Déclaration du porte-parole, point de presse du 22 octobre 2007

Le ministre des Affaires étrangères et européennes s’est rendu les 19 et 20 octobre au Liban en compagnie de MM. Massimo D’Alema et Miguel Angel Moratinos. Ce déplacement sans précédent, fruit d’un projet et d’une volonté partagés avec nos partenaires italiens et espagnols, témoigne de la très forte implication de nos trois pays, et avec eux de l’ensemble des Européens, aux côtés du Liban confronté aujourd’hui à des échéances décisives.

Les ministres se sont d’abord rendus à Naqoura et auprès de nos contingents, où ils ont salué l’action menée en appui de l’armée libanaise par la FINUL, dont nos trois pays sont les principaux contributeurs. Le ministre et ses homologues ont rappelé les acquis obtenus dans la mise en oeuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité depuis la cessation des hostilités de l’été 2006, mais ont également souligné les pas qui restent à accomplir en vue d’un cessez-le-feu permanent et d’une solution de long terme.

L’action exemplaire de la FINUL, dans laquelle les Européens jouent un rôle essentiel, n’en est que plus nécessaire et sera poursuivie. Cette action s’inscrit plus largement dans le cadre de celle que la France mène inlassablement, avec ses partenaires, en faveur du Liban, de sa souveraineté, de son unité, de son indépendance et de sa stabilité.

L’élection d’un président de large rassemblement, représentatif, dans les délais prévus et selon les normes constitutionnelles, constitue une étape importante pour la souveraineté et la stabilité du Liban. Le ministre des Affaires étrangères et européennes, dont l’implication personnelle est illustrée notamment par la réunion de La Celle Saint-Cloud, a réaffirmé clairement notre attachement à ces principes.

Dans leurs entretiens avec le président du Parlement, avec le Premier ministre et avec le Patriarche Sfeir, et lors de la réunion des chefs de file du dialogue national organisée à la résidence de notre ambassadeur, les ministres ont rappelé l’urgence d’une entente interlibanaise en vue de cette échéance cruciale et notre disponibilité à continuer d’œuvrer dans ce but. Ils ont pu constater que, si des difficultés demeurent, une volonté d’entente existe en vue de l’élection. Les parties libanaises doivent saisir le délai ouvert par le nouveau report du premier tour pour intensifier leurs consultations en vue d’une entente d’ici le 12 novembre.
Tout en soulignant que l’entente était d’abord la responsabilité des Libanais, les ministres ont rappelé qu’il revenait aux parties extérieures d’adopter une attitude positive en vue de l’échéance. Les perspectives de détente à l’échelle régionale ne pourraient que s’en trouver confortées.

Enfin, le ministre, qui avait rendu hommage le matin-même à la mémoire d’Antoine Ghanem en déposant une gerbe sur sa tombe, a conclu ce déplacement exceptionnel par une visite de solidarité effectuée avec ses deux collègues aux députés actuellement hébergés à l’hôtel Phoenicia : l’entente, à laquelle chacun a intérêt, suppose aussi le refus clair de l’intimidation.

(Le ministre des Affaires étrangères italien a annoncé que l’Italie pourrait envoyer des troupes italiennes pour renforcer la FINUL si le besoin se faisait sentir. Quelle est votre position ? Et dans quel cas pourriez-vous envoyer des troupes renforcer la FINUL ?)

Comme le ministre l’a rappelé lors de son déplacement au Liban, la France est déterminée à continuer d’apporter tout son soutien à la FINUL, et même à l’amplifier s’il le faut. L’engagement des troupes françaises est déjà très important, puisque la France est le second contributeur de troupes à la FINUL.

Dernière modification : 24/10/2007

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