Déclaration du porte-parole, point de presse du 26 juin 2007

(L’administration américaine aurait établi une liste de personnalités libanaises susceptibles d’être interdites de voyage ou sanctionnées. Ce sont des personnalités qui appartiennent à l’opposition libanaise. Vous êtes au courant de cela ? Existe-t-il une liste française ?)

Je n’ai pas entendu parler de cela. Je ne crois pas que cela ait été évoqué pendant les entretiens de Mme Rice à Paris. Nous nous en tenons aux résolutions des Nations unies.

(M. Moussa a-t-il mis M. Kouchner au courant de ses réunions à Beyrouth et du fait que sa médiation n’a pas été un succès ?)

La situation au Liban a été évoquée, M. Moussa a fait un point sur les efforts qu’il a entrepris. Nous savons que la situation n’est pas facile et que, pour l’instant, les efforts n’ont pas encore porté leurs fruits. Il y a une volonté, à la fois du côté de la Ligue arabe et de notre côté, de poursuivre malgré tout ce qui a été entrepris pour créer un climat favorable. C’est cela que nous souhaitons faire et c’est dans ce même esprit que la Ligue arabe travaille.

(De quels efforts parlez-vous ?)

Il y a à la fois les efforts que M. Moussa a faits sur place en allant rencontrer les uns et les autres et puis il y a ce projet de réunion informelle que vous connaissez bien, en France.

(Si M. Kouchner a entendu les difficultés que M. Moussa a rencontrées au Liban, la France et la Ligue arabe pourraient-elles prendre des initiatives communes ou ébaucher quelque chose pour surmonter ces difficultés ?)

Vous parlez d’une initiative conjointe ? Je ne pense pas que cela ait été évoqué sous cette forme-là. Ce qui est important, c’est que nous travaillions tous dans la même direction et, cela, l’entretien de ce matin l’a confirmé. Concernant nos propres efforts, comme vous le savez, il y a eu la mission de M. Cousseran. Il y a en ce moment même la visite de M. Siniora, qui doit rencontrer le président de la République et qui rencontrera le ministre. Il y a cette visite de M. Moussa à Paris. Ce sont autant d’éléments que nous allons prendre en considération pour voir maintenant comment nous allons agir dans les prochains jours.

(Cela veut-il dire que vous allez maintenir la réunion informelle de Paris ?)

Nous travaillons toujours sur ce projet, en tenant compte des remarques des uns et des autres. Ce que nous dira M. Siniora, vous l’imaginez bien, sera très important de ce point de vue-là. Comme il n’a pas encore eu ses entretiens avec les autorités françaises, je ne peux pas vous dire quelles conclusions nous allons en tirer, mais c’est bien sûr un élément très important dont nous allons tenir compte pour la suite.

(Quelles étaient les remarques de Mme Rice sur la rencontre informelle envisagée ?)

Nous en avons déjà parlé. Le ministre a rappelé nos objectifs, le caractère très informel de cette réunion, le fait que, bien évidemment, nous étions tout à fait aux côtés des autorités légitimes libanaises, aux côtés de M. Siniora et que sa visite à Paris le montrait de façon éclatante. Je crois que les Etats-Unis l’ont dit eux-mêmes, ils ont une appréciation plutôt positive de cette initiative, mais je ne veux pas parler à leur place.

(Vous parlez d’objectifs communs, mais le ministre a aussi évoqué des divergences, des différences de stratégie entre les Français et les Américains.)

De façon globale, je ne crois pas que le ministre ait parlé de divergences. Sur le Liban, je crois qu’il y a une très grande proximité de vues. Tout ce qui a été accompli ces dernières années l’a été très largement parce qu’il y avait une action commune, notamment de la France et des Etats-Unis, et je crois que nous sommes très proches sur ce dossier libanais. Il y a plus de nuances peut-être sur la question palestinienne. Le ministre l’a dit dans sa conférence de presse, nous aurions souhaité sans doute, du côté français, que l’on reprenne plus tôt et plus vite l’aide directe aux Palestiniens. Cela n’a pas été possible, car le Quartet n’a pas dégagé d’accord là-dessus.

(Comment pouvez-vous à la fois appuyer le gouvernement de M. Siniora et appeler à la formation d’un nouveau gouvernement ?)

Nous n’appelons pas à la formation d’un nouveau gouvernement. Il y a un gouvernement qui est en place, nous soutenons M. Siniora. Sa visite en France le montre de façon éclatante. Mais nous l’avons dit et nous sommes prêts à le redire, et M. Siniora n’est pas en désaccord là-dessus, il faut essayer de rassembler les Libanais, de faire en sorte que l’ensemble des communautés libanaises trouvent leur place dans les institutions. Il n’y a pas de contradiction.’

