Déclaration du porte-parole, point de presse du 20 novembre 2007

(Quelle est la situation au Liban ? Quel est votre avis aujourd’hui ? Que compte faire la France dans les trois jours à venir ?)

Je vous renvoie à ce que dit le ministre à Beyrouth puisque, comme vous avez pu le constater, il s’exprime après chacun de ses entretiens. Le ministre a rencontré hier M. Saad Hariri, M. Nabih Berry, le général Aoun et M. Samir Geagea. Aujourd’hui il devrait voir peut-être M. Gemayel, à nouveau M. Nabih Berry, et peut-être revoir également le général Aoun. C’est encore incertain. Il devrait voir aussi le patriarche Sfeir et le Premier ministre, M. Fouad Siniora. Ce que l’on attend, ce sont des progrès dans les discussions pour parvenir à l’élection le 23 novembre d’un président de large rassemblement, d’un président de tous les Libanais. C’est pour cela que M. Kouchner est allé directement de Jérusalem à Beyrouth dimanche soir et qu’il a décidé d’y rester, estimant qu’il pouvait contribuer de manière utile à la poursuite des discussions entre l’ensemble des parties.

(Le Liban a-t-il eu une part dans les entretiens franco-israéliens, même de manière indirecte ?)

Le Liban a été un sujet évoqué parmi d’autres. Mais dans le déplacement du ministre à Tel-Aviv, Jérusalem et Ramallah, l’objectif était Annapolis et la conférence des donateurs. Nous savons tous que la stabilisation de la situation au Liban aura un rôle important et positif pour la poursuite du processus de paix. Mais, encore une fois, le principal objet du déplacement dans les Territoires palestiniens et en Israël était le processus de paix, Annapolis, et la conférence des donateurs qui sera organisée à Paris à la suite de la rencontre d’Annapolis.

(Peut-on comprendre que dans le cas où il n’y ait pas élection d’un président, la conférence puisse être en danger ?)

Je ne crois pas qu’il y ait une telle causalité. Mais nous avons toujours pensé - et nous l’avions dit aux Américains - que la conférence d’Annapolis devait se tenir après l’élection au Liban parce que cette élection sera un élément important pour la stabilité de l’ensemble de la région.

(Dans le cas où il n’y aurait pas élection, la France demandera-t-elle le retardement de la conférence ?)

Je n’ai pas dit cela. Nous avons demandé que la réunion se tienne après l’élection. D’après nos dernières informations, celle-ci devrait intervenir le 23 novembre. Il n’y a aucune raison aujourd’hui d’imaginer que ce ne sera pas le cas.

(Y a-t-il d’autres déplacements du ministre dans le cadre de son initiative au Liban ?)

Pour l’instant, il n’y a pas d’autre déplacement prévu.

(Avez- vous une réaction sur le fait que l’on ait reporté les élections jusqu’au 23 novembre ?)

Nous espérons que ceci va permettre d’aboutir au résultat que nous souhaitons tous, l’élection d’un président de large rassemblement. Les discussions se poursuivent. Aujourd’hui, il n’y a pas d’accord et c’est pourquoi ils ont besoin d’un peu plus de temps.

(Le ministre a accusé indirectement hier la Syrie et l’Iran d’entraver l’élection présidentielle au Liban. Est-ce que, dans ce délai de trois jours qu’il reste, vous avez l’intention de reprendre contact avec les responsables de ces deux pays pour que l’échéance puisse aboutir ?)

Il y a des contacts avec les responsables de ces pays. Des contacts ont eu lieu, ont lieu, auront lieu. L’objectif est de s’assurer que le processus électoral se déroule dans les meilleures conditions et parvienne au résultat que j’ai indiqué.

(Est-ce que l’échange épistolaire entre le président iranien et le président Sarkozy, qui n’était pas très aimable d’après ce que nous avons pu lire, aurait pu avoir une influence sur le blocage subi au cours des préparatifs de l’élection présidentielle libanaise ?)

