Déclaration du porte-parole, point de presse du 23 novembre 2007.

(Le ministre va dénoncer, comme il l’avait dit, ceux qui ont empêché d’élire un président ?)

Le ministre a dit hier que le moment n’était pas aux accusations ni aux dénonciations. Il s’est dit aussi prêt à continuer à faire tout ce qui est utile, à faciliter autant qu’il le peut la poursuite des discussions.

(On peut parler d’un non-déblocage de la situation au Liban, peut-on parler d’un échec de la médiation française ?)

Il ne s’agit pas d’un échec de la France. Il s’agit d’un échec des discussions qui ont eu lieu entre les Libanais. Le ministre a eu un rôle de facilitateur. Il a fait tout ce qu’il pouvait pour aider aux discussions, au rapprochement. Il a rencontré beaucoup de monde. On constate aujourd’hui que les Libanais n’ont pas réussi à se mettre d’accord. La France continuera à faire tout ce qu’elle peut pour aider à dégager une solution.

(Avez-vous un commentaire sur l’initiative du général Aoun hier et le communiqué qui rejetait cette initiative ?)

J’en ai pris note. Cela relève des discussions entre les Libanais. Notre seul souci est de favoriser les discussions et les voies d’un accord sur un président de large rassemblement. C’est notre position constante. Les gestes qui aident à cela, nous les soutenons ; les gestes qui y font obstacle, nous ne les soutenons pas.

(M. Kouchner a procédé à une "shuttle diplomacy" depuis le mois de juillet sur cette question libanaise. Maintenant qu’il s’avère qu’il n’y a pas de résultats (il a même été épaulé par des ministres européens et pas des moindres) où va la diplomatie française ?)

Je ne crois pas qu’il faille dire que l’on est allé au bout de ce que nous pouvions faire. Les discussions se poursuivent. Par ailleurs, je vous rappelle que le ministre a déjà été voici quelques semaines avec M. D’Alema et M. Moratinos à Beyrouth, sans parler de toutes les discussions, des concertations permanentes et des entretiens avec les autres Européens. La France continuera à faire tout ce qu’elle peut pour aider à la poursuite des discussions en vue d’une solution.

(L’échéance est maintenant passée. Il n’y a pas eu d’assouplissement de la position syrienne souhaitée par la France, malgré les différents contacts et les conversations téléphoniques entre les présidents. Quelle va être votre position vis-à-vis de Damas maintenant ?)

Nous continuons à passer à Damas le message que vous connaissez, c’est-à-dire de ne pas faire obstacle au bon déroulement du processus. Aujourd’hui, nous constatons que le processus ne s’est pas déroulé comme nous le souhaitions. Mais l’heure n’est pas aux accusations. Nous continuerons, auprès des Syriens comme auprès de tous, à rappeler que l’objectif est de ne pas mettre d’entrave au processus mais d’aider à son bon déroulement.

(Vous aviez dit que vous alliez prendre position après l’échéance présidentielle.)

L’échéance a été repoussée au 30 novembre. Nous espérons que les discussions vont se poursuivre. Nous espérions que l’échéance constitutionnelle de ce soir serait tenue. Nous continuons à espérer que le processus va aboutir d’ici le 30 novembre puisque cela semble être la prochaine échéance. Notre souci, c’est de faire en sorte que les choses se passent bien et que les Libanais puissent parvenir à l’élection d’un président de large rassemblement.

(Et s’ils n’y parviennent pas ?)

On espère qu’ils vont y parvenir. Si nous avons une nouvelle échéance, c’est qu’il y a de l’espoir. On voit que le processus est difficile, qu’il y a des blocages, mais nous avons maintenant une échéance nouvelle, espérons que celle-ci sera la bonne.

(Est-ce que vous êtes optimiste ?)

Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. J’espère que les Libanais vont parvenir à un accord.

(Est-ce que le ministre reviendra à Beyrouth, et si oui quand ?)

Il reviendra s’il juge que c’est utile. Je ne peux rien dire de plus aujourd’hui. Il vient de passer quelques jours sur place. Il est toujours à la disposition de ses amis libanais.

