DEPLACEMENT EN REPUBLIQUE ARABE D’EGYPTE POINT DE PRESSE CONJOINT DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY, ET DU MINISTRE EGYPTIEN DES AFFAIRES ETRANGERES, M. AHMAD ABOUL GHEIT - PROPOS DE M. DOUSTE-BLAZY - (Le Caire, 6 janvier 2007)

D’abord je suis très heureux de venir ici au Caire une nouvelle fois pour m’entretenir longuement avec mon ami Ahmad Aboul Gheit avec lequel nous entretenons une très amicale relation.
De retour de Riyad, j’ai souhaité m’arrêter en Egypte dans le cadre du dialogue confiant et régulier que nous avons avec nos amis égyptiens.
Une fois de plus nous nous sommes aperçus que nous partagions les mêmes points de vue sur la région, en particulier sur le Moyen-Orient.
Sur le Liban, nous partageons les mêmes objectifs : permettre à court terme à ce pays de sortir de la crise politique dans lequel il est maintenant depuis plusieurs mois ; au-delà, empêcher le Liban de redevenir l’otage de conflits et d’intérêts qui lui sont totalement étrangers ; lui permettre de vivre sa pleine souveraineté et sa pleine indépendance. Nous sommes pleinement d’accord sur les moyens pour atteindre ces objectifs : soutenir les efforts de médiation du Secrétaire général de la Ligue arabe pour encourager toutes les parties libanaises à se mettre d’accord sur cette base de dialogue ; empêcher toutes les tentatives de déstabilisation du Liban et soutenir l’action du gouvernement Siniora ; mettre le Liban à l’abri de toute ingérence extérieure ; poursuivre la mise en œuvre de la résolution 1701 ; répondre à l’aspiration des Libanais de voir les responsables des attentats commis au Liban répondre de leurs crimes et, comme l’a dit mon collègue et ami Ahmad Aboul Gheit, réussir la conférence de Paris III.
Sur les autres sujets, nous partageons également les mêmes vues.
Sur le dossier israélo-palestinien, mon collègue a bien voulu m’informer des discussions qui ont eu lieu récemment entre le Premier ministre Olmert et le président Moubarak. Nous nous sommes mis tous les deux d’accord pour encourager les Israéliens à mettre en œuvre les engagements qu’ils ont pris vis-à-vis du président Abbas, mais aussi pousser les Palestiniens à surmonter leurs divisions et qu’ils soient rassemblés dans un gouvernement avec lequel la communauté internationale pourra travailler.
Sur l’Irak, nous faisons le même diagnostic alarmiste et nous souhaitons qu’il y ait maintenant un processus politique d’inclusion qui permette à tous de se retrouver pour diriger le pays de manière souveraine.
Enfin, pour terminer, sur l’Iran, nous avons noté que l’adoption de la résolution 1737 à l’unanimité envoie un message très clair à l’Iran : ou bien l’Iran comprend qu’il faut travailler avec la communauté internationale ou bien il s’isole, sachant que la résolution 1737 permet encore un dialogue à condition que l’Iran le veuille.
Q - A propos de l’initiative de l’Espagne, de la France et de l’Italie, existe-t-il un avenir pour cette initiative ?
R - En effet, le Premier ministre Zapatero et le président Chirac, lors du Sommet de Gérone, ont fait une proposition en y associant à la fois l’Italie, mais également la Présidence de l’Union européenne. Il s’agit tout simplement de la reprise d’un processus politique. Le président Chirac, hier, dans son discours de vœux au corps diplomatique, a repris l’idée cette conférence internationale, qui devrait se tenir le plus vite possible afin de permettre aux deux parties de retrouver la confiance mutuelle. Enfin, j’ajouterai que, après la rencontre entre M. Ehud Olmert et le président Abbas, les propositions faites par le Premier ministre israélien doivent être maintenant suivies d’effets.
Q - Comment la France peut-elle aider les Palestiniens à arrêter l’effusion de sang entre eux et à dépasser les divisions ?
R - Sur cette question, la seule solution, et on revient à ce que le président Chirac et le Premier ministre Zapatero ont proposé, c’est un gouvernement d’union nationale qui permette au Fatah et au Hamas de travailler ensemble avec, probablement, une nouvelle composition de ce gouvernement. Mais ce nouveau gouvernement doit respecter les trois principes du Quartet. Il y a là, je crois, une action spécifique que l’Union européenne peut mener, et tout particulièrement, bien sûr, la France.
Q - Pourquoi les grandes puissances interviennent au Liban, mais pas en Irak ?
R - S’agissant du Liban et de l’action de la communauté internationale, l’élément le plus important, c’est que cette action doit intervenir dans le cadre du multilatéralisme, c’est-à-dire de l’ONU. La France défend les valeurs universelles de respect de l’indépendance nationale, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. L’intervention doit se faire au travers de l’ONU. C’est la raison pour laquelle nous avons tout fait pour faire voter la résolution 1701, par le Conseil de sécurité des Nations unies, le 11 août de l’année dernière.
Concernant l’Irak, c’est tout à fait autre chose. Aujourd’hui, l’élément le plus important, c’est la restauration de l’Etat de droit et le retour à la pleine souveraineté de l’Irak. C’est ce qui me paraît devoir être fait dans les prochains mois./.

Dernière modification : 24/01/2007

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