Déclaration du porte-parole, point de presse du 31 août 2007

(La presse officielle syrienne selon un responsable considère que les propositions du président Sarkozy sont positives et reflètent la position réelle syrienne. Je cite ce qu’il dit, elles permettent de construire en coopération avec lui et son gouvernement une solution pour aider à la réconciliation des Libanais dans le cadre de l’union nationale et qui mènera le pays à l’élection d’un président pour tous les Libanais. Quels sont vos commentaires ?)

Je n’ai pas connaissance de ces analyses de la presse syrienne. Vous connaissez notre politique. Vous connaissez en particulier les efforts déployés par le ministre des Affaires étrangères, notamment depuis la réunion de Celle Saint-Cloud. Nous espérons que le processus constitutionnel qui doit conduire à l’élection présidentielle pourra être mené à son terme, conformément à ce qui est prévu dans la constitution.
Je saisis cette occasion pour vous indiquer que M. Cousseran continue ses consultations dans le cadre de la mission que lui a confiée le ministre des Affaires étrangères et européennes. Il était à Washington hier où il a eu des contacts au Département d’Etat et au "National Security Council".

(M. Cousseran aura-t-il d’autres visites dans d’autres capitales ?)

La mission que le ministre a confiée à M. Kouchner est une mission de contacts et de consultations permanentes. M. Cousseran était ainsi au Liban la semaine dernière. Il a des contacts avec l’ensemble de nos partenaires. C’est dans ce contexte qu’il s’est rendu à Washington. Il aura d’autres contacts. Sa mission se poursuit et donne lieu à de multiples déplacements et contacts.

(M. le Ministre a confirmé à la conférence des ambassadeurs qu’il espère que les Syriens n’interviennent pas dans les affaires des Libanais concernant l’élection du président. Si la Syrie n’intervient pas, il y aura de bonnes relations entre Paris et Damas. C’est un peu bizarre. Pourquoi il a conditionné cette relation ? Avez-vous une explication ?)

Il n’y a rien de nouveau dans les positions exprimées par le ministre des Affaires étrangères. Nous avons toujours dit que dans la mesure où la Syrie contribuerait à la stabilité au Liban et dans l’ensemble de la région, le dialogue franco-syrien pourrait être renforcé. Je vous renvoie sur ce point au discours du président de la République devant les ambassadeurs : "Si Damas s’engageait dans cette voie, alors les conditions d’un dialogue franco-syrien seraient réunies. Dans le cas contraire, ces conditions ne seraient pas réunies." C’est exactement ce que dit le ministre quand il vous dit que notre relation et notre dialogue avec la Syrie dépendent de l’attitude de la Syrie dans cette région.

(Que demande exactement la France à la Syrie sur la situation au Liban ?)

Je le redis : que la Syrie fasse tout pour contribuer à la stabilité. Je vous ai rappelé l’importance du bon déroulement du processus constitutionnel qui est prévu pour l’élection présidentielle au Liban. Nous espérons que tous les pays de la région contribueront à la stabilité et au bon déroulement de ce processus.

(M. Cousseran a rencontré hier ou avant-hier M. Saad Hariri durant quatre heures à Monaco. Peut-on en savoir plus sur cette rencontre ?)

Je n’ai pas de détails sur ce qu’ils se sont dits. M. Cousseran est allé à Monaco pour rencontrer M. Saad Hariri. Cela fait partie des multiples contacts qu’il a dans le cadre de la mission que lui a confiée le ministre. Il était au Liban la semaine dernière. Il a eu des entretiens avec l’ensemble des parties concernées. Il poursuit ses contacts et en rend compte au ministre.

(A-t-il rencontré M. David Welch à Washington ?)

Oui.

(Est-ce que le ministre va visiter uniquement Israël et les Territoires palestiniens pendant son déplacement dans la région ?)

Je vous donnerai tous les détails le moment venu. Le voyage n’est pas finalisé.

(Quant aux rencontres de M. Cousseran à Washington, avez-vous des indications sur l’attitude des Américains vis-à-vis de sa mission ?)

Ils ont une attitude positive. Les Américains, comme nous, souhaitent faire tout ce qui est possible pour favoriser la stabilité au Liban et dans la région. C’est à ce titre qu’ils ont une appréciation tout à fait positive de la mission de M. Cousseran.

(Quand le ministre et le président Hariri disent que la France est l’amie de tous les Libanais et de toutes les confessions alors qu’on sait que lors de la visite de la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangère américaine, elle est venue solliciter de la France un appui clair et net des forces du 14 mars, n’y a-t-il pas une dissonance ?)

Je ne crois pas que l’on puisse parler de dissonance. Il y a ce que Mme Rice a dit. Il y a la position américaine qui est connue et il y a la position française. Ce que les Américains voient de positif, si je peux me permettre d’interpréter ce qu’ils nous disent, c’est que l’effort de la France, et en particulier l’initiative de Bernard Kouchner, est très bénéfique pour la stabilité du Liban et de la région.

Ensuite, il y a évidemment les différences que vous rappelez entre ce que font les Américains et ce que font les Français. Mais nous souhaitons tous que la stabilité règne dans cette région.

(Pouvez-vous souligner les points de convergence et de divergence entre les Américains et vous sur ce point et surtout sur les échéances présidentielles au Liban ?)

Nous souhaitons tous que le processus de l’élection présidentielle soit mené à son terme conformément à la constitution. Mais tout dépend du choix des Libanais. La décision leur appartient.

Dernière modification : 01/09/2007

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