DECLARATIONS DU PORTE-PAROLE - POINT DE PRESSE DU 9 JANVIER 2007

(Avez-vous un commentaire concernant un accrochage qui a eu lieu dans le sud du Liban entre un détachement français et des éléments du Hezbollah ?)
Non, je n’ai pas entendu parler de cet incident. Nous allons nous renseigner. Je ne sais pas si la FINUL a eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet. Si un incident s’est produit, c’est plutôt à la FINUL d’en parler.
(J’aimerais avoir une réaction de votre part concernant la demande présentée par la nouvelle présidence du Conseil de sécurité concernant l’enquête internationale, à savoir la demande adressée au juge Brammertz pour qu’il dévoile les noms des pays qui n’ont pas collaboré à son enquête internationale.)
Vous faites allusion à une lettre qui a été adressée par la Russie. C’est à la commission d’enquête de voir si elle estime utile ou non de donner ce type d’indications. M. Brammertz a rendu un rapport, nous connaissons le contenu de ce rapport et c’est à lui de voir s’il souhaite aller au-delà de ce qui a été dit dans ce rapport.
(Appuyez-vous la demande russe ?)
Pas particulièrement. Encore une fois, c’est à M. Brammertz de décider s’il estime utile de donner ce type d’informations. J’observe qu’il ne l’a pas fait dans son rapport.
(Pouvez-vous confirmer aujourd’hui que la France ne fait pas partie des dix pays qui n’ont pas répondu aux requêtes de la commission internationale ?)
A ma connaissance, la France a coopéré pleinement avec la commission.
(La France participe-t-elle actuellement à des travaux aux Nations unies pour changer les règles de ce tribunal à caractère international ?)
Non. Je ne vois pas ce à quoi vous faites allusion. Vous faites peut-être allusion à l’idée que l’on voit se développer au Liban selon laquelle un certain nombre de personnalités pourraient se pencher sur les statuts du tribunal et éventuellement adresser des demandes de modification aux Nations unies. Mais ce n’est pas quelque chose de confirmé du côté libanais. Le Conseil de sécurité n’a aucune raison de son côté de s’engager dans de telles modifications si elles ne sont pas demandées par les autorités libanaises.
(Mais le ministre libanais de la Justice vient d’envoyer une lettre avant-hier au Conseil de sécurité ?)
Le ministre de la Justice libanais a demandé des modifications formelles ? J’avoue que je n’ai pas vu cela. Pour ce qui nous concerne, l’état de la procédure, c’est qu’un statut a été approuvé par les Nations unies, transmis aux autorités libanaises et que nous espérons que la procédure ira à son terme. S’il y a des modifications qui sont demandées par les autorités libanaises, à ce moment là, nous verrons. Tout cela est très théorique, de telles modifications n’ont pas été demandées pour l’instant. Si elles sont demandées, elles seront examinées. Ensuite, tout dépendra de la portée de ce qui sera demandé. Il ne faut pas que cela aboutisse à dénaturer complètement le tribunal.
(Y-a-t-il une évolution afin de régler le problème des drones, pour la FINUL, afin de surveiller le sud du Liban ? La ministre de la Défense s’est rendue dernièrement à Beyrouth et dans le sud. Elle a évoqué ce sujet.)
J’ai vu qu’un certain nombre d’articles étaient parus hier dans la presse libanaise à ce sujet. J’ai vérifié ce matin, on ne m’a pas signalé de nouveauté. S’il y avait des évolutions, vous en seriez informés.
(Comment évaluez-vous la perception du rôle de la France au Liban aujourd’hui ?)
Je vous retourne la question. Je ne sais pas, j’espère que notre rôle est bien perçu. Nous sommes là pour mettre en oeuvre la résolution 1701, dans un cadre multilatéral et en étroite liaison avec les autorités libanaises, avec la volonté de travailler avec tous les Libanais pour la réussite de ce processus politique et pour la réussite de Paris III.
(Mais vous êtes chargés d’analyser l’image de la France dans les pays étrangers, vous devez être à même de nous donner quelques éléments sur ce sujet.)