(Vous souhaitez quand même qu’il y ait un nouveau gouvernement ?)

Nous souhaitons que les institutions au Liban puissent fonctionner de façon harmonieuse, que l’on puisse saisir l’occasion, après avoir passé le cap de la création du tribunal, pour travailler sur le volet politique. C’était le message du ministre là-bas. Malheureusement, cela a du mal à se concrétiser, mais l’on voit bien que, si l’on veut sortir de la crise politique actuelle, il faut sans doute rassembler et faire une place à toutes les communautés.

(Que veut dire créer des conditions pour un dialogue, de la part de la Ligue arabe ? M. Moussa a-t-il évoqué des éléments concrets ?)

Nous savons très bien quelles sont les initiatives de la Ligue arabe. M. Moussa était il y a quelques jours au Liban. La Ligue arabe joue un rôle en essayant d’avoir des contacts avec les uns et les autres, en essayant de faciliter un accord, notamment sur la formation éventuelle d’un nouveau gouvernement. Ce sont les initiatives de la Ligue arabe. Nous, de notre côté, c’est toujours la même idée d’avoir cette réunion informelle pour créer une atmosphère positive et constructive.

(Il faut prendre de nouveaux contacts ?)

C’est ce que s’est efforcé de faire M. Moussa. Nous pensons que les différentes initiatives sont complémentaires et convergent vers un même objectif, même si elles sont distinctes.

(Durant la conférence de presse de M. Kouchner et Mme Rice, M. Kouchner a évoqué pour la première fois l’objet de ce séminaire comme étant un message de soutien clair de la France aux forces du 14 mars, alors que le message qui était donné au départ était un message de soutien à tous les Libanais et surtout une ouverture à toutes les communautés qui doivent prendre leur place dans le gouvernement.)

Les deux éléments ne sont pas forcément incompatibles. Il y a un mouvement qui s’est mis en marche au Liban, que nous connaissons et qui ouvre des perspectives d’avenir au Liban, notamment pour affirmer l’indépendance et la souveraineté de ce pays. La France et les Etats-Unis y ont contribué, en travaillant beaucoup aux Nations unies sur ce sujet. C’est évidemment quelque chose de très important. En même temps, il y a aussi l’élément d’ouverture que vous mentionnez, à toutes les communautés et à toutes les forces politiques. Le ministre est tout à fait conscient de l’importance de travailler avec toutes les communautés, c’est ce qu’il avait dit sur place quand il y était allé.

(Vous parlez de gouvernement élargi d’union nationale. Tous les Libanais partagent cet objectif, mais le problème vient de l’interprétation de ce que signifie un gouvernement d’union nationale et des conditions pour y aboutir. Avez-vous votre propre approche sur ce point ?)

Non, nous n’avons pas d’approche spécifique à avoir à ce sujet. C’est une affaire pour les Libanais. Pour nous, l’élément important, c’est cet élément de dialogue et bien sûr l’attachement à ce qui a été atteint ces dernières années. Il ne faut pas perdre cet acquis. C’est ce mouvement en avant, l’affirmation de l’indépendance et de la souveraineté du Liban, la création du tribunal qui est un élément très important. Ce sont des éléments qu’il ne faut pas perdre de vue. Nous sommes très attachés à ces éléments, comme la communauté internationale. Pour le reste, pour ce qui est de la composition du gouvernement, sa façon de fonctionner, ce n’est pas nous qui allons le dire.

(Si les résultats de la visite du Premier ministre libanais n’allaient pas en faveur de la tenue de cette réunion mi-juillet, serait-il envisageable d’ajourner cette réunion et d’avoir autre chose, comme par exemple une conférence de paix ?)

Il faudra voir les enseignements que nous tirerons de la visite du Premier ministre. L’important dans notre initiative, c’est l’aspect informel. Conférence de paix, le titre m’effraie un peu. C’est quelque chose de très formel et qui ne semble pas adapté. Nous ne sommes pas dans une situation où il faille parler d’une conférence de paix. Le problème du Liban est plus une question de rassemblement, de réconciliation. Je n’ai pas entendu parler d’autres initiatives que cela.

(M. Sarkozy et M. Ban Ki-moon ont parlé hier des fermes de Chebaa. Vous pouvez nous éclairer sur ce point ?)

Nous avons toujours dit que c’était l’un des éléments pour un règlement politique de la question. Cela fait partie des paramètres politiques de la résolution 1701 et nous considérons qu’il faut avancer sur ce point. Il y avait des éléments dans le dernier rapport du Secrétaire général. Un nouveau rapport va être fait sur le suivi de la résolution 1701 et c’est un élément que nous allons prendre en compte.

Dernière modification : 28/06/2007

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