(On a quand même martelé pendant des semaines que le monde entier souhaitait que l’élection se déroule dans les délais, qui expirent aujourd’hui, et selon les normes constitutionnelles. Bien sûr, les initiatives françaises et les autres initiatives continuent, mais il y a une page qui a été tournée avec un pays où il y a un vide au niveau de la présidence de la République et un pays exposé à tous les dangers. Est-ce que l’on continue dans le même style, avec le même élan, avec le même engagement, ou est-ce qu’on ajuste cette initiative face aux nouvelles circonstances avec les dangers qu’elle représente et une nouvelle stratégie qui s’impose ?)

Nous gardons le même engagement. Si, pendant ces six jours, les Libanais, toutes tendances confondues, veulent continuer à travailler sur les hypothèses sur lesquelles ils ont déjà travaillé, c’est à eux de le décider. La stratégie, ce sont les Libanais qui l’arrêtent. C’est à eux de la déterminer. C’est leur responsabilité.

(Hier, M. Martinon, porte-parole de l’Elysée, nous a dit que la France comptait sur tous les acteurs nationaux, régionaux, voisins, moins voisins, pour favoriser le processus au Liban et que la France allait commenter la situation si jamais cela ne se passait pas comme prévu. Maintenant que l’on sait que cela ne se passe pas comme prévu, quelle est la réaction de la France ?)

Nous attendons de voir comment les discussions vont se poursuivre et nous espérons qu’elles vont déboucher sur un résultat.

(Donc il n’y a pas de faillite d’après vous pour le moment ?)

Non, nous n’allons pas parler de faillite puisqu’il y a une nouvelle date.

(Vous venez de parler de la règle adoptée par les Libanais durant ces derniers jours. Il s’agissait d’une règle établie selon les mécanismes ?)

Je n’ai pas parlé de règle. J’ai dit que le choix de la stratégie appartient aux Libanais.

(Cette stratégie était basée sur le mécanisme que vous avez évoqué, il y a quelques jours, qui consistait à choisir parmi les noms un président consensuel ou de large rassemblement. Est-ce que, cette stratégie ayant failli, nous sommes aujourd’hui devant l’autre choix proposé par le groupe du 14 mars ?)

C’est aux Libanais de répondre.

(Est-ce que ce choix d’avoir un président élu par une simple majorité aura le soutien de la France ?)

Nous soutenons ce qui correspond à la Constitution libanaise et ce que décident les Libanais dans le respect de cette Constitution.

(La presse française parle aujourd’hui de la perte de crédibilité de la France et même d’un camouflet. Quelle est votre position sur ces commentaires ?)

La France, et M. Bernard Kouchner en particulier, a montré son implication dans ce dossier, l’intérêt qu’elle attache à ce qui se passe au Liban et dans l’ensemble de la région. Nous l’avons dit : la stabilité du Liban est importante pour la stabilité de la région. Aujourd’hui, un nouveau délai est devant nous. L’oeuvre de facilitation du ministre, M. Bernard Kouchner, a été saluée, vous le savez très bien. Il me paraît donc tout à fait infondé de parler de perte de crédibilité ou d’échec. Je ne crois pas que ce soit la réalité.

(Ce soir à minuit, heure de Beyrouth, le mandat de M. Emile Lahoud sera fini et il y a un gouvernement actuel au Liban que vous soutenez et que vous avez soutenu depuis longtemps, c’est le gouvernement de M. Fouad Siniora. Est-ce que la France continuera de soutenir le gouvernement de M. Fouad Siniora à partir de demain ?)

Nous soutenons le gouvernement de M. Fouad Siniora. Nous savons ce qui est écrit dans la Constitution libanaise, nous en connaissons les conséquences institutionnelles. Si les Libanais décident de continuer les discussions, de se donner du temps, nous attendrons de voir ce qui va en sortir. Un nouveau délai a été fixé, soyons patients. Nous espérons que les discussions vont pouvoir se poursuivre afin de parvenir à un résultat, dans le respect de la constitution libanaise.

Dernière modification : 24/11/2007

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