Déclaratin du porte-parole, point de presse du 8 juin 2007

La France condamne dans les termes les plus fermes le nouvel attentat qui a fait un mort et plusieurs blessés hier soir à Zouk Mosbeh, au nord de Beyrouth.
La France présente ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes et fait part aux autorités libanaises de sa sympathie et de sa solidarité dans cette nouvelle épreuve.
Cet acte odieux et lâche s’ajoute à la série d’attentats perpétrés récemment encore dans la capitale libanaise et à Aley. Les responsables de cet attentat, comme ceux des attentats qui l’ont précédé depuis plus de deux ans, devront répondre de leur crime.
Face à ce qui apparaît comme une nouvelle tentative de déstabiliser le Liban en semant la terreur, la France réaffirme sa solidarité avec le peuple libanais et appelle tous les Libanais à rester unis derrière les autorités de l’Etat face à ceux qui veulent porter atteinte à la stabilité du pays.

(Les médias libanais parlent beaucoup d’une initiative française qui est en préparation avec notamment un projet de réunion politique à Paris. Que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ?)
Vous vous souvenez que lorsque le ministre s’est rendu au Liban les 24 et 25 mai derniers, il avait marqué à ses interlocuteurs sa disponibilité, en tant qu’ami de ce pays, à faciliter la reprise du dialogue entre les différentes parties libanaises.
C’est pourquoi, fort de cette expérience, le ministre, se rendant au Liban depuis plus de 20 ans et ayant beaucoup de contacts dans ce pays, a pris l’initiative d’inviter en France des représentants de l’ensemble des forces politiques libanaises et de la société civile afin de participer à une rencontre informelle pour favoriser le rétablissement d’un dialogue entre toutes les forces vives du Liban.
Il ne s’agit, en aucun cas, de se substituer au dialogue interlibanais. Il ne s’agit pas non plus d’organiser une nouvelle conférence internationale. La proposition de M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes a pour seul objet, encore une fois, d’aider les Libanais à se retrouver entre eux, dans un cadre convivial, dépassionné et qui permettra, nous l’espérons, de restaurer ce dialogue entre les différentes parties.

(Quand se tiendra cette réunion ? Où se tiendra-t-elle et quels sont les représentants de l’échiquier politique libanais qui auraient déjà été invités ?)
Sur la date, nous évoquons la fin de ce mois. Mais les dates ne sont pas encore totalement arrêtées. Sur le lieu, c’est un lieu que nous souhaitons garder discret, nous n’avons pas l’intention de communiquer particulièrement sur le lieu. Nous voulons que cela se passe dans un cadre aussi serein et aussi dépassionné que possible.
Sur les participants, ce seront les représentants, comme je l’ai indiqué, des principales forces politiques, mandatés par les responsables de ces formations politiques, ainsi que des représentants de la société civile, qui apporteraient leur contribution à la reprise de ce dialogue entre les différentes parties.

(Est-ce une initiative purement française ou franco-saoudienne ?)
Je parle de l’initiative du ministre français, M. Bernard Kouchner.

(Pouvez-vous énumérer ces forces politiques ? Est-ce que des représentants du gouvernement seront également invités ? Est-ce que toutes ces différentes forces ont déjà donné leur accord à cette réunion ?)
Comme je l’ai dit, nous voulons faire un exercice qui soit le plus inclusif et le plus représentatif de la diversité des sensibilités politiques libanaises. C’est tout l’intérêt d’une réunion de ce type. Il faut effectivement qu’il y ait des interlocuteurs représentatifs.
Y aura-t-il des représentants du gouvernement ? Encore une fois, il y aura des représentants des forces libanaises représentatives. Ce n’est pas une réunion destinée à prendre des décisions, à trancher sur des points précis, mais destinée à favoriser la reprise de ce dialogue entre toutes les parties libanaises.
Donc, nous attendons des représentants dûment mandatés qui pourront s’exprimer ou qui sont suffisamment représentatifs de la société civile pour également y participer.
Sur les différents contacts qui ont été pris, je l’ai rappelé, le ministre avait commencé à le faire lors de son déplacement à Beyrouth fin mai, il a eu, depuis, d’autres entretiens, soit téléphoniques, soit en direct, avec des responsables libanais. Jusqu’à présent, nous avons toujours eu des signaux positifs de la part de nos interlocuteurs.

