Déclaration du porte-parole, point de presse du 6 novembre 2007

(Après plusieurs prises de contacts avec la Syrie, êtes vous optimiste ?)

La Syrie a marqué, dans ses déclarations publiques et lors de ses entretiens, le souci que les élections libanaises se passent dans les conditions que nous venons de rappeler. Elle a souligné son opposition à toute ingérence. Le ministre, M. Bernard Kouchner, a été interrogé à ce sujet hier à l’Institut du Monde Arabe, et je voudrais vous rappeler ce qu’il a dit à ce propos : - Début de citation - "Il y a eu en effet, ce n’était pas le premier, un contact avec M. Mouallem. Des ambassadeurs, et en particulier M. Jean-Claude Cousseran, ont été envoyés à Damas à plusieurs reprises. J’avais moi-même lancé le message. Nous souhaitons que le processus démocratique électoral du Liban se déroule selon les règles constitutionnelles, à la bonne date et au bon endroit. Toute interférence doit être éloignée, supprimée, ne doit pas exister, aucune interférence ne sera tolérée" - Fin de citation -

Et à la question : - Début de citation - "Est-ce que vous avez le sentiment que ce processus va aboutir ? Sinon, est-ce que vous craignez, comme beaucoup de Libanais, une sorte de vacance constitutionnelle ?",

le ministre a répondu : "Cela a été exactement mon pari avec mon interlocuteur, le ministre des Affaires étrangères de Syrie. Je lui ai dit : s’il y a un vide politique, il sera comblé de façon dangereuse, il y aura deux gouvernements, deux présidents, etc... Cela ne peut bénéficier à personne sinon à la tension, aux défis, voire aux affrontements. Et ce n’est pas l’intérêt de la Syrie non plus" - Fin de citation.

Et à la question : - Début de citation - "Est-ce qu’il y a un accord avec les Syriens ou est-ce une constatation ?" La réponse a été : "C’est cela que les Syriens ont appelé les six points. Ce n’est pas un accord passé, ni un marchandage, c’est comme cela, c’est la loi qu’ils doivent appliquer, et surtout pas d’influence extérieure et pas d’interférence." - Fin de citation.

Le ministre a également rappelé que dans la ligne, dans la dynamique de la Conférence d’Annapolis, nous travaillons à l’organisation d’une conférence des donateurs en faveur des Palestiniens, qui se tiendrait à Paris le 17 décembre.

(Les Américains ont annoncé aujourd’hui un blocage des avoirs de certaines personnalités libanaises et syriennes parce qu’elles nuisent à la stabilité de la région. Est-ce que vous avez reçu des demandes des Américains pour que les Européens fassent ce même blocage ?)

Pas à ma connaissance.

(J’aurais besoin d’une explication de texte sur l’émission d’Europe1 le dimanche 4 novembre, à propos de deux éléments de réponse de M. Kouchner. En premier lieu, au sujet du Liban, M. Kouchner dit qu’il a convaincu Mme Rice, pouvez-vous nous expliquer l’approche française concernant le Liban ?)

Il a convaincu Mme Rice de l’importance d’assurer le bon déroulement des élections au Liban selon le processus constitutionnel et dans les dates prévues, en vue d’élire un président de large rassemblement.

(Ma question est de savoir si la France souhaite un compromis entre majorité anti-syrienne et opposition pro-syrienne. Apparemment, les Etats-Unis ne souhaitent pas de compromis entre les deux. Y a t-il une différence d’appréciation ?)

Quand nous avons invité les quatorze représentants des communautés libanaises à la Celle Saint-Cloud, il y avait le Hezbollah et vous savez que là-dessus les Américains n’étaient pas sur la même position. En revanche, aujourd’hui il y a un accord de tous pour permettre au processus électoral présidentiel de bien se dérouler afin de parvenir à l’élection d’un président de large rassemblement. C’est sur ce point qu’il y a aujourd’hui un accord et c’est cela que M. Kouchner a voulu dire quand il a dit qu’il avait convaincu Mme Rice.

(Deuxième question. C’est au moment où M. Elkabach lui demande qui est derrière les assassinats. Il évoque la Syrie en précisant qu’il n’a pas de preuves, mais il évoque également Israël et l’Iran. Pouvez vous nous fournir des précisions ?)

Je ne l’ai pas compris comme vous. Le ministre parlait des pays qui avaient une influence sur la situation que connaît le Liban. Il ne parlait pas à ce moment des assassinats. On était passé à la question des influences extérieures et il avait cité l’importance de l’Iran, de la Syrie, d’Israël. Je crois même qu’il a également cité la Turquie comme un pays ayant un rôle très important dans la région.

(Il vous arrive de dire, en parlant du président souhaité au Liban, un président jouissant d’un large rassemblement, et d’autres fois vous parlez de consensus. Quelle est la signification de ce glissement de langage ? )

Comprenons-nous bien. Nous parlons en termes politiques. Quand nous disons "président de large rassemblement", nous voulons dire qu’il sera le président de tous les Libanais. D’ailleurs, on me dit qu’en langue arabe - je ne parle pas arabe - le mot pour "consensus" et "rassemblement" est le même. J’ajoute qu’en langue anglaise, vous trouverez souvent "consensus" pour traduire "rassemblement". Quand on parle d’un candidat de large rassemblement, entendons-le au sens politique.

Dernière modification : 12/11/2007

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