que la diplomatie française va passer à une vitesse supérieure vis-à-vis de ceux qui à l’intérieur et à l’extérieur du Liban qui bloquent selon la France et les Etats-Unis le processus électoral ?)

Je ne pense pas qu’il faille parler d’escalade. Notre position est constante. Nous sommes intervenus auprès des Syriens pour leur indiquer que nous comptions sur eux pour que les élections au Liban se déroulent dans de bonnes conditions, conformément à la constitution libanaise. Cela reste notre position et nous espérons que les Syriens vont nous entendre. Nous souhaitons que toutes les ingérences extérieures éventuelles s’exercent dans un sens positif. Nous sommes attachés à la stabilité de cette région et la stabilité du Liban est fondamentale pour la stabilité de cette région. C’est pourquoi il est très important que l’élection présidentielle se déroule dans de bonnes conditions et nous demandons à tous de n’y pas faire obstacle.
(L’un des problèmes très aigus actuellement au Liban, c’est la dispute à propos de l’accord conclu sous l’égide de M. Kouchner en présence de M. Berri et de M. Hariri. S’agissant de la composition du futur gouvernement après la nouvelle élection, est-ce que vous pouvez nous confirmer que lors de cette réunion, il y a eu accord sur les proportions de la majorité et de l’opposition du prochain gouvernement.
Il y a eu des discussions. M. Bernard Kouchner a eu tous les contacts que vous savez, avec M.Saad Hariri, avec M. Nabih Berri, avec le général Aoun, avec d’autres, et c’est à la suite de tous ces contacts, dans le cadre de ces contacts, que nous appelons à un accord en vue de l’élection d’un président de large rassemblement. M. Kouchner a fait tout ce qu’il a pu pour aider au dégagement de cet accord et nous espérons que toutes ces tentatives, tous ces efforts, vont finir par porter leurs fruits. Mais dans le même temps, je l’ai toujours dit, l’accord dépend des Libanais. Ce n’est pas à nous de dicter les règles.

(Jusqu’à aujourd’hui, vous espérez qu’il y ait un accord avec large majorité, pas 51 % ou plus ?)

Je n’ai pas parlé de chiffres. Nous espérons que se dégagera un accord qui permettra l’élection d’un président libanais. Vous n’obtiendrez aucun chiffre de ma part. Encore une fois, c’est aux Libanais de déterminer les modalités de l’accord, d’en arrêter les règles.

(Il y a eu beaucoup de négociations, de consultations avec la Syrie et les responsables syriens. Vous avez demandé aux Syriens de faciliter l’élection d’un président libanais et de parvenir à un accord. Qu’est-ce que la France et l’Europe ont proposé aux Syriens contre cette facilitation de l’élection ? Deuxième chose, M. Mouallem, le ministre des Affaires étrangères syrien a indiqué exactement ce que la Syrie espère dans la composition du prochain gouvernement libanais, à savoir 13/17 avec un partage de ministres et de président de la République. Est-ce que la France est d’accord avec cela ?)

Je n’ai pas à faire de commentaire sur votre deuxième point. M Mouallem fait les déclarations qu’il fait, cela fait partie de ses discussions avec les Libanais. S’agissant de votre première question, il ne faut pas présenter cela comme un ’’deal’’, un échange. Dans les contacts qui ont eu lieu avec la Syrie, notre objectif - et c’est un objectif partagé, c’est l’intérêt de la Syrie comme celui de toute la région - c’est qu’il y ait une situation stable au Liban et cette stabilité passe par un bon déroulement de l’élection présidentielle.

(Le président Sarkozy a parlé de la possibilité d’affrontements entre les Libanais. Avez-vous des informations qui vous laisseraient croire à cela ?)

Non. Ce que nous souhaitons tous, comme nous l’avons dit et redit ce matin, c’est qu’un accord pourra se dégager entre les Libanais.

Dernière modification : 02/01/2008

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