(Vous évoquez la fin du mois de juin, est-ce parce que vous souhaitez que Mme Rice participe à cette réunion ? Prévoyez-vous que d’autres ministres ou représentants de grands pays occidentaux que la France participent à cette réunion ?)
Encore une fois, je l’ai dit, ce n’est pas une conférence internationale, donc nous ne souhaitons pas qu’il y ait la participation, a priori, d’autres pays. C’est une initiative du ministre, qui souhaite réunir un certain nombre d’interlocuteurs libanais représentatifs. Nous n’envisageons pas, à ce stade, de participation ministérielle autre que celle de M. Bernard Kouchner.

(Je sais que vous ne commentez pas les informations de presse. Mais il y a une récurrence dans les quotidiens libanais qui parlent d’une initiative franco-irano-saoudienne. Est-ce que la réunion prévue par le ministre est en relation avec cette initiative ? S’agissant de cette initiative, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?)
Je n’ai pas connaissance d’une initiative franco-irano-saoudienne. J’ai lu, comme vous, des informations de presse à ce propos, mais je ne peux pas les confirmer.
Je vous parle d’une initiative, qui est une initiative française du ministre lui-même, de réunir un certain nombre de personnalités libanaises.
Pour répondre à votre question sur le fait de savoir si tout cela est identique. Non. Il y a cette initiative du ministre, dont je vous parle. Il peut y avoir d’autres initiatives, dont je n’ai pas forcément connaissance. Simplement, comme vous l’avez compris, il y a eu l’adoption d’une résolution importante, qui, maintenant, fait en sorte que le tribunal à caractère international pourra se mettre en place et travailler dans des conditions, nous l’espérons, de sérénité.
Nous estimons, nous l’avons déjà dit, que c’est un événement important permettant d’aborder d’autres questions s’agissant du Liban, et, à terme, de répondre aux différentes questions quant à l’intégrité, l’indépendance, la souveraineté libanaises, la stabilité de ce pays et de son environnement.
Tout cela fait l’objet de différentes initiatives, de différentes mobilisations de la part de différents pays. Nous estimons, avec cette initiative, apporter une contribution importante à la reprise du dialogue entre les différentes parties libanaises.

(Sur cette initiative tripartite, vous ne pouvez rien dire ?)
Je vous l’ai dit, je n’ai pas connaissance d’une initiative particulière tripartite franco-irano-saoudienne.

(Est-ce que des parties extérieures au Liban assisteront à cette réunion ?)
A l’invitation du ministre, il se pourrait, si vous voulez, qu’il y ait, si nécessaire, quelques invités qui ne seraient pas forcément liés à des parties libanaises très précisément. Mais le ministre souhaite une réunion en format restreint avec peu de participants. Il faudrait que cette personnalité, ou ces personnalités, soient vraiment des individus qui apporteraient une contribution utile et forte à la reprise de ces pourparlers.

(Y-aura-t-il des forces libanaises en dehors du parlement libanais ?)
Il y aura un certain nombre de représentants des principaux partis politiques libanais et puis des représentants de la société civile. Donc, vous pouvez avoir, dans ce cadre, des représentants d’organisations qui ne sont pas des organisations représentées au parlement.

(La France s’est dite prête il y a quelques jours à accueillir un député du Hezbollah libanais, à sa demande. La rencontre n’a finalement pas eu lieu. Pourquoi ?)
Je confirme ce que je vous avais dit, c’est-à-dire qu’il y a eu une demande d’entretien. Cet entretien ne s’est pas tenu pour des raisons d’agenda. Donc le député n’a pas été reçu au ministère des Affaires étrangères.

