Déclaration du porte-parole, point de presse du 13 mars 2007

(La presse et les Etats-Unis parlent d’infiltration d’armes à la frontière entre la Syrie et le Liban. Il y a des bruits selon lesquels une force internationale pourrait être mise en place sur la frontière libano-syrienne. A l’ONU, il va y avoir un rapport, quelle est la position de la France à ce sujet ?)

Il va y avoir dans les prochains jours un rapport sur la mise en oeuvre de la résolution 1701 qui va être présenté et discuté au Conseil de sécurité.
C’est dans ce cadre que nous attendons l’appréciation des Nations unies sur le thème que vous venez d’évoquer. J’ai vu en effet un certain nombre d’articles de presse à ce sujet, mais nous n’avons rien du côté français qui permette de corroborer ce qui est dit par la presse. Il faut attendre ce rapport du Secrétaire général sur la mise en oeuvre de la résolution 1701. Le thème que vous venez d’évoquer sera sans doute l’un des aspects abordés dans ce rapport.
Pour ce qui est des mesures que pourrait suggérer le Secrétaire général, nous verrons.
Le déploiement d’une force à la frontière ou d’une assistance internationale à la frontière est une possibilité, comme nous l’avons déjà dit, au titre de la résolution 1701, mais il faut qu’il y ait une demande des autorités libanaises. Je ne suis pas informé qu’il y ait pour l’instant une demande des autorités libanaises à cet effet.
Sur la réalité de ces mouvements d’armes et sur leur ampleur, je ne suis pas en mesure de les confirmer. C’est vraiment une appréciation qui doit être portée par les Nations unies.

(Mais est-ce que la France a procédé à des vérifications sur les infiltrations d’armes pour affirmer qu’elle n’a aucun élément pour corroborer les informations de presse ?)

La France, en tant que France, n’intervient pas directement dans cette affaire. Il y a la FINUL, avec une composante française, qui maintenant est dirigée par un général italien. Il y a les Nations unies qui sont chargées de suivre ce dossier.
J’imagine que la FINUL s’intéresse à ce sujet et fait un certain nombre d’observations, mais ces observations sont destinées à nourrir le rapport du Secrétaire général. Nous verrons donc ce qu’il y aura dans ce rapport.
Par ailleurs, il est évident qu’il n’y a pas que la zone sud qui est en cause dans cette affaire. Il y a aussi d’autres zones, d’autres régions.

(Si un camion de munitions traverse une zone où il y a la FINUL française, on va l’intercepter, quand même ?)

Je crois que la FINUL a été amenée à intervenir dans quelques cas à ce titre mais de là à en conclure, comme on le lit dans la presse, qu’il y a des infiltrations massives d’armes, c’est un pas que je ne peux pas franchir.

(M. Solana a annoncé hier qu’il y avait des trafics d’armes, c’est donc la position européenne.)

Encore une fois, nous serons fixés assez rapidement. Il y a ce rapport et nous verrons, à partir de là, quelles sont les mesures envisageables.

(Dans la philosophie de la résolution la résolution 1701 au départ, on voulait arrêter les hostilités. Il n’était pas question d’un cessez-le-feu. Est-ce qu’aujourd’hui on va vers un cessez-le-feu permanent et quelles seront les implications sur le terrain ?)

Nous constatons qu’il y a une cessation des hostilités qui tient plutôt bien sur le terrain, puisque depuis que la résolution a été votée, depuis qu’elle a été mise en oeuvre, il n’y a pas eu d’incident majeur. Il y a eu quelques incidents, mais il n’y a pas eu d’accrochage grave.
Ensuite, il y a une perspective qui était ouverte par la résolution 1701, qui envisageait de passer à une nouvelle étape, c’est-à-dire de consolider le cessez-le-feu en prenant en compte un certain nombre de paramètres politiques que nous connaissons bien et sur lesquels c’est au Secrétaire général des Nations unies, là aussi, de nous faire des propositions. Nous verrons donc ce qui figurera dans ce rapport.

(Ce sont les Israéliens qui ont refusé au départ de parler de cessez-le-feu. On s’est contenté de parler de cessation des hostilités. En reste-t-on à l’exigence israélienne ?)
C’est toute la genèse de la résolution 1701 et de ce qui s’est passé pendant l’été. Nous n’allons pas revenir sur le point de savoir qui est responsable de quoi dans cette résolution.
Je vous renvoie au paragraphe 8 de la résolution 1701, où on lance un appel à Israël et au Liban pour qu’ils appuient un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme fondés sur les principes et éléments suivants : strict respect de la ligne bleue, adoption d’un dispositif de sécurité, application intégrale des dispositions pertinentes des accords de Taef et des résolution 1559 et 1680, notamment sur le désarmement des groupes armés, exclusion de toute force étrangère au Liban, exclusion de toute vente ou fourniture d’armes ou matériel connexe au Liban.
C’est sur ces paramètres que le travail doit se poursuivre. Nous ne pouvons pas dire que nous avons mis en oeuvre entièrement ce qui figure au paragraphe 8 de la résolution 1701.

(M. Solana est-il chargé d’évoquer uniquement la question libanaise avec les Syriens ou d’autres dossiers comme l’accord d’association avec l’Europe ou le processus de paix ?)

Il part avec le mandat qui lui a été donné par le Conseil européen, c’est-à-dire un mandat consistant à évoquer le dossier libanais et à rappeler toutes les résolutions pertinentes et l’attachement de l’Union européenne à l’intégrité et à la souveraineté du Liban. C’est son mandat principal en allant à Damas.

(Va-t-il évoquer la mise en oeuvre des résolutions 242 et 338 ?)

Ce qui est dit par le Conseil européen porte plus spécifiquement sur le Liban. Cela dit, s’il a des contacts avec les autorités syriennes, il peut aussi discuter d’autres sujets.
Mais, encore une fois, comme M. Solana l’a dit lui-même, il part là-bas dans l’objectif principal de parler du Liban.

(Concernant l’Agence française de Développement, qui gère les aides décidées dans le cadre de Paris III, où peut-on obtenir des chiffres sur la progression des contrats signés, puisqu’ils sont en train de signer au fur et à mesure avec des entreprises libanaises ? Dépendent-ils du ministère des Affaires étrangères ?)

Le ministère des Affaires étrangères assure la tutelle de l’AFD, avec le ministère des Finances. Mais l’AFD a un service de communication auquel vous pouvez vous adresser directement.

Dernière modification : 15/03/2007

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