Déclaration du porte-parole, point de presse du 13 avril 2007

(Pouvez-vous nous parler de la déclaration résidentielle qui se prépare aux Nations unies sur le suivi de la résolution 1701 ? Il paraît qu’il y a des amendements.)
Les consultations se poursuivent à New York. Un projet a été diffusé, des observations ont été émises par les membres du Conseil de sécurité. Nous essayons de prendre en compte ces observations, puisque, s’agissant d’une déclaration présidentielle, il faut que nous parvenions à un accord unanime sur le contenu de cette déclaration. Les contacts se poursuivent. A priori, la déclaration devrait être adoptée dans les prochains jours. Je pense que les consultations vont se poursuivre aujourd’hui et, si nécessaire, pendant le week-end et qu’elle devrait être adoptée assez vite.

(Les points qui sont en train d’être négociés peuvent-ils, s’ils achoppent, conduire à ce que cette déclaration présidentielle se transforme en une décision du Conseil, une résolution ?)
Nous continuons à travailler dans l’hypothèse d’une déclaration présidentielle. Je crois qu’il y a des demandes de clarification de certaines délégations sur certains points. Nous allons essayer de clarifier ces points.

(Le texte peut encore évoluer.)
Oui, les choses évoluent, comme dans toute négociation de ce type.

(Quels sont les éléments sur lesquels bute cette négociation ?)
Je ne tiens pas à entrer dans le détail. Le texte nous convient, puisque c’est un texte que nous avions préparé, sur lequel nous avions travaillé avec nos partenaires et qui a été soumis aux quinze membres du Conseil de sécurité. Ce sont plutôt d’autres délégations que la délégation française qui, sur certains points, ont besoin d’éclaircissements. Je crois que c’est notamment le cas sur la mission d’évaluation, par exemple, qui est un point sur lequel certaines délégations ont demandé à avoir des clarifications.

(Allez-vous vous montrer souple sur l’ensemble des points, ou bien vous en tenez-vous à quelques points et êtes-vous plus souples sur d’autres ?)
Je vais affaiblir la marge de négociation de notre ambassadeur à New York si je vous dis les points sur lesquels nous sommes prêts à évoluer. Comme toujours dans ce genre de discussions, nous essayons de prendre en compte les points de vue des uns et des autres. En même temps, il ne faut pas complètement dénaturer le projet, le vider de sa substance et il y a un certain nombre d’éléments qui sont importants. Je rappelle qu’il s’agit du suivi de la résolution 1701, à la suite d’un rapport du Secrétaire général des Nations unies. Il y a un certain nombre d’enseignements à en retenir, dont nous souhaitons qu’ils figurent dans la déclaration.

(Hier, le sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Welch, a fait une déclaration à la presse concernant les craintes des Etats-Unis à propos de la situation de la communauté chrétienne au Liban. Quels sont vos commentaires ?)
Je n’ai pas vu ces déclarations. La préoccupation n’est pas spécifique à propos d’une communauté en particulier, même si nous avons beaucoup de respect pour la communauté chrétienne. La préoccupation est de faire en sorte que l’unité du Liban, l’harmonie de sa vie politique interne puisse être préservées. Nous avons tous en tête l’histoire de ce pays. Nous disons que l’intérêt de tous les Libanais est de travailler à la préservation de l’unité du pays, à des relations harmonieuses entre les communautés et aussi de travailler à la consolidation de la souveraineté et de l’indépendance du Liban. Ce sont donc des choses qui concernent l’ensemble des Libanais et le Liban lui-même.

(Vous n’avez donc pas les mêmes préoccupations ?)
Tout le monde a des préoccupations face au blocage et aux difficultés que l’on constate actuellement au Liban. Pour les surmonter, il faut un sursaut et une action de l’ensemble des Libanais.

(Dans ce contexte, pourquoi la France insiste tellement sur la création d’un tribunal international, projet qui divise les Libanais. Vous prêchez l’unité nationale. Pourquoi la France est tellement acharnée sur ce dossier ?)
Je ne crois pas que les termes que vous utilisez soient les bons. Nous ne sommes pas acharnés sur ce dossier. Ce n’est pas une préoccupation française. Je rappelle que ce statut a été élaboré par la communauté internationale, qu’il a été approuvé par le Conseil de sécurité. Ce souci de justice est partagé par une immense majorité de Libanais. Ce n’est en aucun cas une marotte française ou une préoccupation strictement française. Nous allons voir ce qui va se passer, à la suite de la lettre de M. Siniora. C’est au Secrétaire général des Nations unies de nous dire comment il voit les choses, comment il entend procéder pour progresser vers la mise en place de ce tribunal. Nous avons une position qui est assez simple, qui est qu’à partir du moment où la création de ce tribunal a été décidée, il faut qu’elle se concrétise dans des délais assez rapprochés. Il n’y a aucun acharnement là-dedans.

(Est-ce que la France considère que le fait de présenter cette lettre avec le soutien de 70 députés qui sont la majorité au Parlement, suffit pour que la communauté internationale considère qu’il est légal d’imposer le tribunal, sans passer par le chemin constitutionnel ?)
C’est un élément politique important que d’avoir cette lettre du chef du gouvernement libanais. C’est au Secrétaire général des Nations unies de voir quelle suite y réserver. Comme nous l’avons dit à de très nombreuses reprises, notre option préférée est celle d’un accord entre le Liban et les Nations unies sur la création du tribunal. S’il apparaît que nous sommes dans une impasse, il faudra que la communauté internationale prenne ses responsabilités.

Dernière modification : 18/04/2007

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