Je crois que les Libanais, dans leur immense majorité, comprennent bien le sens de l’action qui est la nôtre là-bas, qui n’est pas une action isolée encore une fois. Nous agissons au sein de la communauté internationale. Ce n’est pas un dialogue franco-libanais qui s’établit, c’est quelque chose de beaucoup plus large que cela. Nous avons le sentiment que c’est bien perçu par la population.
(Pouvez-vous nous donner quelques éléments d’information sur les nouvelles dispositions prises par l’ambassade de France à Beyrouth ?)
Dans quel domaine ?
(Dans le domaine de la sécurité.)
Traditionnellement, nous ne donnons pas d’information là-dessus. Je n’ai pas entendu dire qu’il y avait de modification récente du dispositif. Il est évident que, dans un contexte comme celui du Liban, nous prenons en permanence toutes les mesures de sécurité nécessaires.
(Quelle est la réaction de la France au mouvement syndical qui commence aujourd’hui au Liban ?)
J’ai vu qu’il y avait un mouvement syndical qui se développait à propos du programme de réformes qui a été adopté. Mais, vous savez, des mouvements syndicaux, il y en a dans beaucoup de pays dès lors que l’on veut faire des réformes, il n’y a pas qu’au Liban. Cela ne me semble pas de nature à remettre en cause le programme des réformes qui a été adopté par le Conseil des ministres libanais. Il servira très largement de base à la conférence de Paris III.
(Cela veut dire que la France trouve que la situation est normale au Liban ?)
Vous faites référence à un point spécifique, qui est un mouvement syndical. Je vous réponds là-dessus. Dire que la situation est normale, cela ne veut pas dire grand chose. La situation est complexe et difficile au Liban, nous en sommes tous bien conscients. Cela n’empêche pas que nous voulions travailler pour réussir cette conférence de Paris III afin d’aider le Liban et les Libanais.
(Il y a une opposition, qui est dans la rue depuis 23 jours, et maintenant les syndicats descendent dans la rue. Et, en même temps, la France organise cette conférence pour aider le Liban. Est-ce que la France pense que cette conférence économique peut réussir dans ces conditions ?)
Nous travaillons dans cette perspective en tout cas. Nous espérons vraiment que cela aidera le Liban, que cela l’aidera à sortir de ses difficultés. Nous n’avons pas le sentiment qu’il y ait une opposition très large au principe même de la conférence. Je n’ai pas vu de déclaration, même dans l’opposition libanaise, indiquant qu’il y avait une hostilité vis-à-vis de la tenue de cette conférence. Tous les Libanais ont bien compris quel était l’objet de cette conférence. Ensuite, qu’il puisse y avoir des débats entre Libanais sur le contenu du programme, c’est autre chose. Encore une fois, sur le principe même de la conférence, je n’ai pas noté d’opposition.
(Pouvez-vous nous donner plus de détails sur la réunion préparatoire de demain, concernant le nombre de pays qui vont y assister, les institutions internationales présentes ?)
Le nombre de pays, nous en avons parlé. Ce seront les pays qui seront représentés le 25. Cela représente une trentaine de pays. Il y a un certain nombre de pays européens, les pays de la région, les pays du G8. Parmi les institutions internationales, il y aura le FMI, la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, les fonds arabes.
(L’entourage de M. Nabih Berry, le président du Parlement libanais, a critiqué publiquement l’action de l’ambassadeur de France à Beyrouth et l’a accusé de torpiller une initiative de réconciliation pour une sortie de crise. Quel est votre commentaire sur cette accusation ?)
Je n’ai pas de commentaire là-dessus. Ce n’est très clairement en aucune manière ni le rôle, ni la volonté de notre ambassadeur de s’ingérer dans les discussions entre Libanais sur les aspects politiques, encore moins d’entraver quelque solution que ce soit. Du côté français, nous soutiendrons toute solution qui pourra recueillir l’accord des forces politiques libanaises. Il y a sans doute eu une mauvaise interprétation.

Dernière modification : 24/01/2007

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