Je vous renvoie au porte-parole de l’Elysée pour d’éventuels commentaires. Cela dit, je ne crois pas qu’il y ait une influence entre les deux choses. Ce terme ne me paraît pas adéquat.

(Vous reprenez les accusations selon lesquelles la Syrie entrave actuellement l’élection d’un président au Liban ?)

Ne polémiquons pas. Ne parlons pas d’accusations. Ce que nous avons dit, ce que le ministre a dit, c’est que nous demandons aux pays voisins, en particulier à la Syrie et à l’Iran, de ne pas gêner le déroulement des élections. C’est notre position constante. Nous savons tous que la situation au Liban est soumise à beaucoup d’influences. Nous avons donc rappelé hier qu’il était important que, du côté syrien comme du côté iranien, aucun obstacle ne soit mis au bon déroulement des élections.

(Dans la lettre de M. Ahmadinejad à M. Sarkozy, il y a un paragraphe indiquant que l’Iran a un intérêt commun avec la France au Liban. Quel est cet intérêt commun ?)

Je suppose que c’est ce que je viens de dire. En tout cas, de notre côté, du côté français, notre intérêt et notre objectif au Liban, c’est de faire en sorte que les élections se déroulent bien et qu’il y ait un président de large rassemblement. Je ne vais pas me faire l’interprète des Iraniens. Il faut les interroger sur ce qu’ils ont voulu dire, mais je suppose que lorsqu’on parle d’intérêt commun c’est cela dont il s’agit. Cela veut dire un Liban indépendant et souverain.

(Après la visite de M. Levitte et de M Guéant à Damas, on a parlé d’un mécanisme, d’un processus, mis en place pour les élections au Liban. Est-ce que, aujourd’hui, vous estimez que ce mécanisme est respecté ?)

Le seul processus que je vois est ce dont on a parlé et reparlé, c’est-à-dire discuter entre les parties et essayer de parvenir à un accord.

(Et la feuille de route ?)

Je vous ai déjà dit que je n’avais pas d’information sur cette feuille de route. Sur cette question, je vous renvoie vers l’Elysée.

(Après la visite de M. Cousseran à Téhéran, peut-on avoir davantage de détails sur ce point ?)

De quelle visite parlez-vous ? M. Cousseran n’est pas allé à Téhéran dans les dernières 48 heures et il est de retour à Beyrouth. D’ailleurs vous avez dû le voir sur les écrans de télévision si vous regardez la télévision libanaise.

(Est-ce que M. Kouchner est prêt à aller à Téhéran ?)

M. Kouchner, pour l’instant, est à Beyrouth. Je vous ai déjà répondu hier en vous indiquant qu’une visite du ministre à Téhéran pourra intervenir le moment venu. Pour l’instant, il est à Beyrouth et c’est là qu’il pense qu’il doit être compte tenu de ce qui s’y passe en ce moment.

(Est-ce que vous avez le sentiment que nous allons avoir un président au 23 novembre au soir ?)

Je me garderais bien de tout pronostic. Mais si M. Kouchner est à Beyrouth, c’est que nous avons de l’espoir.

(Vous pouvez donc confirmer que M. Cousseran n’a pas présenté de demande pour aller à Téhéran qui aurait été refusée ?)

Je n’ai pas à confirmer ou infirmer. A ma connaissance, M. Cousseran n’a pas demandé à aller à Téhéran. Encore une fois, il est aujourd’hui à Beyrouth.

(Il reste encore deux ou trois jours avant l’échéance présidentielle. Si cette élection n’a pas lieu, allez-vous soutenir un gouvernement ?)

Nous faisons tout pour qu’une élection ait lieu. Je ne vais donc pas vous dire ce que nous ferions "si". La présence de M. Kouchner à Beyrouth démontre qu’avec sa volonté, sa connaissance de la région et les bonnes relations qu’il entretient avec l’ensemble de ses interlocuteurs, il espère que cette élection sera possible. Pour le moment, restons dans cette hypothèse.

Dernière modification : 21/11/2007

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