Déclaration du porte-parole, point de presse du 30 mars 2007.

(M. Ban Ki-Moon se rend à Beyrouth pour discuter de plusieurs points sur la résolution 1701 et sur le tribunal international. Pensez-vous qu’une décision sur le tribunal international sera prise après sa visite concernant le passage au chapitre VII ou une approbation par le Parlement libanais ?)
Nous suivons avec grande attention le déplacement de M. Ban Ki-Moon au Liban. Sur le sujet que vous évoquez, il y aura certainement des consultations, des discussions. Comme vous le savez, cette décision relèverait du Conseil de sécurité des Nations unies. Si c’est une orientation qui doit être suggérée par le Secrétaire général des Nations unies, évidemment elle sera présentée au Conseil de sécurité pour discussion.
Pour répondre très directement à votre question, il ne faut donc pas attendre, immédiatement après le déplacement ou au cours du déplacement, une décision sur ce point.

(Une réunion du Conseil doit discuter des résolutions 1701 et 1559, le 5 avril. Est-ce que le problème du tribunal sera soulevé durant ces discussions ?)
A ma connaissance, les consultations viennent de débuter à New York sur le rapport qui a été présenté sur la mise en oeuvre de la résolution 1701. Il est encore trop tôt pour vous dire quelle sera l’approche retenue au sein du Conseil de sécurité sur ce point.
Encore une fois, le voyage du Secrétaire général à Beyrouth est un élément important. Il ne se rend pas seulement à Beyrouth puisqu’il va également se déplacer dans le sud du pays et rencontrer la FINUL. Il reviendra avec un ensemble de données qui seront versées à la discussion qui vient de débuter à New York.

(On a parlé de craintes sur les attentats concernant les soldats de la FINUL. M. Ban Ki-Moon est en train de discuter de ces problèmes avec les autorités libanaises. Est-ce que la France a déjà reçu, concernant ces militaires, des craintes à ce sujet-là ?)
Nous n’avons pas reçu de message particulier ou de menaces particulières concernant les troupes de la FINUL.

(Le général Pellegrini annonçait dans une conférence qu’il a tenue au ministère de la Défense qu’il avait reçu des menaces d’attentat, chose que vous niez en fait. Qu’en est-il vraiment ?)
Votre question était de savoir si nous avions connaissance de menaces particulières à l’encontre des forces de la FINUL. Et ma réponse est que nous n’avons pas connaissance de menaces particulières. Le général Pellegrini peut avoir une appréciation différente, compte tenu du fait qu’il se trouvait sur le terrain et qu’il était impliqué en tant que dirigeant de la FINUL au Liban. Mais nous n’avons pas reçu de menaces particulières concernant les forces de la FINUL.

(Il va aussi discuter des problèmes d’infiltration d’armes et il préconisait la mise en place de contrôleurs civils afin de vérifier les points de passage de cette frontière. Etes-vous en accord avec ce principe ?)
La question du contrôle des frontières fait l’objet de discussions au titre du suivi de la résolution 1701. Comme vous le savez, c’est l’un des points essentiels et nous discuterons avec nos partenaires au sein du Conseil de sécurité des moyens de faire respecter l’embargo mentionné par la résolution et de contrôler les frontières. C’est un sujet en cours de discussion à New York. Vous vous rappellerez que nous avions jugé intéressante l’idée d’une mission d’établissement des faits mentionnée dans le rapport du secrétariat général.

(Vous avez récemment salué l’extension du mandat de M. Brammertz pour continuer son enquête sur l’assassinat de M. Hariri, entre autres. D’après la France, cette enquête procède-t-elle sans entrave maintenant ? Pendant un moment, on parlait de non-coopération de certains pays et ceci avait provoqué des remous, sachant que les pays cités étaient les pays censés avoir la meilleure coopération pour cette enquête ?)
Le dernier rapport de la Commission de M. Brammertz mentionne une excellente coopération de la part de tous les pays sollicités. Je n’ai pas d’appréciation particulière à porter. C’est vraiment la Commission elle-même et son responsable qui ont jugé que cette coopération était positive. Je n’ai donc pas de raison de croire qu’elle ne l’est pas, puisque c’est ce que dit le rapport de la Commission.

(Concernant les menaces, j’ai également entendu le ministère de la Défense, qui indiquait que son appréciation était effectivement qu’il existe une menace de groupes radicaux affiliés à Al Qaïda contre les troupes de la FINUL et dans un avenir plus ou moins proche. Mais c’est l’appréciation du ministère de la Défense. Comment appréciez-vous cette menace, car le général Pellegrini sort maintenant du système de l’ONU. Il a parlé à titre personnel bien que se trouvant dans une enceinte officielle. Attendez-vous un rapport de l’ambassade ou de tel ou tel service, car il y a une petite contradiction. Quelle est la méthodologie qui permet de comprendre que le général Pellegrini voit un danger et vous non ?)
Précisons bien les choses, je le redis, je ne viens pas contredire ce qu’a dit le général Pellegrini. C’est son appréciation et il a certainement des éléments sur lesquels il se fonde pour porter cette appréciation. La question qui nous était posée, était : "avez-vous connaissance de menaces particulières" et la réponse est que nous n’avons pas connaissance de menaces particulières.
Ensuite, si vous me demandez comment nous apprécions la menace, bien évidemment, nous avons des rapports d’information réguliers sur ce qui se passe au Liban et dans le sud du pays. Nous avons, vous le savez, un contingent français assez important au sein des forces de la FINUL. Nous avons notre ambassade sur place.
Ensuite, vous comprendrez bien que je ne puisse entrer ici dans le détail des appréciations et des commentaires que nous pouvons porter sur d’éventuelles menaces. Nous sommes conscients, et nous l’avons dit dès le début, que cette mission revêtait un certain nombre de risques. Notre appréciation est fondée sur ces éléments de risques que nous connaissons.

(Nous sommes donc dans une notion de confirmation ? Vous n’avez donc pas d’éléments pour étayer ce que disait le général, sans pour autant écarter ce qu’il a dit. C’est donc possible mais vous n’avez pas d’éléments qui vous le confirment. Peut-on dire les choses ainsi ?)
Pas tout à fait. Il y a une appréciation du général qui est certainement fondée sur un certain nombre d’éléments. Et si on nous demande si nous avons connaissance de menaces particulières sur les forces de la FINUL, je vous réponds non. Nous avons connaissance de risques mais nous n’avons pas connaissance de menaces particulières.
(Le Journal "Le Monde" indiquait que le danger ne viendrait pas du Hezbollah mais d’autres éléments. C’est ce qui est curieux. La France semble toujours penser que le danger vient du Hezbollah mais semble-t-il, ce n’est pas ce mouvement.)
J’ai vu ces déclarations du général Pellegrini et, je vous le redis, je ne les conteste pas et je ne les remets pas du tout en cause. Nous en avons pris note et elles sont certainement fondées sur des éléments suffisants pour provoquer ces déclarations.

(Quelle est la situation actuelle du général ? Est-il maintenant à la retraite ?)
A ma connaissance, il n’est maintenant plus "d’active". Il a plusieurs semaines pour rédiger son rapport final et faire part de son appréciation de la situation.

Dernière modification : 04/04/2007

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