Déclaration du porte parole, point de presse du 9 mars 2007

(Avez-vous un commentaire concernant la rencontre hier entre MM. Hariri et Nabih Berry ?)

De façon générale, nous soutenons toutes les initiatives qui visent à permettre aux Libanais de retrouver la voie du dialogue et de parvenir à un compromis permettant notamment au gouvernement légitime et démocratique ainsi qu’au parlement de travailler et de faire face aux défis qui se posent pour le Liban, qu’il s’agisse de la reconstruction du pays ou de la mise en oeuvre de la résolution 1701. Nous considérons bien entendu que la plus grande importance doit être attachée à la mise en place dans les meilleurs délais et dans le respect des procédures libanaises du Tribunal à caractère international dont la création a été décidée par la résolution 1664.

(M. Olmert a déclaré qu’il avait préparé la guerre contre le Liban bien avant l’attaque par le Hezbollah. Avez-vous un commentaire ?)

Je n’ai pas de commentaire à ce sujet. Nous avions eu l’occasion de nous exprimer au moment où la guerre avait commencé, en disant très clairement que la réaction israélienne à l’enlèvement des soldats était disproportionnée. C’est notre position qui a été rappelée à plusieurs reprises par le ministre et qui n’a pas changé.

Ensuite, il y a des travaux internes en Israël pour essayer de voir comment ces événements se sont déroulés, mais je n’ai pas de commentaire particulier à faire là-dessus. C’est un travail conduit du côté israélien, notamment avec les parlementaires, et je n’ai pas de commentaire.

(Le ministre des Affaires étrangères syrien, M. El-Mouallem, a évoqué dans une conférence de presse avec le ministre belge des Affaires étrangères la possibilité de fermer la frontière entre le Liban et la Syrie si des forces internationales venaient à se déployer entre le Liban et la Syrie. Cette idée de positionner des forces internationales a germé quelque part ?)

La résolution 1701 prévoit la possibilité d’un tel déploiement, mais qui ne peut se faire qu’à la demande des autorités libanaises. Or, à ma connaissance, il n’y a pas de demande des autorités libanaises en ce sens. Il n’y a donc pas de déploiement international envisagé.

(Mais pourquoi M. El-Mouallem, après une réunion avec le ministre des Affaires étrangères belge, a-t-il évoqué cette possibilité ?)

Je ne peux pas vous le dire. Je ne suis pas le porte-parole du ministère des Affaires étrangères belge.
Je vous rappelle le cadre qui existe avec la résolution 1701 qui prévoit le déploiement de la FINUL dans la zone sud et qui prévoit également la possibilité d’une assistance internationale à la frontière s’il y a une demande des autorités libanaises.

Encore une fois, sauf si je me trompe, il n’y a pas eu de telle demande. La question ne se pose donc pas.

(Avez-vous des attentes particulières, concernant le Liban, avant le sommet arabe qui va avoir lieu en Arabie Saoudite ?)
Nous observons qu’il y a une grande activité diplomatique ces derniers temps, impliquant notamment l’Arabie Saoudite. On voit bien que l’Arabie Saoudite est très active sur ces sujets. Il y a effectivement un sommet arabe qui est prévu à la fin du mois à Riyad.
Nous avons toujours dit, et je viens de vous le redire à l’instant à propos de la rencontre entre M. Hariri et M. Nabih Berry, qu’évidemment nous soutenions tous les efforts qui peuvent permettre de rassembler les Libanais, y compris les médiations ou les interventions de pays comme l’Arabie Saoudite. Nous formons le souhait que ces différents efforts diplomatiques permettent de converger vers un même objectif et permettent de débloquer la situation au Liban. Si le Sommet de Riyad peut y contribuer, ce sera certainement une bonne chose.

(Pensez-vous que cela va le faire, parce que l’on parle depuis plusieurs jours d’une initiative saoudienne ?)

Je n’ai pas d’indication spécifique sur le contenu de cette initiative, ni sur les idées précises qui ont été avancées par les uns et par les autres. Nous apportons un soutien de principe à ces efforts diplomatiques et nous formons le souhait qu’ils puissent aboutir, mais sans pouvoir émettre de jugement sur des propositions que nous ne connaissons pas.

(Dans quelques jours, il y aura peut-être une réunion du Parlement libanais dans sa session ordinaire. Normalement, il devait examiner le statut du tribunal international. Si le projet ne passe pas, cela va être un test, que fait-on ? Passe-t-on au chapitre VII ou continuons-nous à attendre ?)
Je crois en effet que l’ouverture de la session du Parlement libanais est prévue au mois de mars.

Nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous souhaitons que le Parlement libanais, que les autorités libanaise puissent aller de l’avant dans la procédure d’approbation du statut du tribunal. Cela va être effectivement un test de voir si cette session du Parlement libanais permet d’avancer sur cette question.
Ensuite, si ce n’est pas le cas, s’il y a une impasse durable, d’autres options existent, au moins en théorie, dont celle du chapitre VII.

(Cela va devenir de plus en plus probable ?)

J’observe qu’un certain nombre de personnalités mentionnent cette option. On sait qu’elle existe. Mais, encore une fois, aujourd’hui, ce n’est pas la voie qui a été choisie. La voie qui est choisie et qui n’est pas abandonnée est celle d’un accord entre le Liban et les Nations unies. C’est bien dans cette voie que nous continuons à travailler.

(Mais vous êtes toujours d’accord pour dire que le chapitre VII n’est pas adapté au cas du Liban, qui n’est pas un Etat failli ?)

Le problème n’est pas qu’il s’agisse d’un Etat failli ou non. Le problème est que nous avons privilégié cette voie parce qu’il nous semblait préférable d’associer les autorités libanaises à la mise en place de ce tribunal. C’est une voie que nous avons choisie avec les autorités libanaises.

(La prochaine réunion du Parlement va donc être un test pour vous ?)

Ce sera une étape.

(Les évêques maronites au Liban ont dit que, si on utilisait le chapitre VII pour le tribunal international, le Liban serait dans une situation très dangereuse.)

Encore une fois, nous n’en sommes pas là. Ce n’est pas l’option que l’on a choisie. En même temps, comme cela a été dit à plusieurs reprises, nous souhaitons que ce tribunal voie le jour parce que nous estimons qu’il y a une obligation de justice dans cette affaire. Il faut que la justice soit rendue. Il faut que les coupables soient non seulement identifiés, mais aussi punis, d’où notre attachement à la mise en place de ce tribunal. Je crois qu’il y a un fort attachement du côté libanais à la mise en place de ce tribunal.

Dernière modification : 12/03/2007

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