(Qu’entendez-vous par participation de quelques invités non liés à des partis libanais ?)
J’ai déjà répondu en disant qu’il y aurait des personnalités de la société civile. La liste n’est pas arrêtée. Le ministre y travaille lui-même beaucoup. Je ne peux donc pas répondre précisément à votre question. Mais nous avons compris qu’il n’était pas exclu qu’il y ait des personnalités qui pourraient apporter leur contribution mais qui seraient en très petit nombre.

(Des invités représentant des forces régionales, par exemple ?)
Ce pourrait être le cas mais, comme je l’ai dit, je n’ai pas plus de détails.

(Peut-on connaître l’ordre du jour de cette réunion ?)
Comme je l’ai dit, l’ambition du ministre est déjà de réunir l’ensemble de ces représentants sans avoir, forcément, un ordre du jour très établi. Ce que nous voulons, c’est rétablir le dialogue et peut-être définir ensemble un ordre du jour sur les sujets à traiter. Mais ce qui est important, c’est de travailler à la restauration de l’Etat libanais dans toute sa dimension, son intégrité, son indépendance, sa stabilité tant politique qu’économique. Tous ces sujets font partie de l’éventail des questions importantes que nous aimerions traiter.

(Mais ces sujets sont les sujets du dialogue national et vous avez dit que vous ne vouliez pas empiéter sur le dialogue national.)
C’est pour cela que je vous dis qu’il n’y a pas d’ordre du jour de cette réunion. Je vous ai dit les sujets qui pourraient émerger à la faveur de ce séminaire qui serait ouvert à Paris mais qui, encore une fois, n’entend pas se substituer au dialogue national libanais.

(Ne faut-il pas s’attendre à une proposition française pour justement stimuler cette reprise du dialogue ?)
Ce n’est pas l’objet de cette réunion.

(Vous avez dit très précisément ne pas avoir connaissance d’une initiative tripartite mais avez-vous connaissance d’un projet purement franco-saoudien ?)
Pas plus.

(Dans votre déclaration sur l’attentat d’hier, vous appelez les Libanais à rester unis derrière les autorités libanaises. Vous avez l’habitude de parler du gouvernement de M. Siniora, y-a-t-il du changement ici ?)
Notre déclaration est claire, elle parle des autorités de l’Etat. Je ne crois pas qu’il faille faire une analyse sémantique particulière de cette déclaration mais il est vrai que nous faisons référence aux autorités de l’Etat.

(S’agissant de l’aide qui a été allouée lors du Sommet Liban III, quelqu’un a-t-il fait un suivi, si jamais je veux savoir combien a été décaissé tel jour ?)
Nous avions donné quelques chiffres il y a quelques jours, lors d’un point de presse précédent. Mais je vous invite à vous rapprocher du ministère de l’Economie et des Finances sur ces questions financières ou de l’AFD, qui est également très impliquée.

(Il y a eu des entretiens entre M. Bush et M. Sarkozy sur le Liban. Peut-on en avoir un compte-rendu ?)
Il y a eu une rencontre entre le président Bush et le président Sarkozy en Allemagne. Je vous invite à vous référer à l’Elysée. Nous n’avons pas encore le détail de tout de qui s’est dit à ce stade.

(Par rapport à la situation de blocage qui réunit jusqu’à la dernière résolution du Conseil, peut-on dire maintenant que la France a une initiative au Liban ?)
On peut dire le ministre des Affaires étrangères et européennes a pris l’initiative de proposer une rencontre informelle pour favoriser le dialogue entre toutes les parties libanaises.

(Ce qui m’a poussé à poser cette question, c’est que vous avez beaucoup insisté sur le fait qu’il s’agit d’une initiative du ministre. C’est donc une initiative de la France ?)
Le ministre se trouve être le ministre des Affaires étrangères et européennes de la France.

Dernière modification : 09/06/2007

Haut de page